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Opel prépare son futur électrique avec Leapmotor, mais son usine historique paie encore des décennies de recul

Par Jacqueline NivelleMis à jour le 29 août 2026
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Opel veut accélérer dans l’électrique avec Leapmotor, mais le symbole est rude : son berceau industriel de Rüsselsheim continue de porter les traces d’un recul entamé depuis plusieurs décennies.

Le virage électrique d’Opel ne se joue pas seulement dans les fiches techniques. Il se joue aussi dans les usines, les centres d’ingénierie et les choix de production. C’est là que le dossier devient sensible pour Rüsselsheim, longtemps cœur historique de la marque allemande.

Le constructeur prépare un futur SUV électrique lié à Leapmotor, attendu à l’horizon 2028. Mais ce projet ne devrait pas redonner automatiquement de l’air au site allemand : la production évoquée serait orientée vers Saragosse, en Espagne, pendant que Rüsselsheim doit absorber une nouvelle réduction de voilure.

Opel Corsa
@Stellantis : Opel Corsa

Leapmotor donne à Opel une voie rapide vers l’électrique

Le partenariat avec Leapmotor répond à une pression très concrète. Les constructeurs chinois progressent vite en Europe, avec des voitures électriques souvent bien placées en prix, en autonomie et en équipement. Pour Stellantis, l’enjeu est de ne pas regarder cette offensive de loin.

Dans le cas d’Opel, ce rapprochement doit servir de raccourci technologique. Le futur SUV électrique du segment C attendu en 2028 serait le premier modèle Opel directement lié à cette coopération élargie. L’idée est claire : aller plus vite sur un marché où les cycles de développement classiques deviennent difficiles à tenir face aux marques chinoises.

Ce choix peut avoir du sens industriel. Il permet de compléter une gamme électrique déjà occupée par le Mokka, la Frontera et le Grandland. Il pose aussi une question moins confortable : quelle part de conception restera réellement en Allemagne si la base technique vient de Leapmotor et si la production part vers une autre usine européenne ? Découvrez notre article sur le Leapmotor B05 (2026) : le coup de poignard interne qui menace l’Opel Astra et la Peugeot 308 ?

Rüsselsheim reste le symbole d’un recul bien plus ancien

Rüsselsheim n’est pas un site comme un autre pour Opel. La marque rappelle sur son site officiel que la société a commencé à construire des automobiles en 1899. Cette profondeur historique donne un poids particulier à chaque décision prise autour de l’usine et du centre d’ingénierie.

Le contraste est brutal. Le site aurait compté plus de 42 000 salariés à son sommet. Il en compterait aujourd’hui moins de 7 000. Cette trajectoire ne date pas du seul passage sous Stellantis : elle traverse l’ère General Motors, le rachat par PSA, puis l’intégration dans le groupe franco-italo-américain.

Opel Astra Sports Tourer Electric
@Opel : Astra Sports Tourer Electric

La nouvelle coupe annoncée au centre d’ingénierie renforce cette impression de glissement. Stellantis aurait confirmé en avril la suppression de 650 postes d’ingénieurs sur 1 650 à Rüsselsheim. Le centre, désormais présenté comme un « Tech Center », garderait donc une fonction clé, mais avec un périmètre plus réduit.

Ce point est central pour comprendre l’inquiétude locale. Une usine peut produire moins. Un centre d’ingénierie peut aussi perdre de l’influence si les futurs modèles sont davantage adaptés en Europe que conçus depuis l’Allemagne. Pour Opel, le risque d’image est réel : préparer l’avenir électrique tout en donnant le sentiment que son berceau devient secondaire.

Le paradoxe Opel : des ventes en hausse, mais une base allemande fragilisée

La situation n’est pas celle d’une marque à l’arrêt. Media Stellantis indique qu’Opel a enregistré près de 33 600 immatriculations de voitures particulières au premier trimestre 2026, soit une hausse de 39 % sur un an. Commercialement, le constructeur allemand dispose donc encore d’un vrai levier en Europe.

Rüsselsheim conserve aussi des garanties industrielles. La prochaine génération de l’Astra doit y être produite, tout comme la future DS 4. Le site bénéficierait ainsi d’une visibilité au-delà de 2029, dans le cadre d’un plan d’investissement d’un milliard d’euros en Allemagne.

Opel Astra électrique vue arrière
@Stellantis : Opel Astra électrique vue arrière

Mais cette sécurisation ne suffit pas à effacer le fond du sujet. Le projet Leapmotor raconte l’avenir électrique d’Opel. Rüsselsheim raconte le prix industriel de cette transition. Les deux mouvements avancent en même temps, et c’est précisément ce qui rend le dossier aussi tendu. Retrouvez aussi notre article sur la prochaine Opel Corsa pourrait grandir en 2027, avec une batterie moins coûteuse et une nouvelle plateforme.

Pour Opel, le défi sera donc double : rester compétitif face aux marques chinoises sans vider de sa substance l’héritage industriel allemand qui a longtemps porté son identité. Le futur SUV électrique peut ouvrir une nouvelle phase. Il ne réglera pas, à lui seul, des décennies de recul à Rüsselsheim.

Auteur

Jacqueline Nivelle

Rédactrice à iTransports, Jacqueline suit les lancements et l'actualité des constructeurs automobiles. Elle recoupe les sources officielles avant publication pour livrer une information claire et vérifiée.

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