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Pour convaincre un salarié réticent, cette PME lui confie d’abord une Tesla

Par Gilles MarchettiMis à jour le 28 octobre 2026
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Chez S2i Evolution, une agence web alsacienne passée au tout-électrique, convaincre un collaborateur réticent se joue d’abord sur le choix du véhicule : le premier confié à un hésitant est une Tesla.

Fondée en 2006, il y a vingt ans, S2i Evolution est une agence web et e-commerce née à Mulhouse (annuaire des entreprises, data.gouv.fr). Elle emploie 26 personnes entre Brunstatt-Didenheim et Strasbourg et intervient sur cinq départements : Haut-Rhin, Bas-Rhin, Territoire de Belfort, Doubs et Vosges.

Luc Eschbach, co-gérant et directeur administratif et financier, a basculé la flotte de fonction à l’électrique dès 2021. L’essai d’une Skoda Superb hybride rechargeable en 2020 l’a convaincu : 30 000 km par an et un passage à la pompe hebdomadaire malgré la petite batterie. Le parc compte désormais huit véhicules 100 % électriques : deux Audi Q6 e-tron, quatre Tesla Model Y, une Tesla Model 3 et un Skoda Elroq. Pour ceux qui freinaient encore, la méthode est rodée.

Une Tesla pour lever les réticences

« Il y a de la réticence, bien sûr, chez ceux qui n’ont jamais roulé en électrique », admet Luc Eschbach. Un réflexe compréhensible, mais qui s’efface vite.

Chez S2i Evolution, la parade tient en un mot : Tesla. Le premier véhicule électrique confié à un collaborateur réticent est une Tesla. « C’est la garantie d’un réseau de recharge déjà en place, et d’un navigateur au point », confie le co-gérant.

Le pari du constructeur n’est pas né d’hier. La vision du Model 3 remonte à 2006, quand Elon Musk annonçait vouloir développer une électrique abordable pour le marché de masse (Shop4Tesla). Vingt ans plus tard, c’est cette promesse d’accessibilité qui sert d’argument dans les flottes.

Tesla Model 3 vue de face
@Tesla : Model 3 vue de face

Résultat, selon le dirigeant : « Personne ne voudrait revenir en arrière. » Les modèles à grande autonomie et bien équipés font le reste, tout comme un réseau de recharge « sans commune mesure avec ce qu’il était il y a quelques années ».

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Une autonomie pensée pour une journée de travail

Le choix d’un modèle ne se fait pas au hasard. « C’est la batterie qui fait la différence », tranche Luc Eschbach. Pas question de descendre sous les 60, voire 70 kWh de capacité ; les Audi montent à 100 kWh bruts, soit 94,9 kWh utiles.

L’objectif est simple : qu’un collaborateur boucle sa journée sans recharger. Avec des clients répartis sur cinq départements, les trajets s’allongent vite. « Nos salariés ne doivent pas perdre de temps à attendre devant une borne entre deux rendez-vous », insiste-t-il.

La recharge s’organise d’abord au bureau. Le parking compte cinq points de charge : trois bornes de 22 kW et deux de 7,4 kW. Les modèles acceptent au mieux 11 kW en courant alternatif, de quoi remplir les batteries pendant la journée. Certains collaborateurs rechargent aussi à domicile, l’entreprise ayant financé l’installation de bornes chez des salariés.

Dernière règle de sélection : aucune marque chinoise. « Dans la mesure du possible, nous voulons des véhicules produits en Europe : des Tesla de Berlin, des Skoda, des Audi », énumère Luc Eschbach.

Des économies de 1 500 à 2 000 € par mois

Pas de discours militant : la motivation est d’abord financière. Luc Eschbach estime l’économie entre 1 500 et 2 000 euros par mois à l’échelle de la flotte, un montant qui grimpe avec le prix du carburant. « Le banquier vous le rappelle à la fin du mois », résume-t-il.

Les véhicules électriques échappent aux malus et taxes qui frappent les thermiques d’entreprise et bénéficient d’un plafond d’amortissement plus élevé. Les huit voitures sont financées par prêt bancaire ou en location longue durée, négociées en direct avec les concessions locales, sauf pour Tesla.

Tesla Model S
@Tesla : Model S

À chaque fin de contrat, la négociation repart avec les concessions à proximité. Sur le haut de gamme, l’Audi Q6 e-tron a battu les Tesla Model S et Model X, dont la production s’est arrêtée cette année : « À valeur d’achat identique, le loyer du Q6 était inférieur, pour un véhicule nettement mieux doté. » En entrée de gamme, Tesla garde l’avantage, avec un Model Y autour de 500 euros par mois.

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Conclusion

À un dirigeant qui hésite, le DAF répond : « Faites vos comptes ». Il met en avant la stabilité des prix. « L’électricité est produite chez nous. Son prix augmente, comme beaucoup de choses, mais il ne connaît pas les envolées des énergies fossiles. » De quoi figer un poste de dépense longtemps imprévisible.

La trajectoire de cette PME résume le passage à l’électrique des entreprises : un hybride rechargeable décevant, un premier SUV électrique, puis des Tesla pour rassurer les plus hésitants avant de diversifier l’offre. La voiture de fonction électrique s’est transformée en ligne de budget pilotée au plus près.

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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