Mazda garde le diesel six cylindres dans son CX-60, et ce choix tranche avec toute l’industrie européenne
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Le Mazda CX-60 diesel va à contre-courant : au moment où l’Europe pousse vers l’électrique, ce grand SUV japonais conserve un six-cylindres en ligne pensé pour rouler loin, tracter lourd et consommer peu.
Ce choix paraît presque provocateur en 2026. Les constructeurs européens réduisent les cylindrées, électrifient leurs gammes et mettent en avant les batteries comme horizon naturel du marché. Mazda, lui, garde une autre carte sur la table avec le CX-60 diesel.
Le sujet n’est pas seulement nostalgique. Sur le papier, ce SUV de 4,74 m combine un moteur diesel de 3 283 cm³, une hybridation légère, une boîte automatique à huit rapports et une consommation mixte annoncée à 5,1 l/100 km. Une fiche technique devenue rare sur un marché où les gros blocs thermiques disparaissent vite.

Un six-cylindres diesel là où l’Europe réduit tout
Le cœur du Mazda CX-60 diesel, c’est son six-cylindres en ligne. Dans sa version d’accès, ce bloc développe 200 ch, soit 147 kW, avec un couple maximal de 450 Nm disponible de 1 300 à 3 000 tr/min. Ce n’est pas une mécanique pensée pour battre des records de puissance. C’est une mécanique pensée pour l’aisance.
Le détail compte. Un six-cylindres en ligne offre naturellement un meilleur équilibre mécanique qu’un quatre-cylindres classique. Moins de vibrations, une montée en charge plus douce, une sensation de moteur moins forcé : c’est exactement le type d’agrément qui a longtemps fait la réputation des grandes routières diesel.
Mazda ne se contente pas de garder un gros moteur pour le principe. Le constructeur l’associe à une hybridation légère MHEV et à un système de désactivation de cylindres lorsque la charge moteur est faible. L’objectif est clair : conserver le couple et le raffinement d’un gros bloc, sans afficher une consommation déconnectée des attentes actuelles.
Les valeurs annoncées donnent le ton : 5,8 l/100 km à basse vitesse, 4,7 l/100 km à vitesse moyenne, 4,4 l/100 km à haute vitesse et 5,5 l/100 km à très haute vitesse. La moyenne ressort à 5,1 l/100 km. Pour un SUV familial de 4,74 m, ce chiffre explique pourquoi Mazda n’a pas enterré trop vite le diesel.
Le vrai intérêt du CX-60 diesel se voit sur autoroute
Le diesel six-cylindres du CX-60 n’est pas taillé pour un usage urbain pur. Son terrain naturel, ce sont les longues distances, les trajets chargés, les vacances en famille, les gros kilométrages annuels et le remorquage. C’est là que le couple disponible très tôt change vraiment la conduite.
Exemple concret : un conducteur qui part régulièrement avec quatre passagers, un coffre rempli et une remorque n’a pas les mêmes priorités qu’un automobiliste qui recharge chaque soir à domicile pour faire 30 km par jour. Dans ce scénario, les 450 Nm disponibles dès 1 300 tr/min évitent de solliciter le moteur en permanence. Le SUV repart plus facilement, garde de la réserve et fatigue moins sur les longs trajets.

Le CX-60 revendique aussi une capacité de remorquage avec freins de 2 500 kg sur pente de 12 %. Ce point change la lecture du modèle. Là où beaucoup d’hybrides rechargeables brillent surtout quand leur batterie est pleine, un diesel coupleux garde une logique forte pour les conducteurs qui tractent, roulent beaucoup ou traversent souvent l’Europe.
Le coffre suit la même idée familiale. Le volume annoncé atteint 570 litres en configuration cinq places selon la norme VDA, puis 1 726 litres banquette rabattue en configuration deux places. Ce n’est donc pas un choix de motorisation isolé : le CX-60 diesel s’inscrit dans une voiture de voyage, plus que dans un SUV urbain électrifié.
Un contre-pied assumé, mais pas sans questions
Ce qui rend le choix de Mazda intéressant, c’est le contraste avec le reste du marché. Beaucoup de marques européennes misent sur des quatre-cylindres hybrides, des plateformes électriques ou des hybrides rechargeables très valorisés fiscalement selon les pays. Mazda garde une mécanique plus coûteuse à développer, plus rare, mais aussi plus cohérente avec certains usages réels.
Le constructeur ne tourne pas pour autant le dos à l’électrification. Le CX-60 existe aussi en hybride rechargeable, avec 327 ch et une autonomie électrique annoncée à 63 km. Les deux versions ne parlent pas au même conducteur. L’hybride rechargeable peut séduire celui qui recharge souvent et roule beaucoup en ville. Le diesel six-cylindres vise plutôt celui qui cherche de l’autonomie, du couple et une consommation stable sur route.

Une déclinaison diesel plus puissante est également annoncée à 254 ch sur la même base mécanique. C’est un autre signal : Mazda ne traite pas ce moteur comme un simple vestige. Le bloc sert de socle à plusieurs niveaux de puissance, avec une logique d’ingénierie assez différente de la course actuelle à l’électrique pur.
Le pari reste néanmoins à vérifier dans le temps. Le CX-60 repose sur une plateforme ambitieuse, avec diesel, microhybridation, boîte automatique à huit rapports et transmission propulsion ou intégrale selon les versions. Pour les acheteurs, la question ne sera pas seulement de savoir si le six-cylindres est agréable. Il faudra aussi regarder les retours de fiabilité, les coûts d’entretien et la disponibilité réelle des versions sur le marché français. Découvrez notre article sur la Mazda MX-5 de 2028 se précise, entre thermique, électrique et obsession de la légèreté.
Ce Mazda CX-60 diesel rappelle surtout une chose : l’électrique n’efface pas tous les usages d’un coup. Pour certains conducteurs, un gros moteur sobre, coupleux et bien calibré peut encore répondre à un besoin très concret. C’est précisément ce qui rend la position de Mazda aussi singulière dans l’industrie européenne actuelle.
