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Arrêtée en 1980, la 2CV revient en électrique, et Citroën parie sur sa voiture la plus simple pour répondre aux Chinois

Par Gilles MarchettiMis à jour le 10 octobre 2026
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Stellantis ressuscite la 2CV en version électrique au Mondial de Paris, et le calendrier dit tout : la voiture la plus simple de l’histoire française revient au moment où la Chine impose sa cadence au salon.

La production de la 2CV s’était arrêtée en 1980. Stellantis dévoile au salon une version électrique de cette voiture devenue une icône, parmi les huit marques que le groupe présente à Paris Expo Porte de Versailles, du 12 au 18 octobre. Stellantis 2CV  électrique

Le retour ne se fait pas dans un climat neutre. Cette 91e édition rassemble plus de soixante marques, dont 25 chinoises, contre dix seulement en 2024. Serge Gachot, directeur du Mondial, parle d’« une très belle représentativité du marché avec des constructeurs européens, quelques américains et beaucoup d’asiatiques ». Le salon, annulé en 2020, attend environ 500 000 visiteurs, comme en 2024.

La 2CV, le symbole simple que Citroën remet en avant

Arrêté en 1980, la 2CV incarne encore, dans l’imaginaire automobile, la voiture du peuple : simple, abordable, pensée pour durer. Stellantis mobilise ce capital de sympathie en la relançant à l’électrique, au moment où le marché bascule vers le zéro émission.

Citroën 2CV électrique
@Stellantis : Citroën 2CV électrique

L’Europe impose aux constructeurs de ne plus vendre que des véhicules neufs 100 % électriques en 2035. Relancer une icône populaire comme la 2CV permet à Citroën de jouer sur l’affect autant que sur la technologie, face à des concurrents qui avancent d’abord sur les prix et la vitesse.

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25 marques chinoises, le chiffre qui fait basculer le salon

La tension du salon tient en un chiffre : 25 marques chinoises présentes, contre dix en 2024. Luc Chatel, président de la Plateforme automobile (PFA), chiffre l’offensive : « aujourd’hui, c’est 10 % du marché, ce sera 20 % dans trois ou cinq ans ».

La vitesse chinoise ne se limite pas aux prix. Un constructeur européen développe une voiture en trois ans et demi en moyenne, contre deux ans au maximum côté chinois, relève Serge Gachot. Renault a déjà répondu en ramenant le développement de sa Twingo électrique à 21 mois.

Les marques chinoises ne se contentent plus d’importer. Elles produisent déjà environ 90 000 véhicules en Europe cette année, un volume qui pourrait grimper à 1,5 million d’ici 2035, selon une analyse de Carscoops.

Une filière sous pression qui joue gros

L’industrie automobile française a perdu 50 000 emplois en cinq ans, et Luc Chatel alerte sur 75 000 postes supplémentaires menacés d’ici 2035. La contraction du marché pèse, sans que les ventes aient retrouvé leur niveau de 2019.

Le salon offre pourtant un terrain d’essai : près de 90 modèles de 20 marques sont proposés à l’essai, avec plus de 5 000 créneaux, ainsi que des démonstrations de conduite autonome supervisée avec Tesla. Emmanuel Macron visite le salon lors de la journée presse, avec au programme les stands de Stellantis, Renault, Volkswagen et Valeo, puis une table ronde sur les véhicules autonomes.

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Conclusion

Le groupe qui relance la 2CV joue d’ailleurs sur les deux tableaux : Stellantis détient 21 % du capital du constructeur chinois Leapmotor et en distribue les véhicules en Europe. La frontière entre défense du made in France et intérêts croisés se révèle plus poreuse qu’un slogan.

Relancer la 2CV à l’électrique, au moment où la Chine impose ses volumes et sa vitesse, tient de la réponse symbolique. Citroën remet en avant sa voiture la plus simple comme un étendard du made in France, face à une offensive chinoise qui ne cède rien.

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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