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Une ancienne usine Nissan transformée en base chinoise, ce symbole montre comment l’automobile européenne change déjà de mains

Par GillesMis à jour le 27 août 2026
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L’ancienne usine Nissan de Barcelone est devenue base d’assemblage pour Chery résumé le nouveau rapport de force automobile en Europe : les marques chinoises ne se contentent plus d’exportateur, elles prennent pied dans les sites industriels du continent.

Le symbole est fort. Un site lié à un constructeur japonais sert désormais de point d’appui à une offensive chinoise en Europe. Chery, avec Ebro, et assemble des véhicules autour des marques Omoda et Jaecoo.

Ce mouvement dépasse le cas espagnol. Les constructeurs chinois veulent produire localement pour contourner une partie des droits de douane, réduire les coûts logistiques et se rapprocher des acheteurs européens.

Barcelone montre le changement de mains de l’industrie automobile européenne

L’ancienne usine Nissan de Barcelone n’est pas seulement une adresse industrielle réutilisée. Elle raconte un déplacement du centre de gravité. Hier, l’Europe concerne surtout les voitures chinoises comme des modèles importés par bateau. Demain, une partie de ces voitures pourrait sortir d’usines européennes.

Omoda 4 vue arrière
@Omoda : 4 vue arrière

Chery avance déjà avec Ebro sur ce site espagnol, autour d’Omoda et Jaecoo. Pour les conducteurs, le badge reste chinois. Pour l’industrie, la frontière devient moins nette : l’assemblage, l’emploi local et une partie de la chaîne basculante logistique sur le continent.

Jaecoo 5 EV
Jaecoo 5 EV

Cette transformation arrive au moment où l’Union européenne durcit le ton contre les véhicules électriques fabriqués en Chine. Les taxes peuvent ralentir les importations, mais elles poussent aussi les groupes chinois à installer des capacités de production sur place.

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De 90 000 voitures à 1,5 million : la montée en puissance annoncée

Les projections citées par Mobility Global via Automotive News Europe donnent l’ordre de grandeur : environ 90 000 véhicules chinois produits en Europe en 2026, puis 1 million par an en 2030 et 1,5 million en 2035.

Ces volumes restent des projections, pas des objectifs formellement confirmés par chaque constructeur. Mais la trajectoire suffit à changer la lecture du marché. À 1,5 million d’unités, les marques chinoises ne seraient plus seulement des rivales commerciales : elles deviendront des acteurs industriels majeurs en Europe.

BYD prépare déjà une production en Hongrie et étudie une autre implantation. Leapmotor, lié à Stellantis pour sa distribution européenne, doit également s’appuyer sur les capacités industrielles du groupe franco-italien. Geely, SAIC avec MG, Chery et BYD concernent tous l’Europe comme un territoire de production, pas seulement comme un débouché.

BYD Atto 3 Evo vue de face
@BYD : Atto 3 Evo vue de face

Le corpus autour de Nissan ajoute un autre signal. Auto Journal rapporte que le constructeur japonais veut réduire ses plateformes de 13 à 7 d’ici 2035 et abaisser sa complexité de 70 %, avec l’objectif de concevoir plus vite ses futurs modèles. Même les constructeurs historiques adaptent leur rythme à la pression venue de Chine.

Assembler en Europe ne veut pas encore dire fabriquer toute la voiture

Le point décisif se situe dans la valeur réellement produite sur place. Monter une voiture en Europe à partir de pièces importées de Chine n’a pas le même poids industriel qui fabrique localement les batteries, l’électronique, les moteurs électriques ou les composants clés.

L’assemblage crée de l’activité et peut sauver ou réutiliser des sites. La fabrication complète conserve davantage de savoir-faire, d’emplois qualifiés et de valeur ajoutée. C’est là que se jouera la vraie bataille entre les pays européens.

Chery iCar V23 vue intérieure
@Chery : iCar V23 sièges vue intérieure

La Hongrie apparaît déjà offensive pour attirer les investissements asiatiques. L’Espagne profite du dossier Chery/Ebro à Barcelone. La France possède des atouts avec son tissu automobile et sa filière batterie, mais elle devra capter des projets concrets si elle ne veut pas regarder cette recomposition depuis le quai.

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Conclusion

Le cas de l’ancienne usine Nissan résume donc le basculement : l’Europe voulait protéger son marché face aux voitures chinoises, mais elle ouvre aussi une course pour accueillir leurs usines. La question n’est plus seulement de savoir combien de voitures chinoises seront vendues ici. Elle devient plus sensible : qui les fabriquera, où, et avec quelle part de valeur vraiment européenne ?

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Gilles

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