BMW contre Bruxelles : la marque allemande défie l’agenda vert européen et veut repousser l’arrêt des thermiques à 2050

BMW - BMW iX3 - Vue latérale

BMW remet en question l’agenda européen sur l’électrification à l’approche du salon de Munich.

BMW s’oppose à l’échéance de 2035 pour l’interdiction du thermique

Le constructeur allemand BMW propose de reporter à 2050 l’interdiction des ventes de voitures neuves à moteur thermique dans l’Union européenne, contre 2035 comme prévu actuellement. Cette déclaration a été faite par Walter Mertel, directeur financier du groupe, à quelques jours du salon de l’automobile de Munich.

Pour BMW, une transition plus progressive est nécessaire afin de prendre en compte l’impact carbone global des véhicules, incluant la fabrication des batteries, souvent produites en Asie.

Une vision plus globale de l’empreinte carbone

Plutôt que de se limiter à une rupture technologique brutale, BMW appelle à considérer l’ensemble des émissions liées à la production et à l’usage des véhicules. L’électrique seul ne suffirait pas selon le constructeur, qui plaide pour des objectifs de CO₂ plus souples et durables.

“Il faut viser une réduction continue des émissions, pas une échéance figée”, insiste Mertel.

Cette prise de position relance le débat entre objectifs climatiques ambitieux et contraintes industrielles croissantes.

Un discours critiqué par les experts

Si certains industriels soutiennent ce report, des experts comme Stefan Bratzel s’inquiètent d’un signal négatif envoyé au public. Selon lui, revenir sur les objectifs affaiblirait la dynamique de la mobilité électrique, déjà fragilisée par des ventes en baisse.

“Changer de cap maintenant pourrait nuire à la crédibilité des politiques climatiques.”

La transition vers l’électrique reste poussive en Europe, malgré les investissements et le soutien institutionnel.

L’Europe face à une révolution automobile sous pression

La Commission européenne, déjà contrainte d’assouplir certains objectifs intermédiaires en mars dernier, subit la pression croissante des grands constructeurs. Mercedes-Benz a récemment qualifié la date de 2035 d’ »inatteignable », dans une lettre transmise à Bruxelles.

BMW s’aligne ainsi sur une tendance plus large dans l’industrie, qui cherche à gagner du temps pour s’adapter aux défis économiques, technologiques et géopolitiques.

Un nouveau facteur : la dépendance asiatique sur les batteries

Le débat autour de la date butoir pour les véhicules thermiques cache un enjeu stratégique majeur : l’autonomie de l’Europe en matière de batteries. En grande majorité importées de Chine, ces composants clés pèsent lourd dans le bilan carbone des véhicules électriques.

Cette dépendance pourrait freiner la compétitivité européenne à moyen terme.

Réduire cette dépendance est devenu un objectif central pour plusieurs gouvernements et groupes industriels du continent.

Et vous, que pensez-vous de cette proposition de BMW ? Faut-il repousser la date à 2050 ou tenir le cap fixé pour 2035 ? Votre avis nous intéresse : commentez l’article et partagez vos arguments.

Max