Le Polestar 4 devient moins radical, et cette version SUV montre pourquoi les constructeurs doivent parfois revenir en arrière
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Le Polestar 4 SUV remet une lunette arrière là où le modèle original avait choisi de s’en passer, et ce détail raconte beaucoup de choses sur les limites du design radical dans l’automobile électrique.
Polestar prépare une variante plus classique de son Polestar 4. Le modèle doit prendre le nom de Polestar 4 SUV et ouvrir ses commandes le 2 septembre, avant une présentation complète attendue d’ici la fin de l’été.
Le point le plus visible n’est pas une puissance record ni une batterie plus grosse. C’est le retour d’une vitre à l’arrière. Sur le Polestar 4 actuel, cette lunette avait disparu au profit d’une rétrovision par caméra. Un choix fort, très Polestar, mais pas forcément simple à vendre à tout le monde.

Une lunette arrière qui change plus que le style
Le Polestar 4 s’était fait remarquer avec une silhouette de SUV-coupé et une poupe fermée. Sur le papier, l’idée avait du sens : renforcer la ligne, optimiser l’aérodynamique et proposer une expérience plus futuriste à bord.
Mais pour un acheteur, surtout sur un véhicule familial haut de gamme, la perception compte autant que la fiche technique. Ne pas voir directement derrière soi peut devenir un frein psychologique, même si une caméra fait le travail au quotidien.
La future version SUV corrige donc ce point avec un profil plus traditionnel. Les premiers éléments évoquent une ligne de toit plus droite, des barres de toit, un grand toit vitré et une silhouette plus proche d’un break surélevé. En clair, Polestar semble vouloir garder son identité, mais rendre le produit moins clivant.
C’est là que le retour en arrière devient intéressant. Il ne s’agit pas forcément d’un aveu d’échec. C’est plutôt une adaptation au marché : un design spectaculaire attire l’attention, mais une architecture plus pratique peut convaincre davantage de clients au moment de signer.
La même base technique, mais une promesse plus familiale
Le Polestar 4 SUV devrait reprendre une gamme proche de celle du modèle actuel. Une version propulsion est annoncée autour de 272 ch, avec une batterie de 100 kWh et jusqu’à 630 km d’autonomie. Cela représenterait même 10 km de plus que le Polestar 4 SUV-coupé selon les données rapportées.
Une version quatre roues motrices est aussi attendue, avec 544 ch. Le 0 à 100 km/h devrait rester sous les 4 secondes, dans l’esprit du Polestar 4 déjà connu. À ce niveau, le SUV viserait clairement les électriques familiales puissantes, avec le Tesla Model Y Performance cité comme concurrent direct.

La recharge resterait basée sur une architecture 400 volts. La puissance maximale attendue est de 200 kW, avec un passage de 10 à 80 % en environ 30 minutes. Ce n’est pas la valeur la plus spectaculaire du marché, mais c’est cohérent pour un usage autoroutier si la courbe de charge suit correctement.
Cas concret : pour une famille qui roule souvent sur autoroute, le vrai arbitrage ne se limite pas aux 544 ch. Il se joue entre visibilité arrière, coffre plus pratique, autonomie annoncée, vitesse de recharge et prix final. Le Polestar 4 SUV peut donc devenir plus rassurant que le coupé, même s’il perd une partie de son originalité.
Un pari commercial face au Tesla Model Y
Polestar n’est pas encore une marque massive en France, mais elle commence à exister. Près de 500 exemplaires auraient été immatriculés depuis le début de l’année, un chiffre honorable pour un constructeur positionné sur des modèles électriques haut de gamme.
Le Polestar 4 SUV arrive donc avec une mission claire : élargir la cible sans attendre le futur SUV compact Polestar 7 prévu pour 2028. Cette variante plus pratique peut parler à des conducteurs qui trouvent le Polestar 4 séduisant, mais trop particulier dans son dessin ou dans son approche de la rétrovision.
Le prix restera toutefois un sujet sensible. La source évoque un tarif de base proche du Polestar 4 actuel, autour de 50 000 €. En face, le Tesla Model Y démarre à 40 990 € et peut bénéficier du bonus écologique, contrairement à un Polestar 4 SUV produit à Busan, en Corée du Sud.

Ce différentiel peut peser lourd. Polestar peut miser sur le design, la puissance et une image plus exclusive, mais le Model Y conserve un avantage prix très concret. Pour s’imposer, le Polestar 4 SUV devra donc prouver qu’il n’est pas seulement une version corrigée : il devra être plus pratique, plus désirable et suffisamment distinct pour justifier son positionnement. Découvrez notre article sur Polestar frappe fort : jusqu’à 13 900 € de remise sur ses voitures électriques en France.
Au fond, cette déclinaison raconte une tendance plus large. Les constructeurs électriques ont parfois voulu casser les codes très vite. Mais le marché, lui, rappelle régulièrement que les conducteurs veulent aussi des repères simples : voir derrière, charger vite, transporter facilement, payer le bon prix. Le Polestar 4 SUV semble naître exactement à cet endroit.
