Smart #2 : le retour de la petite deux places 100% électrique
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Après cinq ans de gamme exclusivement SUV et plus de deux ans sans Fortwo, Smart renoue avec son ADN ultra-compact avec le Concept #2. Les spécifications corrigent les deux faiblesses historiques de la Fortwo : autonomie insuffisante et prix trop élevé. Mais la production chinoise du modèle change la donne pour les aides à l’achat en France.

Smart #2 : les dimensions et l’agilité urbaine de la Fortwo, enfin modernisées
Moins de 3 mètres de long. 1,90 m de large. Sur le papier, le Concept #2 renoue avec les proportions qui ont fait la légende de la Fortwo. Mais derrière ces chiffres familiers, Smart a tout repensé.
La plateforme ECA (Electric Compact Architecture) est entièrement nouvelle. Son empattement est modulable de 1,875 à 2,5 mètres, ce qui ouvre la voie à plusieurs déclinaisons futures. Le rayon de braquage, lui, reste identique à l’ancienne Fortwo : 6,95 mètres. En ville, ça change tout. Ce chiffre préserve l’argument numéro un de la marque depuis 1998 : se faufiler là où les autres ne passent pas.
Le designer français de l’intérieur, Till Varailhon de la Filolie, résume la philosophie du projet : « On avait comme philosophie la réduction, pour avoir des éléments iconiques qui rassemblent les caractéristiques désirées, et l’espace, ou comment faire d’une voiture petite de l’extérieur avec le maximum d’espace à l’intérieur. »
La dernière Smart EQ Fortwo a quitté l’usine d’Hambach, en Moselle, le 28 mars 2024. C’était la fin de 26 ans de production et de plus de 2 millions d’exemplaires vendus. Le segment ultra-compact deux places a donc été vacant pendant plus de deux ans. La #2 ne comble pas un vide imaginaire.
Les vraies révolutions sont sous la carrosserie : batterie, autonomie et temps de charge. Découvrez notre article sur Smart #2 : le grand retour de la mythique citadine biplace qui change tout.
Batterie et autonomie : Smart corrige enfin les lacunes de la Fortwo électrique
C’était le talon d’Achille de la Fortwo électrique : 135 km d’autonomie seulement selon le cycle WLTP officiel. Insuffisant pour convaincre au-delà des urbains les plus convaincus. La Smart #2 vise 300 km selon le cycle WLTP, avec une batterie de 35,7 kWh. C’est plus du double.
La charge rapide DC passe de 10 à 80 % en moins de 20 minutes. Sur ce point, la marque s’aligne enfin sur les standards contemporains du marché.

La fonction V2L (vehicle-to-load) est intégrée. Elle permet d’alimenter des appareils externes depuis la batterie du véhicule. Sur un segment aussi urbain, c’est un argument pratique réel.
La cellule Tridion fait son retour dans une version nouvelle génération, conçue pour répondre aux normes de crash-tests actuelles. La sécurité passive était une autre critique récurrente adressée à l’ancienne génération.
Ces améliorations techniques s’accompagnent d’un prix revu à la baisse, mais la production chinoise introduit une contrainte concrète pour les acheteurs français.
Prix et aides : 20 000 euros, mais attention à la production chinoise
Smart annonce un prix de départ visé à 20 000 euros pour le modèle de série, un objectif, pas encore un tarif définitif. L’ancienne Fortwo électrique s’affichait à 28 000 euros en fin de carrière. L’écart de 8 000 euros est significatif sur ce segment.
Mais ce prix attractif a une contrepartie directe. Smart est une coentreprise 50/50 entre Mercedes-Benz (design) et Geely (ingénierie), opérationnelle depuis 2020. La production est prévue en Chine. Ce choix industriel prive le modèle des aides à l’achat renforcées en France, qui excluent désormais les véhicules fabriqués hors d’Europe selon les critères du bonus écologique révisé.

Concrètement : un acheteur français ne pourra pas bénéficier du bonus majoré sur ce modèle. Le prix catalogue de 20 000 euros restera donc le prix de référence, sans accès au bonus majoré réservé aux véhicules produits en Europe. C’est un point à intégrer dans tout calcul d’achat.
Le calendrier est précis. La révélation officielle du modèle de série est prévue au Mondial de l’Auto de Paris en octobre 2026. Le lancement commercial est attendu pour 2027. Le design extérieur avait déjà été présenté au Salon de Pékin, avant que l’habitacle soit dévoilé à Rome.
La marque est présente sur 17 marchés européens. L’ambition commerciale est réelle. La question est de savoir si un prix à 20 000 euros sans aide suffira à convaincre les acheteurs français habitués à raisonner en coût net. Retrouvez aussi notre article sur Smart dévoile sa première berline électrique EREV : autonomie record de 1 810 km et recharge en 15 minutes.
Conclusion
Smart revient sur le segment ultra-compact avec une proposition crédible : deux fois plus d’autonomie, 8 000 euros moins cher, et la même agilité urbaine que la Fortwo. Les lacunes techniques de l’ancienne génération sont corrigées sur tous les fronts. La production chinoise et l’absence d’aides gouvernementales en France constituent un frein réel, sur un segment où chaque millier d’euros compte dans la décision d’achat.
À 20 000 euros sans bonus, la Smart #2 est-elle encore compétitive face à une Citroën ë-C3 ou une Renault 5 éligibles aux aides ?
