News

Batteries solides : la Chine vise 2030, mais les voitures électriques à prix accessibles pourraient attendre 2032 ou 2033

Par Gilles MarchettiMis à jour le 12 octobre 2026
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
Partager :FacebookXWhatsApp

 

La Chine vise un déploiement à grande échelle des batteries solides d’ici 2030, mais pour le conducteur, la vraie question est ailleurs : quand cette technologie arrivera-t-elle sur des voitures électriques vendues à un prix accessible ? La réponse probable : pas avant 2032 ou 2033.

Fin septembre 2026, la Chine a dévoilé une feuille de route nationale pour son industrie des batteries, avec un objectif affiché : atteindre une déploiement à grande échelle des batteries à électrolyte solide d’ici 2030. Un cap porté par la volonté de Pékin de prolonger sa domination, des batteries classiques jusqu’à la prochaine génération.

Mais CATL, premier producteur mondial de batteries pour voitures électriques, tempère. L’écart entre l’ambition politique et la réalité industrielle reste grand, et les fabricants sont les premiers à le reconnaître.

Une feuille de route ambitieuse, mais lucide

La feuille de route publiée le 28 septembre 2026 ne se contente pas de fixer un cap. Portée par le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT), elle reconnaît ouvertement les faiblesses de l’industrie chinoise : manque d’innovation, déséquilibre entre l’offre et la demande, dépendance à certains matériaux critiques.

Trois chantiers restent ouverts avant d’envisager une production de masse : réduire les coûts, stabiliser les cellules et réaliser des ruptures technologiques dans les matériaux comme dans les procédés de fabrication. La Chine dispose d’une base industrielle et de recherche solide, mais des usines et des chercheurs ne suffisent pas si les solutions d’ingénierie ne suivent pas.

À lire aussi : Stellantis prépare un moteur diesel hybride 48V : mais ne devrait équiper aucune voiture du groupe

CATL note la technologie 4 sur 9

Le signal le plus parlant vient de Robin Zeng, président de CATL. Plus tôt en 2025, il évaluait la maturité des batteries solides à 4 sur une échelle de 9, où 9 représente la capacité à produire en masse. La technologie existe et progresse, mais elle est encore loin d’équiper des millions de véhicules à un prix acceptable.

Zeng précisait aussi qu’une adoption à grande échelle avant la fin de la décennie était peu probable, en raison des coûts et des performances. CATL a confirmé son intention de démarrer une production limitée en 2027. Une étape symbolique, mais qui ne vaut pas une mise sur le marché grand public.

Cette prudence est partagée. Robert Lee, président de LG Energy Solution pour l’Amérique du Nord, souligne la difficulté de fabriquer de grandes cellules solides et anticipe que les premières applications de masse ne concerneront pas les voitures électriques.

2032 ou 2033, le vrai test du prix accessible

En Chine, des batteries semi-solides équipent déjà certains véhicules en quantités limitées. Ces cellules hybrides conservent une partie d’électrolyte liquide : elles ne prouvent pas que la technologie tout-solide est prête pour une adoption généralisée. Deux familles distinctes, deux niveaux de maturité.

BloombergNEF calme aussi l’enthousiasme : la technologie solide ne représente que 10 % de la demande mondiale combinée, véhicules électriques et stockage stationnaire, d’ici 2035. Le calendrier industriel obéit rarement aux annonces officielles.

La feuille de route chinoise ne se limite pas au solide. Elle pousse le sodium-ion pour réduire la dépendance au lithium, des batteries lithium longue durée capables de 15 000 cycles de charge et des normes de sécurité renforcées. CATL a confirmé, lors de sa conférence fournisseurs à Ningde fin décembre 2025, un déploiement à grande échelle de ses batteries sodium-ion en 2026.

À lire aussi : Arrêtée en 1980, la 2CV revient en électrique, et Citroën parie sur sa voiture la plus simple pour répondre aux Chinois

Conclusion

Reste la logique de planification. Les plans quinquennaux ont permis à la Chine de concentrer près de 70 % de la production mondiale de voitures électriques. Le cycle 2026-2030 veut reproduire ce succès sur les batteries de nouvelle génération, mais la bataille technologique est plus complexe que la montée en volume du lithium-ion.

Mettre des batteries solides dans quelques voitures d’ici 2027 ou 2028 est un objectif atteignable. Chery prévoit des essais sur en 2027. Les voir équiper des véhicules électriques vendus à un prix accessible au plus grand nombre avant 2032 ou 2033, c’est une autre histoire. Ce sera le vrai test de cette feuille de route.

 

(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});
Sujets liés :Voiture électrique
Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

Voir ses articles