La Ferrari Conciso revient à la vente, un exemplaire unique né d’une collaboration presque oubliée
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La Ferrari Conciso refait surface à la vente avec un profil rare : une seule voiture produite, une base de 328 GTS, une carrosserie radicale et une histoire que même certains passionnés de Ferrari connaissent mal.
Chez Ferrari, les pièces uniques sont souvent associées à des prix vertigineux. La Conciso échappe en partie à ce réflexe. Elle coche pourtant plusieurs cases très recherchées : exemplaire unique, carrosserie spéciale, salons internationaux, historique suivi et passage par des ateliers réputés.

Le modèle est actuellement proposé par RM Sotheby’s via sa plateforme Sealed. Le prix espéré n’est pas rendu public, ce qui ajoute une part de mystère autour de cette voiture très particulière. Mais son intérêt ne se résume pas à une enchère discrète : la Conciso raconte aussi une époque où des carrossiers indépendants pouvaient encore bousculer les codes de Maranello.
Une Ferrari unique née loin de grandes signatures italiennes
Quand on parle de carrosseries Ferrari, les noms qui reviennent le plus souvent sont Pininfarina, Scaglietti, Bertone, Vignale ou encore Touring. La Conciso vient d’un autre chemin. Elle est liée au designer allemand Bernd Michalak, une collaboration beaucoup moins connue dans l’histoire de la marque au cheval cabré.
La voiture repose sur une Ferrari 328 GTS. Le châssis et la mécanique sont conservés, mais l’habillage change totalement. Michalak signe le dessin, tandis que la carrosserie en aluminium est réalisée en Italie par Bachelli & Villa. Ce détail compte : la Conciso n’est pas un simple exercice de style posé sur une Ferrari existante, mais une vraie transformation de carrosserie.
Elle a été montrée au salon IAA de Francfort en 1993, puis au salon de Genève en 1994. La même année, sa silhouette reçoit le second prix aux Eurosign Design Awards. Malgré cette exposition, le projet ne débouche pas sur une petite série. Un seul exemplaire est fabriqué.
Visuellement, la Conciso tranche avec la 328 GTS dont elle reprend la base. Pare-brise très bas, absence de portes, cockpit ouvert, proportions ramassées : elle s’éloigne de l’élégance classique Ferrari pour aller vers quelque chose de plus expérimental. C’est précisément ce qui la rend intéressante aujourd’hui. Elle n’est pas la Ferrari la plus consensuelle, mais elle est impossible à confondre.
890 kg seulement, et une vraie logique de performance
La transformation ne se limite pas au style. La Conciso aurait gagné environ 363 kg par rapport à la Ferrari 328 GTS. Son poids annoncé tombe à 890 kg, un chiffre très bas pour une sportive équipée d’un V8 Ferrari.
La mécanique reste celle de la 328 GTS : un V8 3,2 litres à quatre soupapes par cylindre, donné pour 270 ch. Avec cette masse réduite, les performances annoncées deviennent sérieuses : 274 km/h en vitesse de pointe et un 0 à 100 km/h en 5 secondes. La source rapporte même un gain d’environ cinq dixièmes sur cet exercice par rapport à la 328 GTS.
La chasse au poids passe par des choix radicaux. L’accès à bord ne se fait pas par des portes classiques : le pilote et son passager doivent enjamber la carrosserie. Les casques sont rangés dans les contreportes, une solution qui rappelle l’esprit de certaines sportives très dépouillées plutôt que celui d’un grand tourisme confortable.

Exemple concret : pour un collectionneur qui cherche une Ferrari à utiliser lors d’événements privés ou de concours, la Conciso ne joue pas le même rôle qu’une 328 GTS en bel état. La 328 rassure par son identité connue, sa ligne classique et son marché plus lisible. La Conciso, elle, attire pour une autre raison : elle raconte une histoire à elle seule dès qu’elle arrive sur un plateau.
C’est aussi son point fragile. Une pièce unique peut fasciner, mais elle peut aussi diviser. Son design n’a pas la simplicité d’une Ferrari de série, et son usage demande d’accepter une voiture ouverte, basse, exigeante, presque théâtrale. Elle vise donc un acheteur très précis : pas seulement un amateur de Ferrari, mais un collectionneur attiré par les prototypes, les one-off et les carrosseries indépendantes.
Une vente discrète, mais un historique qui pèse dans le dossier
L’historique connu de la Ferrari Conciso renforce son intérêt. Bernd Michalak l’aurait vendue à un collectionneur nord-américain, qui l’a conservée jusqu’à son décès en 1998. Elle passe ensuite entre les mains d’un collectionneur belge, au point d’être exposée dans son salon.
En 2018, la voiture est vendue aux enchères pour 109 250 dollars, un montant étonnamment mesuré pour une Ferrari unique. Elle est ensuite importée aux États-Unis, où elle bénéficie d’une remise en état complète. Le compteur affiche 11 408 km, dont un peu plus de 1 600 depuis son arrivée sur le sol américain.
La Conciso a aussi gagné en visibilité grâce à un passage dans l’émission Jay Leno’s Garage. Elle a également été exposée au Petersen Automotive Museum de Los Angeles, une référence dans l’univers automobile américain. Ce type d’historique ne garantit pas un prix spectaculaire, mais il donne de la matière au dossier d’un acheteur.

Entre 2022 et 2023, la voiture est retournée chez Bachelli & Villa pour une peinture complète en Rosso Corsa et Gris Metal. La facture de peinture dépasserait 23 000 €, tandis que le montant total des travaux atteindrait environ 50 000 €. Pour une voiture aussi spécifique, ce retour dans l’atelier lié à sa fabrication d’origine est un argument important.
RM Sotheby’s la propose désormais via Sealed, un format de vente où le prix final n’est pas affiché publiquement. Impossible donc, à ce stade, de savoir si la Conciso confirmera sa cote modérée de 2018 ou si son statut d’exemplaire unique lui permettra de grimper bien plus haut. Découvrez notre article sur une Ferrari F355 Spider de 1995 refait surface sur LesAnciennes.com, avec un kilométrage précis mais peu de détails.
Ce retour à la vente rappelle surtout une chose : toutes les Ferrari uniques ne se ressemblent pas. Certaines valent des fortunes parce qu’elles s’inscrivent dans la grande tradition des commandes spéciales très désirables. La Conciso, elle, joue une carte différente : plus étrange, plus légère, plus confidentielle. Et c’est peut-être ce qui la rend enfin intéressante à redécouvrir.
