Cette Mazda MX-5 veut ressembler à une Ferrari 250 GTO, mais c’est justement ce qu’elle rate qui la rend intéressante
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Cette Mazda MX-5 RF habillée comme une Ferrari 250 GTO ne trompe pas longtemps l’œil, et c’est justement ce mélange imparfait qui la rend plus intrigante qu’une simple réplique.
Sur le papier, l’idée ressemble à un fantasme de garage : prendre un petit roadster japonais moderne et lui donner les courbes d’une des Ferrari les plus mythiques des années 60. Le résultat existe, avec une carrosserie en fibre de carbone façonnée à la main autour d’une Mazda MX-5 RF.
Mais cette voiture n’est pas intéressante parce qu’elle imite parfaitement une 250 GTO. Elle l’est parce qu’elle n’y arrive pas totalement. Le pare-brise, les portières, le toit rigide rétractable et les proportions compactes de la MX-5 restent visibles, comme si deux époques automobiles se superposaient sans vraiment fusionner.

Une carrosserie de Ferrari sur une base qui refuse de disparaître
Le projet vient de Modern Custom Classics, l’atelier de Darrin Wood installé dans le nord de l’Alabama. La base retenue n’est pas une ancienne sportive italienne, mais une Mazda MX-5 RF, la version à toit rigide rétractable du roadster japonais.
Tout l’extérieur a été revu pour évoquer la Ferrari 250 GTO : ailes avant très galbées, trois ouvertures latérales, arrière ramassé avec quatre feux circulaires, couvercle de coffre spécifique et panneaux en fibre de carbone moulés à la main. L’intention est claire dès le premier regard : rappeler l’une des silhouettes les plus désirées de l’histoire automobile.
La magie fonctionne de loin. De profil, l’œil reconnaît immédiatement les codes d’une GT italienne des années 60. Puis la Mazda reprend le dessus. La ligne de toit, le pare-brise et les portières trahissent la MX-5 RF, car l’architecture de départ n’a pas été effacée. Elle a été rhabillée.
C’est là que le projet évite le piège de la fausse réplique. Il ne prétend pas remplacer une Ferrari 250 GTO. Il transforme une Mazda moderne en hommage visuel, avec ses compromis bien visibles. Le défaut devient presque la signature de la voiture.
Le toit rétractable change tout dans cette fausse GTO
Le détail le plus révélateur n’est pas la fibre de carbone ni les prises d’air latérales. C’est le toit. En conservant la structure de la MX-5 RF, Darrin Wood a gardé le toit rigide rétractable fonctionnel, une caractéristique impossible à concilier avec une copie stricte de Ferrari 250 GTO.
Ce choix explique une bonne partie du charme étrange de cette auto. Elle affiche une carrosserie inspirée d’une voiture de course historique, mais elle garde l’usage simple d’un roadster contemporain. On peut profiter d’une ligne spectaculaire sans renoncer à l’ouverture électrique du toit, aux équipements modernes et à l’habitacle Mazda.

À bord, le décalage devient encore plus évident. Le tableau de bord, les commandes, les airbags, l’ABS et la caméra de recul rappellent que cette voiture appartient au monde moderne. L’extérieur joue la nostalgie, l’intérieur reste celui d’une MX-5 utilisable.
Ce contraste fonctionne mieux qu’une copie trop sérieuse. Une vraie réplique chercherait à masquer chaque trace de modernité. Celle-ci assume une part d’incohérence, et cette incohérence raconte quelque chose de plus automobile : le plaisir de rouler compte autant que l’illusion visuelle.
Sous le carbone, la philosophie MX-5 reste intacte
La transformation aurait pu basculer dans la démonstration mécanique. Ce n’est pas le cas. Sous le capot, cette MX-5 conserve son quatre cylindres atmosphérique 2,0 litres Mazda, associé à une boîte manuelle à six rapports et à une transmission aux roues arrière.
La principale modification mécanique mentionnée concerne un échappement Borla. Pas de V12, pas de fiche technique déguisée en Ferrari, pas de promesse de supercar. Cette voiture garde la recette qui fait vivre la MX-5 depuis des décennies : un moteur simple, une propulsion, une boîte mécanique et une voiture pensée pour le ressenti.
Ce point compte, car la MX-5 n’est pas devenue culte en essayant d’être la plus puissante. Mobilité Club rappelle qu’en 1989, la « Mazda Xperience 5 » fait son entrée en scène au salon de Chicago. Depuis cette naissance publique, le modèle s’est construit autour d’une idée simple : retrouver le plaisir d’un petit roadster léger, direct et accessible.

Cette carrosserie inspirée d’une Ferrari 250 GTO ne change donc pas l’âme mécanique de la voiture. Elle la met en tension. D’un côté, l’imaginaire d’une GT italienne rarissime. De l’autre, une Mazda de grande série, plus facile à entretenir et beaucoup moins intimidante à utiliser.
La valeur de cette création reste difficile à cerner. Un amateur de Ferrari pourra trouver les proportions trop éloignées de l’original. Un puriste de la MX-5 pourra préférer la ligne légère du roadster de série. Mais pour celui qui aime les objets automobiles discutables, imparfaits et très personnels, cette hésitation est précisément le sujet. Découvrez notre article sur la Mazda MX-5 se prépare à l’électrique, mais Mazda veut sauver ce qui fait encore son charme.
Cette MX-5 ne réussit pas vraiment à devenir une Ferrari 250 GTO. Elle réussit autre chose : montrer qu’une imitation imparfaite peut avoir plus de personnalité qu’une copie trop appliquée.
