Cette supercar néerlandaise limitée à 25 exemplaires ne veut pas battre des records, elle veut surtout redevenir impossible à confondre
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Avec seulement 25 exemplaires prévus, la Spyker C8 Preliator XXV Coupe ne cherche pas à écraser les chronos : elle tente surtout de rappeler qu’une supercar peut encore avoir une vraie personnalité.
Le retour de Spyker a quelque chose d’assez rare dans le monde des supercars modernes. La marque néerlandaise ne revient pas avec une fiche technique pensée pour battre toutes les autres, ni avec une promesse électrique futuriste. Elle revient avec une voiture très basse, très travaillée, franchement excentrique, et presque volontairement à contre-courant.
Présentée pendant la Monterey Car Week, la C8 Preliator XXV Coupe reprend ce qui faisait déjà la singularité de Spyker : une obsession du détail, un style inspiré de l’aéronautique, une mécanique noble et une ambiance qui ne ressemble pas vraiment à celle d’une Ferrari, d’une Lamborghini ou d’une McLaren.

Le message est clair : cette voiture ne veut pas être la plus rapide du monde. Elle veut être celle que l’on reconnaît immédiatement, même au milieu d’un rassemblement saturé de carbone, d’ailerons et de séries limitées.
Une supercar artisanale qui assume son étrangeté
Spyker n’a jamais été une marque raisonnable. Le constructeur néerlandais, dont l’histoire remonte aux années 1900, s’est fait connaître à l’époque moderne avec des modèles C8 au style spectaculaire. Des autos basses, précieuses, pleines de détails métalliques, avec un habitacle presque théâtral.
La nouvelle C8 Preliator XXV Coupe reste dans cette lignée. Son dessin rappelle fortement la C8 Preliator dévoilée en 2016, elle-même proche du concept B6 Venator Spyder présenté quelques années plus tôt. On n’est donc pas face à une rupture totale, mais plutôt à une relance très fidèle à l’ADN de la marque.
C’est justement ce qui rend l’auto-intéressante. Là où beaucoup de supercars récentes cherchent à paraître plus agressives, plus numériques, plus aérodynamiques, la Spyker garde une allure presque artisanale. Les détails en finition or rose divisent déjà, mais ils racontent aussi quelque chose : cette voiture préfère prendre le risque du goût discutable plutôt que celui de l’anonymat. Retrouvez notre article sur l’Audi Q6 e-tron poussée à 200 km/h révèle le vrai prix de la vitesse en électrique.
Dans une catégorie où les performances deviennent parfois interchangeables, ce choix compte. Une supercar à deux millions d’euros ne se vend pas seulement avec des chiffres. Elle se vend aussi avec une présence, une histoire et un sentiment de rareté immédiate.
800 ch, boîte manuelle et propulsion : la fiche technique reste sérieuse
La C8 Preliator XXV Coupe n’est pas qu’un objet de salon. Derrière son style très démonstratif, la fiche technique reste solide. La source principale annonce un V8 Audi 4,0 litres biturbo placé à l’arrière, avec 800 ch et 1 000 Nm de couple. Ce moteur serait lié à la famille de blocs utilisée sur plusieurs modèles haut de gamme du groupe Volkswagen, dans une version préparée.
Un point demande toutefois vérification : l’écart peut venir d’une conversion entre chevaux métriques et horsepower, ou d’une différence de communication selon les marchés. Sans fiche officielle Spyker sous les yeux, il faut rester prudent.

La transmission, elle, fait partie des vrais marqueurs de cette voiture. Spyker conserve une boîte manuelle Graziano, avec une commande visible qui participe pleinement au spectacle intérieur. À l’heure où les supercars automatiques dominent largement, ce détail n’est pas anodin. Il parle à une clientèle qui veut encore sentir la mécanique, pas seulement accélérer plus vite que son voisin.
L’auto est annoncée comme une pure propulsion, avec un poids de 1 525 kg, un châssis et une carrosserie en aluminium. Là encore, Spyker ne prétend pas réinventer la performance. Elle assemble plutôt une recette devenue rare : gros moteur thermique, transmission manuelle, roues arrière motrices et production confidentielle.
Cas concret : pour un collectionneur qui possède déjà une Ferrari ou une Lamborghini récente, la Spyker ne sera probablement pas l’achat rationnel. Une autre supercar fera peut-être mieux sur circuit, accélérera plus fort ou offrira une interface plus moderne. Mais dans un garage privé ou à la sortie d’un hôtel de Monterey, la C8 Preliator XXV a un autre avantage : elle oblige à demander ce que c’est.
25 exemplaires pour refaire exister Spyker
La production annoncée sera limitée à 25 exemplaires. C’est peu, même dans le monde des supercars de niche. Le prix approcherait les deux millions d’euros, ce qui place cette C8 Preliator XXV Coupe dans un univers très particulier, aux côtés de constructeurs comme Pagani, Koenigsegg, Gordon Murray Automotive, SSC ou Hennessey.
La comparaison a ses limites. Koenigsegg et Hennessey jouent souvent la carte de la performance extrême. Gordon Murray Automotive mise sur la légèreté et la pureté d’ingénierie. Pagani vend autant une sculpture roulante qu’une machine de vitesse. Spyker, elle, semble vouloir occuper une case encore différente : celle de la supercar artisanale impossible à confondre.

Ce retour arrive après une période très agitée pour la marque. Spyker avait connu une phase d’ambition démesurée, avec une présence en Formule 1 et le rachat de Saab, avant une chute financière au début des années 2010. La C8 Preliator XXV Coupe ne gomme pas cette histoire. Elle tente plutôt de reprendre le fil, avec un nouvel investisseur et une série suffisamment limitée pour rester crédible.
Une version découvrable pourrait suivre, mais ce point reste à confirmer. Pour l’instant, le coupé suffit déjà à remettre Spyker dans la conversation. Pas parce qu’il promet de battre des records, mais parce qu’il rappelle une idée que l’industrie oublie parfois : dans le très haut de gamme, l’identité peut valoir autant que la performance. Retrouvez aussi notre article sur la Ferrari 308 automatic : entre passion et rareté mécanique.
Et c’est peut-être là que cette néerlandaise a sa meilleure carte. Elle ne plaira pas à tout le monde. Son style pourra sembler excessif, ses touches d’or rose trop voyantes, son tarif difficile à justifier sur la seule fiche technique. Mais une Spyker discrète n’aurait aucun sens. Si la marque veut revenir, elle doit redevenir reconnaissable avant tout.
