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Le nom Eclipse revient chez Mitsubishi, mais cette fois il sert un pari électrique beaucoup plus pragmatique que sportif

Par Gilles MarchettiMis à jour le 17 août 2026
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Mitsubishi ressort le nom Eclipse, mais le vrai sujet n’est pas le retour d’un coupé sportif : c’est la manière très rationnelle dont la marque revient dans le jeu de la voiture électrique.

Le Mitsubishi Eclipse Sportback 2027 remet un nom connu sur le devant de la scène. Sauf que cette fois, l’Eclipse n’est pas là pour faire vibrer les nostalgiques du coupé. Elle sert surtout à donner de la visibilité à un modèle électrique compact, quatre portes, pensé pour remettre Mitsubishi dans une catégorie où la marque s’était faite discrètement.

Le contraste est assez fort. D’un côté, un nom associé à une image plus sportive dans l’histoire de Mitsubishi. De l’autre, une voiture électrique qui met sur l’autonomie, la recharge, la garantie et un format utilisable au quotidien. C’est moins romantique, mais probablement plus utile pour la marque.

Un nom sportif pour une électrique beaucoup plus rationnelle

L’Eclipse Sportback 2027 est présenté comme un modèle électrique compact avec une autonomie projetée de 282 miles, soit environ 454 km. Pour Mitsubishi, c’est surtout un vrai retour dans l’électrique après l’i-MiEV, cette petite voiture à batterie qui n’avait jamais réussi à s’imposer sur le marché américain.

Mitsubishi Eclipse Sportback EV 2027 vue de face
@Mitsubishi : Eclipse Sportback EV 2027 vue de face

Le nouveau modèle change complètement d’échelle. La voiture est plus grande, plus polyvalente et mieux armée pour un usage familial ou périurbain. L’essai réalisé autour de Seattle décrit un prototype de préproduction vif, agréable à conduire, mais pas franchement sportif au sens traditionnel du terme.

C’est là que le nom Eclipse prend une autre fonction. Il ne promet pas forcément une machine passion comme autrefois. Il habille un produit plus raisonnable, qui doit surtout rassurer un acheteur d’électricité sur l’autonomie, la recharge et le coût d’usage.

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Une Nissan Leaf sous badge Mitsubishi, et ce n’est pas forcément un défaut

Techniquement, l’Eclipse Sportback reprend très largement la base de la Nissan Leaf récente. Batterie de 75 kWh, moteur électrique de 214 ch, traction avant : la recette n’a rien d’exotique. Elle vise plutôt l’efficacité industrielle.

Mitsubishi Eclipse Sportback EV 2027 vue arriere
@Mitsubishi : Eclipse Sportback EV 2027 vue arriere

Car and Driver évoque un 0 à 60 mph en 6,9 secondes sur la base des performances de la Leaf mécaniquement identique. Ce n’est pas une fiche de sport, mais c’est largement suffisante pour s’insérer, doubler ou circuler avec de la marge au quotidien. Le couple maximal atteint annoncé 261 lb-ft, soit environ 354 Nm.

Le style permet tout de même à Mitsubishi de se distinguer. La face avant reçoit des feux, un bouclier et une calandre spécifiques, avec 20 reliefs autour du logo aux trois diamants. Les roues, quelques détails de profil et le hayon avec le nom Mitsubishi en grand complètent la différenciation. Mais l’idée reste claire : mieux vaut une bonne base partagée qu’aucune électrique compétitive.

Ce choix colle aussi à une tendance plus large de l’industrie. Les constructeurs de taille moyenne utilisent de plus en plus des plateformes existantes pour réduire les coûts et accélérer leurs lancements. Mitsubishi l’a déjà fait sur d’autres marchés, notamment avec des modèles issus de partenariats. Dans l’électrique, où le développement coûte cher, cette logique devient encore plus difficile à éviter.

Mitsubishi Eclipse Sportback EV 2027 vue intérieure
@Mitsubishi : Eclipse Sportback EV 2027 vue intérieure

Le vrai pari : convaincre les conducteurs du quotidien

Sur la recharge, l’Eclipse Sportback reprend une approche assez complète. Un port NACS, compatible avec l’écosystème Tesla aux États-Unis, est placé à l’avant droit pour la charge rapide DC. La puissance maximale annoncée tourne autour de 150 kW, avec un 10 à 80 % en 35 minutes dans des conditions idéales.

Mitsubishi Eclipse Sportback EV 2027 vue de profil
@Mitsubishi : Eclipse Sportback EV 2027 vue de profil

Pour la recharge lente ou accélérée en courant alternatif, un port J-1772 est placé de l’autre côté. Le chargeur embarqué de 7,2 kW permet de passer de 20 à 80 % en environ 6 h 30 sur une borne adaptée. Un câble portable compatible 240 V et 120 V est également annoncé de série.

Exemple concret : pour un conducteur qui vit en périphérie, roule 40 à 70 km par jour et recharge surtout à la maison, l’Eclipse Sportback n’a pas besoin de jouer la carte de la performance. Son intérêt vient plutôt de son rayon d’action, de son format facile à garer, de son rayon de braquage de 35,4 pieds et de ses équipements pratiques, comme les deux prises 120 V capables d’alimenter de petits appareils.

L’habitacle reste dans cette logique. Deux écrans de 14,3 pouces, Apple CarPlay et Android Auto de série, sièges chauffants à l’avant et à l’arrière, volant chauffant, freinage automatique d’urgence à l’avant et à l’arrière, vue périphérique : la dotation cherche plus à cocher les usages réels qu’à entretenir le mythe Eclipse.

Mitsubishi Eclipse Sportback EV 2027 vue du volant
@Mitsubishi : Eclipse Sportback EV 2027 vue du volant

Le prix américain n’est pas encore annoncé. Car and Driver estime qu’il pourrait se situer entre 35 000 et 40 000 dollars, avec une mise en vente prévue en octobre 2026. Mitsubishi prévoit également de concentrer les livraisons sur les États américains les plus favorables aux véhicules zéro émission, dont la Californie et plusieurs États de l’Ouest, des Rocheuses et du Nord-Est.

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Conclusion

La garantie donne un autre indice sur la stratégie. Mitsubishi annonce 5 ans ou 60 000 miles pour le véhicule, 10 ans ou 100 000 miles pour la batterie et le groupe motopropulseur électrique, deux ans ou 30 000 miles d’entretien inclus, ainsi que cinq ans d’assistance routière sans limite de kilométrage. Pour une marque qui revient dans l’électrique, c’est une manière très concrète de réduire la méfiance.

Le retour de l’Eclipse n’est donc pas celui que les amateurs de coupés pouvaient imaginer. Mais pour Mitsubishi, le pari est peut-être plus réaliste : utiliser un nom connu pour vendre une électrique sérieuse, basée sur une technologie déjà prête, plutôt que financer seul un modèle spectaculaire mais risqué.

Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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