Cette nouvelle Smart électrique semble conçue pour trois personnes, pourtant ce sera interdit
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
La Smart #2 affiche une banquette avant continue qui semble physiquement accueillir trois passagers, mais son homologation officielle en catégorie M1 deux places rend illégal tout transport d’un troisième occupant, avec à la clé une amende de 135 € et un retrait de 3 points.
Smart revient aux sources avec la #2, une citadine électrique biplace qui sera présentée au Mondial de Paris en octobre 2026. Pour les acheteurs potentiels, une question pratique se pose : pourquoi une banquette qui semble accueillir trois personnes si seules deux sont légalement autorisées ? Voici le paradoxe design/réglementation, et surtout les conséquences juridiques et assurantielles concrètes.

Une banquette continue qui trompe l’œil : le design paradoxal de la Smart #2
La Smart #2 mesure 2,79 mètres de long, minuscule. Et pourtant, à l’intérieur, la banquette avant s’étire d’un bord à l’autre de l’habitacle, sans tunnel central ni obstacle fixe entre conducteur et passager.
Le détail qui crée toute l’ambiguïté : le rangement central est intégré directement dans l’assise. Refermé, il disparaît visuellement et donne l’apparence d’une banquette intégrale. Les commandes de lève-vitres, elles, sont placées au centre de cette même banquette, là où un troisième passager poserait les genoux.
Résultat : au premier coup d’œil, l’intérieur de la Smart #2 ressemble à celui d’une voiture trois places. Ce n’en est pas une.
Smart le confirme officiellement : la #2 « restera un modèle deux places ultra-compact et pensé pour la mobilité urbaine ». Ce que vous voyez et ce que vous pouvez légalement faire sont deux choses différentes.
Pourquoi créer cette illusion si elle ne mène nulle part légalement ? La réponse tient à la stratégie de la marque — et à ce qu’elle a explicitement refusé de faire.
Pourquoi Smart refuse la triplace : sécurité et homologation M1
Smart aurait pu contourner le problème via le quadricycle motorisé lourd (catégorie L7), qui permet d’embarquer jusqu’à quatre personnes sans permis B classique, la voie choisie par certains concurrents sur le segment des micro-voitures.
Smart a explicitement refusé cette option. Tilo Schweers, VP Smart Europe R&D, est direct sur le sujet : opter pour le L7 « signifierait réduire la sécurité, réduire la vitesse, faire des compromis ». La Smart #2 sera homologuée en catégorie M1, voiture particulière à part entière, avec tout ce que cela implique en matière de normes de crash-test et de performances.

Ce choix n’est pas anodin dans le contexte actuel de la marque. Depuis le rachat de Smart par la coentreprise Mercedes-Benz/Geely en 2020, la marque n’avait lancé que des SUV fabriqués en Chine, le #1, le #3, le #5 Brabus, qui peinent à convaincre en Europe. En France, Smart n’aurait immatriculé que 929 voitures neuves en 2025, un chiffre qui illustre l’échec commercial des SUV #1, #3 et #5 sur le marché français, pour une marque qui vendait des dizaines de milliers de Fortwo par an.
La #2 est un pari stratégique : revenir à l’ADN biplace qui a fait la réputation de la marque depuis 1998, sans élargir artificiellement la capacité d’accueil au détriment de la sécurité. La banquette continue est un choix de confort et d’esthétique, pas une promesse de place supplémentaire.
Les vraies conséquences : amende, retrait de points et absence d’assurance
Voilà où ça devient sérieux. Parce que la banquette de la Smart #2 ressemble à une trois places, la tentation sera réelle de faire monter un ami au milieu. Mauvaise idée, et pas seulement pour des raisons de confort.
En droit français, le nombre de places autorisées est inscrit au champ S1 de la carte grise. Transporter un passager supplémentaire constitue une infraction (art. R412-1-1 du Code de la route) : 135 € et retrait de 3 points pour le conducteur, 135 € pour le passager surnuméraire.
Mais le risque le plus grave est assurantiel. En cas d’accident, les passagers surnuméraires ne bénéficient d’aucune protection ni garantie de la compagnie d’assurance. Zéro couverture. Si votre ami assis au milieu de la banquette est blessé, il est seul face aux conséquences.

La Smart #2 vise 300 km d’autonomie WLTP (batterie 35,7 kWh), plus du double de l’ancienne Fortwo EQ et ses 135 km, avec une charge DC de 10 à 80 % en moins de 20 minutes. Pour une citadine de 2,79 mètres, c’est une progression notable. Mais ces performances ne changent rien à la règle : deux places, c’est deux places.
La Smart #2 illustre un paradoxe concret : un design qui suggère une capacité que la réglementation interdit. Ce n’est pas un bug, c’est un choix assumé. Smart a préféré la banquette continue pour le confort et l’esthétique, en sachant pertinemment que personne ne pourrait légalement s’y asseoir à trois.
Ce choix reflète la priorité de Smart : revenir à ses racines de citadine compacte et sûre, plutôt que de chercher des contournements réglementaires qui auraient dégradé la sécurité du véhicule. La marque joue la carte de l’honnêteté technique, même si le résultat visuel prête à confusion.
Si vous envisagez d’acheter une Smart #2, la limitation deux places est-elle un frein réel, ou la banquette continue compense-t-elle suffisamment pour un usage urbain quotidien ?
