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Pourquoi Ferrari, BMW et Tesla abandonnent le cuivre pour un métal 4 fois moins cher

Par JacquelineMis à jour le 1 juillet 2026
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L’aluminium, environ quatre fois moins cher que le cuivre, s’impose dans le câblage automobile, y compris chez Ferrari, qui revendique un choix de performance mais dont les chiffres racontent une histoire économique bien réelle. Le ratio entre les deux métaux atteint environ 4x, selon les données de marché au 30 juin 2026.

Le cuivre a plus que doublé de prix en trois ans, passant de 7 300 € à un pic de 15 000 dollars la tonne fin janvier 2026, un niveau qui a déclenché une révolution silencieuse dans les usines automobiles. Pour le propriétaire d’une voiture électrique ou hybride, cela signifie des véhicules plus légers et potentiellement moins chers à fabriquer. Mais ce changement matériel cache une tension narrative fascinante : comment même les marques de prestige justifient une décision économique en termes de performance.

Ferrari Luce vue de face
@Ferrari : Luce vue de face

Pourquoi le cuivre devient trop cher : le seuil de substitution atteint ?

Tout commence par un chiffre brutal. La tonne de cuivre a frôlé les 15 000 dollars fin janvier 2026, un pic historique, avant de se stabiliser autour de 10 000–11 500 € au premier semestre 2026, contre 7 300 € il y a trois ans. L’aluminium s’échange autour de 2 820 € la tonne. Le ratio entre les deux métaux oscille autour de 4x.

Ce chiffre a une signification précise dans l’industrie. Dans l’industrie du câblage, un ratio cuivre/aluminium supérieur à 3,5x est généralement considéré comme le déclencheur d’une substitution à grande échelle. Ce seuil est désormais largement dépassé. La décision de basculer vers l’aluminium n’est plus un pari : c’est une évidence comptable.

La Chine a accéléré le mouvement. En mars 2025, le gouvernement chinois a publié un document d’orientation encourageant explicitement les entreprises à substituer l’aluminium au cuivre. Résultat concret : JONVER, fournisseur de pièces pour véhicules électriques, a vu ses ventes de câblage aluminium bondir de 20 % de son chiffre d’affaires en 2023 à 30 % en 2026, selon son directeur commercial Feng Lu. XPeng et Xiaomi ont suivi la même trajectoire.

Ce qui se passe en Chine ne reste jamais en Chine dans l’industrie automobile. Les fournisseurs mondiaux s’alignent, et les constructeurs occidentaux n’ont plus d’excuse pour attendre.

Ferrari, BMW et Tesla : quand même le prestige cède à la physique économique

BMW a été le premier constructeur premium occidental à franchir le pas. Dès 2011, la Série 1 intégrait des conducteurs en aluminium dans son câblage, une curiosité d’ingénieur à l’époque. Aujourd’hui, BMW déploie cette approche sur la Neue Klasse, sa nouvelle génération de véhicules électriques lancée en 2026 avec l’iX3 et la i3.

Tesla a joué un rôle différent : celui du catalyseur. Depuis 2019, le Model Y intégrerait de l’aluminium dans ses faisceaux électriques, avant que le ratio cuivre/aluminium n’explose. La marque a appliqué sa logique habituelle : si c’est plus léger et que ça fonctionne, pourquoi s’en priver ?

Stellantis a récemment rejoint le mouvement selon une source industrielle proche du dossier, le groupe a refusé de commenter officiellement. Le groupe qui rassemble Peugeot, Fiat, Jeep et une douzaine d’autres marques opère cette transition discrètement. Le cas Ferrari mérite qu’on s’y attarde.

BMW iX3 40 design extérieur
@BMW : iX3 40 design extérieur

La marque de Maranello a commencé par la 296 GTB hybride, réduisant le poids total du câblage jusqu’à 20 % grâce à l’aluminium. Elle a ensuite étendu ce choix à la Luce, sa première voiture 100 % électrique dévoilée le 25 mai 2026 à Rome, avec des livraisons prévues au quatrième trimestre 2026.

Dario Esposito a déclaré : « Nous ne choisissons pas l’aluminium parce que c’est moins cher, nous choisissons le matériau qui a de meilleures performances. »

C’est une belle phrase. Et elle n’est pas fausse. Mais elle mérite d’être mise en perspective. Ferrari utilise l’aluminium dans ses châssis, carrosseries et moteurs depuis des décennies, l’extension au câblage s’inscrit dans cette logique de cohérence matériaux. Sauf que cette cohérence devient soudainement très visible au moment précis où le cuivre a atteint ses plus hauts historiques. Coïncidence heureuse.

Ce que Ferrari appelle « performance », les analystes l’appellent « économies d’échelle ». Les deux ont raison : cette transition satisfait simultanément le directeur financier et l’ingénieur châssis.

Les vrais défis techniques : pourquoi l’aluminium n’est pas du cuivre en moins cher

L’aluminium pose des contraintes physiques réelles que les ingénieurs ont mis des années à maîtriser.

Premier problème : la conductivité. L’aluminium ne conduit l’électricité qu’à 60 % de l’efficacité du cuivre. Pour obtenir une performance électrique équivalente, les câbles doivent voir leur section augmenter d’un facteur 1,5 à 1,6. Concrètement, un câble aluminium est plus épais qu’un câble cuivre pour la même puissance transmise.

L’aluminium est 3,3 fois plus léger que le cuivre. Même avec une section augmentée de 50 %, le câble aluminium reste significativement plus léger que son équivalent cuivre, ce qui explique les 20 % de réduction de poids annoncés sur la 296 GTB.

Tesla Model Y vue de face
@Tesla : Model Y vue de face

Pour un véhicule électrique, chaque kilogramme économisé se traduit directement en autonomie WLTP supplémentaire. L’argument de performance n’est donc pas un habillage marketing : il est physiquement fondé.

Les défis ne s’arrêtent pas là. L’aluminium est plus fragile que le cuivre aux vibrations et aux connexions. Les points de jonction nécessitent des traitements spécifiques pour éviter la corrosion galvanique. C’est pourquoi la substitution ne concerne pas l’intégralité du câblage : 25 à 30 % des composants aujourd’hui en cuivre seraient substituables d’ici 2030, selon les analystes du cabinet Zhuochuang.

JPMorgan chiffre l’impact global : l’aluminium remplace déjà l’équivalent de 2 % de la demande mondiale de cuivre en 2026. La banque projette 6 % d’ici 2030. Ce n’est pas une disruption totale du marché du cuivre. C’est une pression structurelle, progressive et durable.

Conclusion : quand la physique économique rattrape le marketing

La transition du cuivre à l’aluminium est une réaction rationnelle à des prix structurellement élevés, rendue possible par des décennies d’optimisation technique chez les câbliers et les constructeurs.

Ce que Ferrari appelle « performance » et ce que les analystes appellent « économies d’échelle » sont deux facettes du même phénomène : choisir le matériau qui offre le meilleur rapport coût-bénéfice. Quand ce rapport change aussi brutalement qu’entre 2023 et 2026, même Maranello s’adapte.

Votre prochaine voiture sera-t-elle plus légère et moins chère à fabriquer grâce à ce changement, ou le gain restera-t-il dans les marges des constructeurs ?

Auteur

Jacqueline

Passionnée par l'automobile et les innovations technologiques, je décrypte l'actualité des voitures, avec une expertise particulière dans les véhicules électriques. Grâce à une veille constante et une connaissance approfondie du secteur, je partage des analyses, des comparatifs et des informations clés pour aider mes lectrices et lecteurs à mieux comprendre les tendances et les évolutions du monde automobile

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