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« Les ambitions étaient trop élevées » : le patron de Renault solde les comptes du premier SUV électrique d’Alpine

Par Gilles MarchettiMis à jour le 13 octobre 2026
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Le premier SUV électrique d’Alpine n’a pas convaincu, et le patron de Renault ne le cache pas. François Provost fait le bilan de l’A390, mais refuse d’abandonner la marque dieppoise.

Les chiffres sont sans appel. En un semestre de commercialisation, l’A390 n’a trouvé qu’un peu plus de 1 000 preneurs, dont 60 % en France. Un score trop faible pour le premier SUV électrique de la marque sportive fondée à Dieppe.

François Provost, directeur général de Renault, a fait un constat lucide lors d’une rencontre avec la presse au Mondial de l’automobile. « Les ambitions étaient trop élevées », a-t-il reconnu, loin de la langue de bois habituelle dans l’automobile.

Un échec assumé, chiffres à l’appui

Le bilan est net. Lancée sous la direction de son prédécesseur Luca de Meo, l’A390 n’a pas trouvé sa clientèle. « À peine plus d’un millier d’unités ont trouvé preneur », a rappelé François Provost, dont six sur dix écoulées en France.

Le patron n’a pas caché son scepticisme, présent selon lui dès l’origine du projet. « Avec cette voiture, nous étions dans la cible », a-t-il concédé, tout en pointant un défaut majeur : des mensualités de location longue durée trop élevées face à la concurrence allemande.

Pas de méthode Coué pour autant. « Désormais, il faut conserver le calme des vieilles troupes et travailler nos véhicules et nos prospects », a-t-il estimé. L’A390 « va trouver sa clientèle, qui sera plus faible que prévu ».

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La production de Dieppe réduite de moitié

L’usine de Dieppe subit déjà le contrecoup. La cadence journalière de l’A390 est passée de 30 à 15 véhicules, un rythme qui illustre la prudence de la direction face à une demande en retrait.

Pour autant, Alpine ne lâche pas son outil industriel. La marque a engagé 25 millions d’euros pour transformer l’usine dieppoise, un plan annoncé au printemps 2026. Réduire la voilure sur l’A390 ne revient pas à renoncer à produire à Dieppe.

L’A110 plutôt que la Formule 1

Pour François Provost, l’avenir d’Alpine passe par un retour aux sources. « L’ADN d’Alpine n’est pas la Formule 1, c’est l’A110 », a-t-il tranché. Mieux vaut réincarner les modèles iconiques de la marque, née en 1955 sous la direction de Jean Rédélé, que créer des véhicules ex nihilo.

« On va faire des sportives électriques », a-t-il promis, sans se voiler la face sur le calendrier : le succès se fera attendre « peut-être quinze ou vingt ans ». Un horizon assumé par un dirigeant entré chez Renault en 2002 et qui a piloté le plan de transformation de Luca de Meo.

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Conclusion

Le stand Alpine du Mondial donne déjà le ton. La marque y a dévoilé le concept SP1, directement inspiré de l’A310. Un signal clair : Alpine veut renouer avec ses racines plutôt que se battre sur un segment de SUV électriques où elle peine à convaincre.

En soldant les comptes de l’A390, François Provost ne se contente pas d’acter un échec commercial. Il redessine la trajectoire d’Alpine : moins de conquête de segments, plus de fidélité à l’A110 et aux modèles qui ont fait la marque.

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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