Waymo lance ses robotaxis chinois en service payant boostés par la techno Zeekr, un choix audacieux qui pourrait rendre le coût de la voiture autonome abordable
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Waymo ouvre ses robotaxis Zeekr Ojai aux trajets payants, et ce basculement montre surtout comment l’entreprise cherche à réduire le coût industriel de la voiture autonome.
La nouvelle génération de robotaxis de Waymo entre dans une phase plus concrète. Après des essais limités avec des courses gratuites, les vans électriques Ojai construits par Zeekr peuvent désormais transporter des clients payants à San Francisco, Los Angeles et Phoenix.
Le choix du véhicule compte autant que le lancement commercial. Waymo ne se contente pas d’ajouter un nouveau modèle à sa flotte : l’entreprise remplace progressivement la logique de la Jaguar I-Pace modifiée par une base de van électrique pensée pour le transport de passagers autonomes.
Un robotaxi chinois entre dans le service payant de Waymo
Les clients qui réservent une course via le service de Waymo peuvent désormais tomber sur un Ojai ou sur l’une des Jaguar I-Pace déjà présentes dans la flotte. Quand le nombre de vans augmentera, Waymo prévoit de laisser les passagers choisir entre les deux modèles.
L’Ojai repose sur un van électrique Zeekr, marque appartenant au groupe chinois Geely. Sa silhouette de monospace, ses portes coulissantes et son habitacle prévu pour quatre passagers le rendent plus adapté aux groupes et aux familles que la Jaguar I-Pace, plus proche d’un SUV électrique haut de gamme transformé en robotaxi.
Ce détail d’usage a une conséquence directe sur le modèle économique. Un robotaxi qui transporte mieux plusieurs passagers, qui s’ouvre plus facilement et qui a été pensé pour ce service peut améliorer l’exploitation quotidienne, pas seulement l’image technologique.
Le vrai pari porte sur le coût, pas seulement sur la technologie
Les Ojai ne sont pas livrés depuis la Chine comme des robotaxis complets. Zeekr les expédie aux États-Unis sans technologie de véhicule connecté, puis Waymo installe son système de conduite autonome en Arizona.
Cette architecture permet à Waymo de séparer la base automobile de la couche autonome. D’après les éléments rapportés autour du déploiement, le système de sixième génération utilise 13 caméras, 4 lidars et 6 radars. Waymo a aussi retravaillé son logiciel pour améliorer le comportement dans des conditions difficiles, notamment la neige et le brouillard.
Le coût reste le nerf du sujet. Les vans Zeekr sont attendus comme moins chers à acheter et à exploiter que les Jaguar I-Pace, même avec des droits de douane américains plus élevés sur les véhicules fabriqués en Chine. Pour une entreprise qui doit déployer des milliers de voitures, cette différence peut peser lourd.
Le contexte confirme que Waymo ne teste plus seulement une vitrine. TechCrunch indique que le service de l’entreprise opère déjà dans 11 villes américaines. Les Échos rapportent aussi que Waymo a importé depuis 2024 au moins 3 200 voitures chinoises aux États-Unis. Ce volume donne une autre lecture du lancement des Ojai : il s’agit d’une montée en cadence industrielle.
Las Vegas, Denver et San Diego montrent l’étape suivante
Waymo évoque environ 300 Ojai actuellement en service. L’entreprise attend des milliers de véhicules supplémentaires aux États-Unis d’ici la fin 2026, avec une arrivée prévue plus tard cette année à Denver, Las Vegas et San Diego pour certains utilisateurs.
Las Vegas occupe une place particulière dans cette expansion. Le Nevada Department of Transportation a autorisé Waymo à exploiter jusqu’à 1 000 robotaxis commerciaux dans le comté de Clark. Tesla et Uber ont reçu des autorisations comparables dans la région, mais ces plafonds ne disent pas combien de véhicules seront réellement mis sur la route.
La compétition se déplace donc vers l’exécution. Waymo a déjà l’expérience du service, Tesla pousse son propre calendrier, Uber veut rester dans la boucle, et les constructeurs chinois apportent des bases électriques moins coûteuses. L’Ojai cristallise cette bascule : la voiture autonome ne se jouera pas seulement sur le logiciel, mais aussi sur la capacité à produire et exploiter le bon véhicule au bon prix.
Avec le passage aux trajets payants, Waymo met son pari à l’épreuve du quotidien. Si les Zeekr Ojai réduisent vraiment les coûts tout en améliorant l’usage pour les passagers, ils pourraient devenir l’un des leviers les plus importants de l’expansion des robotaxis aux États-Unis.
Source : electrive.com
