La voiture électrique échappe encore à cette taxe en France, mais plusieurs signaux relancent la question
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
La voiture électrique reste aujourd’hui protégée d’une taxe au kilomètre en France, mais l’exemple britannique remet une vieille question sur la table : qui paiera la route quand les carburants rapporteront moins ?
Le sujet est explosif, parce qu’il touche à la promesse de départ faite à beaucoup d’automobilistes : rouler électrique devait coûter moins cher à l’usage, avec une fiscalité plus douce que l’essence ou le diesel.
Pour l’instant, la France n’a pas annoncé de taxe au kilomètre sur les véhicules électriques. Aucun élément fourni ne prouve que Bercy prépare activement une mesure de ce type. Mais plusieurs signaux rendent le débat difficile à écarter : le Royaume-Uni a fixé un calendrier, d’autres pays testent déjà ce modèle, et la fiscalité automobile française devra tôt ou tard compenser une partie des recettes perdues sur les carburants.
Le signal qui change le débat vient du Royaume-Uni
À partir de 2028, les conducteurs britanniques de voitures électriques devront payer une taxe calculée sur les kilomètres parcourus. Le montant avancé est de 3 pence par mile, soit environ 2 centimes d’euro par kilomètre.

Ce n’est pas une simple vignette symbolique. Le principe consiste à faire contribuer l’automobiliste en fonction de son usage réel de la route, même s’il ne consomme plus d’essence ou de gazole.
Pour un conducteur français, l’exemple est facile à visualiser. Avec un kilométrage annuel de 15 000 km, une taxe proche de 2 centimes par kilomètre représentait environ 300 euros par an. Ce chiffre n’est pas une annonce française, mais il donne un ordre de grandeur concret de ce qui pourrait produire un mécanisme de ce type.
Le Royaume-Uni n’est pas totalement isolé. Des systèmes comparables existent déjà en Nouvelle-Zélande, en Islande ou dans certains États américains, notamment l’Oregon, l’Utah et Hawaï. La Suisse pourrait aussi avancer sur ce terrain autour de 2030, selon les éléments disponibles.
À lire aussi : À ce prix, la BYD Seal 06 et ses 2 300 km ressemblent à une anomalie automobile, et c’est justement le problème pour l’Europe
Pourquoi la France n’a encore rien décidé
En France, le point central est simple : il n’y a pas de taxe kilométrique officielle sur les voitures électriques à ce stade. Le débat existe, mais il ne doit pas être confondu avec une décision déjà prise.

Plusieurs responsables politiques et observateurs ont relancé l’hypothèse d’une fiscalité future. Yves Carra, porte-parole de Mobilité Club, évoque par exemple une évolution possible autour du kilométrage ou de la recharge. D’autres prises de parole politiques vont plus loin, en accusant l’État de préparer une nouvelle ponction.
La prudence s’impose pourtant. Les éléments parlent d’un faisceau d’indices, pas d’un projet fiscal confirmé. C’est toute la nuance : la question est crédible à long terme, mais elle n’est pas encore transformée en mesure française.
Le corpus autour du sujet mentionne également un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires, associé à la Cour des comptes, sur l’avenir de la fiscalité de l’énergie. Cet élément mérite d’être vérifié sur la source institutionnelle
Le vrai sujet : remplacer les recettes perdues sur les carburants
Si cette taxe revient dans le débat, ce n’est pas seulement à cause du Royaume-Uni. La voiture électrique pose un problème budgétaire mécanique : plus le parc électrique progresse, moins l’État encaisse de taxes liées aux carburants fossiles.

L’automobiliste électrique paie déjà son véhicule, son assurance, l’électricité, parfois une charge à domicile ou des recharges rapides coûteuses. Mais il échappe encore à une grande partie de la fiscalité attachée à l’essence et au diesel. Pour les finances publiques, cet écart devient plus visible à mesure que les ventes électriques progressent.
C’est là que la taxe au kilomètre séduit certains décideurs : elle apparaît plus directement liée à l’usage de la route. Celui qui roule beaucoup paie plus. Celui qui roule peu paie moins. Sur le papier, le système est lisible.
Mais il soulève aussitôt des questions très sensibles. Comment mesurer les kilomètres ? Via le contrôle technique, le compteur du véhicule, une déclaration, une borne, un système connecté ? Comment éviter de pénaliser les conducteurs ruraux, qui roulent souvent plus par contrainte que par confort ? Et faut-il taxer de la même manière une petite citadine électrique et un SUV électrique lourd ?
Conclusion
Le scénario le plus probable, à court terme, n’est donc pas une taxe française immédiatement copiée-collée sur Londres. C’est plutôt une montée du débat, nourrie par les exemples étrangers et par la pression budgétaire. Pour les propriétaires de voitures électriques, le message est clair : l’avantage fiscal actuel existe encore, mais il n’est probablement pas intangible.
La voiture électrique garde donc son avantage à l’usage aujourd’hui. Mais la période où elle pouvait rester totalement à l’écart de la fiscalité routière semble de plus en plus difficile à défendre politiquement, surtout si les recettes des carburants continuent de reculer.
