News

800 km de Grenoble-Caen en Renault 5 électrique : il prouve que la citadine peut voyager loin

Par GillesMis à jour le 30 juin 2026
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
Partager :FacebookXWhatsApp

Fin août 2025, Jérémy a quitté Grenoble au volant de sa Renault 5 E-Tech pour rejoindre les plages du débarquement en Normandie, un trajet de 800 km que les tests journalistiques jugent peu adapté à cette citadine électrique. 

Si vous hésitez à passer à l’électrique par peur de l’autonomie sur autoroute, ce témoignage remet en question vos préjugés  sans vous promettre un miracle. Découvrez comment il a réussi ce voyage, quelles contraintes il a acceptées, et ce que cela révèle vraiment sur la viabilité des petites électriques en longue distance.

800 km en Renault 5 électrique : commentaire Jérémy a réussi l’impossible (ou presque)

Départ un peu avant 8h30 depuis Grenoble. Arrivée à Caen à 20h20. Douze heures en tout, arrêts compris. Ce n’est pas un exploit de pilote de rallye, c’est un trajet de vacances ordinaire  avec une voiture que personne ne vous recommanderait pour ça.

Renault 5 E-Tech de Jérémy vue arrière
Renault 5 E-Tech de Jérémy vue arrière

La Renault 5 E-Tech 52 kWh affiche une consommation mesurée de 23,2 kWh/100 km sur autoroute à 130 km/h (Automobile Propre, Supertest, octobre 2024). Résultat : entre deux recharges, l’autonomie utile plafonne à environ 160 km sur la plage 10-80 % de batterie. C’est précisément pour cette raison que la presse spécialisée déconseille ce modèle pour les longs trajets autoroutiers.

Jérémy le sait. Il a adapté sa stratégie en conséquence.

Il a maintenu une vitesse moyenne de 120 km/h  en dessous des 130 km/h standard  pour grappiller quelques kilomètres d’autonomie supplémentaires. Il a utilisé l’application ABRP (A Better Route Planner) pour planifier ses arrêts. Résultat : 4 recharges sur l’autoroute, une cinquième en périphérie de Caen, avec environ deux heures de conduite entre chaque pause. Ce n’est pas la logique du plein d’essence : c’est une autre façon de découper un trajet.

Le voyage retour, lui, a dépassé les 950 km : Jérémy a fait un détour par le village mémorial d’Oradour-sur-Glane. La Renault 5 a suivi sans broncher.

À lire aussi : « Moins chère que l’Alpine A290 : Peugeot casse déjà le prix de sa E-208 GTI électrique « 

« C’est une voiture super fun à conduire » : le portrait du conducteur qui change les idées reçues

« C’est une voiture super amusante à conduire, avec du répondant quand on a besoin d’accélérer. Avec elle, les virages des routes de montagne passent tout seuls. Je lui trouve même un effet kart. » Voilà ce que dit Jérémy de sa R5 E-Tech  pas d’un SUV électrique à 60 000 €, d’une citadine en LOA décembre depuis 2024.

Renault 5 E-Tech de Jérémy vue de profil
Renault 5 E-Tech de Jérémy vue de profil

Ce plaisir de conduite n’est pas anecdotique : il explique pourquoi Jérémy accepte les contraintes de recharge sans les vivre comme une punition. Quand la voiture est agréable à piloter, les pauses font partie du voyage.

Sur le plan économique, il a rechargé sur le réseau Ionity à 0,35 €/kWh grâce à son abonnement Mobilize Charge Pass Intense , contre 0,59 € au tarif sans abonnement. Sur 800 km, la différence n’est pas négligeable.

Sur un parcours de 414 km entre Cannes et Grenoble via la route Napoléon sinueuse, vallonnée  la consommation relevée est de 14,8 kWh/100 km, avec une seule recharge de 21 minutes à Gap.

Sur route, la R5 E-Tech est dans son élément. Sur autoroute, elle demande de la méthode  Jérémy a prouvé que ça suffit.

La batterie de 52 kWh offre jusqu’à 410 km WLTP en cycle mixte  à relativiser en conditions réelles, mais suffisante pour qui accepte de planifier. « Pour une personne seule comme moi ou un couple, elle est parfaite dans tous les usages », résume-t-il.

Les vraies contraintes : autonomie hivernale et recharge en route, le prix à payer

Jérémy ne vend pas du rêve. Il fait régulièrement le trajet Grenoble-Thonon, soit 200 km. En été, il part avec 90 % de batterie et arrive avec 40 %. Confortable.

En hiver, c’est une autre histoire. Il recharge à 100 % avant le départ et n’a plus que 20 % à l’arrivée. « J’aurais dû prendre les sièges et le volant chauffant pour consommer moins l’hiver, car l’autonomie devient quand même un peu trop juste à cette période. » Le froid pénalise les batteries lithium-ion  c’est une réalité physique que ni Renault ni personne d’autre ne peut effacer d’un coup de marketing.

Sur ce trajet hivernal de 200 km, la marge est donc réduite à 20 %. Pas de quoi paniquer, mais pas de quoi non plus se permettre un détour imprévu.

Le véhicule affiche 17 800 km au compteur en juin 2026, en LOA sur 37 mois depuis décembre 2024  un rythme soutenu qui valide l’usage quotidien. Mais les limites hivernales méritent d’être anticipées avant de signer.

Ce que Jérémy retient malgré tout : il a convaincu ses parents de franchiser le pas. Ils attendent une Renault Twingo E-Tech pour juillet. « Je reste un bon influenceur pour faire passer à l’électrique », dit-il avec une pointe d’humour. Difficile de lui donner un délit.

À lire aussi : « Fini la galère des badges : Electra veut devenir l’Android de la recharge électrique « 

Conclusion

Le voyage de Jérémy ne prouve pas que la Renault 5 E-Tech est la reine de l’autoroute  elle ne l’est pas. Il démontre que les petites électriques couvrent de longues distances si vous acceptez de recharger plus souvent et de rouler un peu moins vite. Le vrai changement est peut-être là : passer d’une logique de vitesse à une logique de trajet.

Et vous, seriez-vous prêt à voyager autrement pour passer à l’électrique ?

Sujets liés :Renault 5 électrique
Auteur

Gilles

Suit l’actualité automobile, les nouveautés constructeurs et les tendances mobilité pour iTransports.

Voir ses articles