Un modèle qui se vend peut devenir un problème : le e-3008 subit la pénurie de batteries née de son propre succès
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Le Peugeot e-3008 se vend bien, trop bien pour suivre : la pénurie de batteries de 97 kWh contraint Stellantis à arrêter plusieurs lignes françaises en octobre.
Les Peugeot e-3008, e-5008 et Citroën ë-C5 Aircross ne souffrent pas d’un manque de clients. Leurs versions Grande autonomie concentrent même l’essentiel de la demande, et comprennent celle des flottes professionnelles.
Le blocage se situe en amont, chez le fabricant de cellules Automotive Cells Company (ACC). Implantée à Douvrin, l’entreprise n’arrive pas à produire assez d’accumulateurs de 97 kWh. Plusieurs usines françaises marquent un temps d’arrêt en octobre : Mulhouse du 15 au 30, Rennes du 22 au 30, Sochaux du 23 au 30.
Une pénurie de batteries, pas une crise de la demande
Sochaux assemble les Peugeot e-3008 et e-5008. Rennes produit le Citroën ë-C5 Aircross. Les deux sites ne manquent pas de commandes, mais leur version Grande autonomie repose sur la batterie de 97 kWh fournie par ACC.

Malgré sa gigafactory du Pas-de-Calais, l’équipementier ne convient pas à la cadence. Les lignes se retrouvent à court d’accumulateurs de grande capacité. À Mulhouse, la logique est différente : le site assemble les Peugeot 308 et 408 électriques, des modèles qui arrivent en fin de vie et se vendent moins bien. La pénurie de batteries ne raconte donc qu’une partie de l’histoire.
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Un arbitrage assumé : la Grande autonomie d’abord
Plutôt que de fournir en produisant davantage de SUV équipé de la batterie d’entrée de gamme de 73 kWh, la direction a choisi de mettre en pause. Le but : ne pas accumuler un stock de versions moins demandées, quitte à allonger les délais de livraison sur la Grande autonomie.

L’arbitrage est industriel, mais il a un coût humain. Dans un communiqué, la CGT le résume sans détour : « Pour les embauchés, cela représente des centaines d’euros qui peuvent manquer. Pour les intérimaires, c’est encore pire. »
Le printemps dernier, Sochaux avait déjà connu un arrêt forcé pour la même raison. Le phénomène dépasse aussi les frontières : à Mirafiori, en Italie, la Fiat 500 hybride et électrique s’arrêtera du 19 au 30 octobre, même si les causes y sont différentes.

D’autres modèles partagent la même batterie
L’accumulateur de 97 kWh équipe d’autres véhicules construits sur la plateforme STLA Medium : l’Opel Grandland Electric, la Lancia Gamma, les DS N°7 et N°8. Aucune interruption n’est annoncée pour eux à ce stade, mais les usines de Melfi, en Italie, et d’Eisenach, en Allemagne, pourraient être concernées si l’approvisionnement restait tendu.

La situation rappelle que le succès d’un modèle électrique se joue également en amont de l’assemblage. Au premier trimestre 2026, Citroën affichait +10 % de ventes dans le monde et +12,3 % en Europe, selon Le Nouvel Automobiliste. Une dynamique qui nourrit la demande de ë-C5 Aircross sans garantir la régularité de la chaîne d’approvisionnement.
Tant qu’ACC ne monte pas en cadence à Douvrin, les modèles les plus demandés restent les premiers à s’arrêter.
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Conclusion
La situation vécue par Stellantis démontre à quel point la souveraineté et la maîtrise de la chaîne de valeur des batteries restent le nerf de la guerre pour les constructeurs européens. Tant qu’ACC ne sera pas en mesure de stabiliser sa cadence industrielle à Douvrin, les véhicules les plus populaires du groupe risquent d’en subir les conséquences logistiques. Selon vous, Stellantis a-t-il fait le bon choix stratégique en mettant en pause ses usines plutôt qu’en poussant la vente des versions à plus petite autonomie ?
