À Pebble Beach, Mansory choisit deux Bugatti pour montrer jusqu’où l’hypercar peut encore aller trop loin
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
À Pebble Beach, Mansory n’a pas simplement exposé deux Bugatti modifiées : le préparateur allemand a choisi deux bases déjà mythiques pour pousser l’hypercar dans sa zone la plus spectaculaire, celle où le luxe devient presque une provocation.
La scène est bien choisie. Pebble Beach, au cœur de la Monterey Car Week, n’est pas un salon comme les autres. C’est l’endroit où les collectionneurs, les constructeurs et les préparateurs viennent tester la limite entre l’automobile d’exception, l’œuvre roulante et l’objet de statut.

Mansory y a présenté deux créations uniques sur base Bugatti : la Vincerò, issue de la W16 Mistral, et la Vivere, construite autour de la Chiron. Deux noms, deux silhouettes, mais une même idée : montrer jusqu’où peut aller une personnalisation quand la voiture de départ est déjà hors norme.
Deux Bugatti uniques pour un message très Mansory
Le choix des bases n’a rien d’anodin. La Bugatti W16 Mistral est l’un des modèles les plus symboliques de la fin de l’ère W16 chez Bugatti. Dans le corpus disponible, elle est même associée à l’idée de dernière représentante d’une lignée mécanique commencée avec la Veyron et prolongée avec la Chiron.
En partant de cette auto, Mansory ne travaille donc pas seulement sur un roadster très cher. Le préparateur touche à une forme de monument mécanique. La Vincerò reprend cette base et y ajoute la grammaire maison : carbone apparent, traitement visuel agressif, jantes forgées, éléments aérodynamiques revus et habitacle largement retravaillé.
La seconde voiture, la Mansory Vivere, repose sur la Bugatti Chiron. Là encore, le point de départ est déjà extrême. La Chiron n’a jamais eu besoin d’un kit carrosserie pour impressionner. Mansory choisit pourtant d’en faire une pièce encore plus démonstrative, avec une livrée marron et or, des panneaux en carbone et une sellerie spécifique.
Ce n’est pas un simple exercice de catalogue. Les deux modèles sont présentés comme des one-off, donc comme des pièces uniques. Ce détail change la lecture : Mansory ne vend pas seulement une modification, mais une possibilité. Celle de transformer une hypercar déjà rare en objet impossible à croiser ailleurs.
Quand l’hyper-luxe devient une démonstration de pouvoir
Mansory s’est construit une réputation très particulière dans l’automobile de luxe. Depuis sa création à Munich en 1989 par Kourosh Mansory, la marque a travaillé sur Rolls-Royce, Bentley, Aston Martin, Lamborghini ou encore Bugatti. Son style divise souvent, mais il est immédiatement reconnaissable.
À Pebble Beach, ce positionnement prend tout son sens. Les voitures ne sont pas seulement jugées sur leur efficacité ou leur élégance classique. Elles sont regardées comme des déclarations. La fibre de carbone teintée, les jantes massives, les couleurs contrastées et les intérieurs recouverts de cuir spécifique servent à dire quelque chose du propriétaire autant que de la voiture.

Cas concret : pour un visiteur de Pebble Beach, une Bugatti Chiron d’origine peut déjà sembler irréelle. Mais dans une pelouse remplie de voitures millionnaires, l’effet de rareté s’émousse vite. Une Chiron transformée en Vivere par Mansory reprend alors l’avantage visuel. Elle attire le regard parce qu’elle ne cherche pas la discrétion. Elle assume au contraire l’excès comme une fonction.
C’est précisément là que le sujet devient intéressant pour l’automobile moderne. Dans une partie du marché ultra-luxe, la performance pure ne suffit plus. Les puissances annoncées autour de 1 479 ch pour la Chiron et 1 578 ch pour la W16 Mistral placent déjà ces modèles dans une autre dimension. Le nouveau terrain de jeu se déplace vers l’identité, la personnalisation et la capacité à posséder quelque chose que personne d’autre ne peut commander à l’identique.
Beaucoup de style, mais encore peu de données techniques
Sur le plan mécanique, Mansory ne donne pas encore tous les détails. La source disponible évoque la possibilité d’un supplément de puissance, mais sans chiffre communiqué. Il faut donc éviter de transformer ces deux voitures en préparations moteur confirmées tant qu’aucune fiche officielle précise n’est disponible.
Ce que l’on sait tient surtout dans le traitement esthétique et artisanal. La Vincerò reçoit de nombreux éléments de carrosserie en fibre de carbone apparente teintée, un package aérodynamique revu et des jantes forgées. L’habitacle combine cuir, carbone et inserts décoratifs spécifiques, avec un travail présenté comme réalisé à la main dans les ateliers du préparateur.

La Vivere suit la même logique, mais avec sa propre personnalité. Sa carrosserie marron et or donne un ton plus théâtral, tandis que l’intérieur reçoit lui aussi cuir spécifique, carbone et broderies Mansory. Aucun tarif final n’est annoncé. La source rappelle seulement que les bases Bugatti dépassent déjà le million de dollars, ce qui place ces projets dans une zone où le prix devient presque secondaire face à l’exclusivité.
Ces deux Bugatti ne cherchent donc pas à convaincre tout le monde. C’est même l’inverse : elles existent pour polariser. Pour certains passionnés, Mansory va trop loin et dénature des modèles déjà aboutis. Pour d’autres, le préparateur fait exactement ce qu’on attend de lui : transformer une hypercar en pièce unique, visible, excessive et impossible à confondre avec une voiture sortie d’usine.
À Pebble Beach, cette frontière entre chef-d’œuvre personnalisé et provocation roulante fait partie du spectacle. Et avec ces deux Bugatti, Mansory rappelle qu’au sommet du marché automobile, la question n’est plus seulement de savoir quelle voiture va le plus vite. C’est aussi de savoir jusqu’où un propriétaire est prêt à aller pour que personne ne puisse avoir la même.
