L’Agence internationale de l’énergie prévoit que les véhicules électriques représenteront 30 % des ventes mondiales en 2026, un chiffre qui paraît extrême jusqu’à ce qu’on découvre que cette trajectoire est déjà inscrite dans les données de 2025, et que certains marchés la dépassent largement.
En 2025, 1 voiture neuve sur 4 vendue dans le monde était électrique. En 2026, ce sera 1 sur 3. Ce chiffre repose sur une mécanique simple : c’est l’extrapolation de tendances déjà verrouillées dans les données de 2025.

De 25 % à 30 % en un an : la progression des véhicules électriques suit une courbe logique
En 2025, plus de 20 millions de voitures électriques ont été vendues dans le monde. C’est 20 % de plus qu’en 2024, et cela représente exactement 25 % des ventes mondiales. La croissance a concerné plus de 100 pays simultanément, ce n’est plus un phénomène localisé.
Pour 2026, l’AIE anticipe 23 millions de véhicules électriques vendus, soit 30 % du marché mondial. Le saut de cinq points de pourcentage en un an peut sembler brutal. Il ne l’est pas : il prolonge une courbe tracée depuis 2022.
Un point mérite d’être précisé : les ventes mondiales de VE ont reculé de 8 % au premier trimestre 2026, tiré par un ralentissement en Chine. Ce chiffre trimestriel a alimenté quelques titres alarmistes. Mais la trajectoire annuelle reste haussière, portée par une accélération simultanée en Europe, en Amérique latine et en Asie-Pacifique. Un trimestre ne fait pas une tendance. Découvrez notre article sur BYD casse les codes avec une voiture électrique à moins de 10 000 € et un équipement que Tesla n’aime vraiment pas.
La progression de 25 % à 30 % n’est pas un saut spéculatif. C’est l’extrapolation d’une tendance installée dans plus d’une centaine de marchés, avec des fondamentaux industriels qui ne se retournent pas en quelques mois.
Chine à 55 %, Europe à 33 % : les vrais moteurs derrière la moyenne mondiale
La moyenne mondiale de 30 % cache des réalités régionales qui rendent ce chiffre non seulement crédible, mais presque conservateur.
En Chine, la part de marché des véhicules électriques atteignait déjà 55 % en 2025. En avril 2026, ce chiffre a franchi 61,4 % en incluant les hybrides rechargeables (données marché chinois, avril 2026). Dans le même temps, les ventes de modèles thermiques en Chine ont fortement reculé en avril 2026, selon les données de marché disponibles. Ce n’est plus une transition, c’est un basculement.
En Europe, la part de marché des VE atteignait 28 % en 2025, et devrait atteindre 33 % en 2026. En France, la progression est encore plus nette : 27,5 % de part de marché sur les quatre premiers mois de 2026, contre 18,2 % sur la même période en 2025 (PFA — Plateforme Automobile, mai 2026). Une hausse de neuf points en un an.

Les dynamiques émergentes confirment que la tendance se globalise. Au premier trimestre 2026, les ventes de VE ont progressé de +30 % en Europe, +75 % en Amérique latine et +80 % en Asie-Pacifique hors Chine. Ces marchés partent de bases plus basses, mais leur accélération est précisément ce qui tire la moyenne mondiale vers le haut.
L’AIE chiffre l’effet : « Les économies annuelles de carburant liées à l’utilisation d’un véhicule électrique dans l’Union européenne ont augmenté de 35 % par rapport aux économies prévues pour 2025. » Pour un acheteur européen, l’argument économique s’est durci en quelques mois.
Batteries chinoises, prix du pétrole, réglementations : trois verrous qui garantissent la tendance
Derrière les chiffres de vente, trois facteurs structurels rendent la prévision de 2026 presque inévitable. Ils ne sont pas conjoncturels. Ils sont verrouillés pour plusieurs années.
Premier verrou : la domination industrielle chinoise. Les constructeurs chinois fournissent 60 % des voitures électriques vendues dans le monde en 2025, et la Chine assemble près de 75 % des VE produits mondialement. Plus décisif encore : la Chine contrôle plus de 80 % de la production mondiale de cellules de batteries. Qui contrôle la cellule contrôle le coût du véhicule. Cette position ne se déloge pas en deux ans.
La montée en puissance des exportations chinoises amplifie cet effet. En 2025, 35 % des voitures exportées par la Chine étaient électriques, contre 20 % en 2024. Les VE chinois entrent sur des marchés qui n’avaient pas encore basculé, et ils y arrivent avec des prix catalogue inférieurs à ceux des équivalents européens ou japonais.

Deuxième verrou : le prix du pétrole. La flotte mondiale de voitures électriques a évité l’équivalent de 1,7 million de barils de pétrole supplémentaires par jour en 2025. Chaque hausse du baril renforce mécaniquement l’avantage économique du VE à l’usage. Cet avantage est désormais visible sur les factures des conducteurs européens, et il influence les décisions d’achat.
Troisième verrou : les réglementations. L’Allemagne s’était fixé un objectif de 15 millions de VE en circulation d’ici 2030, un cap que le gouvernement actuel n’a pas formellement abandonné, même si son ambition a été revue à la baisse. L’objectif européen de fin des ventes de thermiques neufs en 2035 reste en vigueur. Ces engagements contraignent les constructeurs à accélérer leurs gammes électriques, qu’ils le veuillent ou non. Les investissements sont engagés. Les lignes de production sont converties. Le retour en arrière industriel coûterait plus cher que l’accélération. Retrouvez aussi notre article sur la recharge électrique : BYD dévoile une technologie à 1 500 kW qui pourrait tout bouleverser.
Le chiffre d’1 voiture sur 3 en 2026 n’est pas une prédiction audacieuse. Les données de 2025 le confirment, les marchés régionaux l’anticipent, et les facteurs structurels le garantissent. La vraie question est désormais de savoir comment constructeurs et gouvernements gèrent une transition qui dépasse leurs propres modèles de prévision. Pour mémoire, l’AIE projette un parc mondial de 510 millions de véhicules électriques en 2035, soit six fois le niveau de 2025 (AIE, avril 2026). Et vous : vous attendez quoi pour passer à l’électrique ?

