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Porsche s’allie à XPeng pour sauver son bilan CO2, pendant que le Taycan pourrait déjà préparer sa sortie

Par JacquelineMis à jour le 18 août 2026
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Porsche cherche un appui inattendu chez XPeng pour alléger son bilan CO2 en Europe, au moment même où son symbole électrique, le Taycan, pourrait entrer dans une phase beaucoup moins conquérante.

Le mouvement est discret, mais il dit beaucoup de la période que traverse Porsche. Le constructeur allemand prévoit de faire pool commun avec le chinois XPeng pour ses émissions de CO2 en Europe sur les années 2026 et 2027, d’après un document de la Commission européenne daté du 5 août 2026 et relayé par Automotive News Europe.

Concrètement, Porsche quitterait le pool formé avec sa maison mère Volkswagen pour s’associer à un constructeur qui ne vend que des véhicules électriques en Europe. L’objectif est clair : faire baisser la moyenne réglementaire de ses émissions grâce aux immatriculations zéro émission de XPeng.

Porsche Taycan 2025
@Porsche : Taycan 2025

Le timing est sensible. Les ventes électriques de Porsche ralentissent, ses émissions moyennes remontent, et le Taycan, lancé comme vitrine technologique en 2019, serait désormais menacé d’une fin progressive de production d’ici 2030.

Pourquoi Porsche a besoin de XPeng pour respirer sur le CO2

Le pool CO2 n’est pas une alliance industrielle classique. C’est un mécanisme réglementaire qui permet à plusieurs constructeurs de calculer ensemble leur moyenne d’émissions en Europe. Pour une marque comme Porsche, dont la gamme reste composée de modèles puissants, lourds et souvent très performants, l’intérêt est immédiat.

Au premier semestre 2026, les émissions moyennes de la flotte européenne de Porsche auraient atteint 130,2 g/km, contre 118,5 g/km un an plus tôt, d’après Dataforce. La hausse serait donc de 9,8 %. Dans un marché où les objectifs européens se durcissent, cette remontée pèse vite très lourd.

Porsche Taycan Turbo GT design intérieur
@Porsche : Taycan Turbo GT design intérieur

XPeng apporte l’effet inverse. Le constructeur chinois, positionné sur l’électrique, aurait vendu environ 19 000 véhicules en Europe au premier semestre 2026, soit une progression de 126 % sur un an. Intégrer ces volumes dans un même pool peut faire baisser mécaniquement la moyenne globale.

Pour Porsche, c’est une manière d’acheter du temps sans renoncer immédiatement à ses modèles thermiques et hybrides les plus rentables. Pour XPeng, c’est aussi une façon de valoriser sa montée en Europe face aux constructeurs historiques.

Le cas pratique est simple. Un conducteur qui regarde aujourd’hui un Macan, un Cayenne ou une Panamera ne verra pas forcément cette mécanique réglementaire en concession. Pourtant, elle influence déjà l’équilibre de gamme : plus Porsche vend de modèles fortement émetteurs, plus la marque doit compenser ailleurs, soit par ses propres électriques, soit par un partenaire comme XPeng.

Volkswagen pourrait aussi y gagner

Le départ de Porsche du pool Volkswagen peut aussi soulager le groupe allemand. La marque sportive pèse sur la moyenne avec ses modèles haut de gamme, alors que Volkswagen doit déjà réduire ses émissions pour éviter des pénalités européennes importantes.

En 2025, le groupe Volkswagen aurait affiché une moyenne de 100 g/km, au-dessus de son objectif européen de 93,6 g/km. Son directeur financier Arno Antlitz avait estimé en mai que le groupe risquait jusqu’à 1,5 milliard d’euros de pénalités cumulées sur la période 2025-2027, soit environ 400 à 500 millions d’euros par an.

La règle européenne reste redoutable : en cas de dépassement, l’amende peut atteindre 95 euros par gramme de CO2 excédentaire et par véhicule immatriculé. Même avec l’assouplissement qui permet de calculer la performance sur la moyenne 2025-2027, la marge de manœuvre reste limitée.

Le pool Porsche-XPeng montre donc un changement plus large dans l’industrie. Les constructeurs européens ne se contentent plus de vendre plus d’électriques pour tenir leurs objectifs. Ils organisent aussi leurs alliances réglementaires, parfois avec des marques chinoises qui progressent vite sur le Vieux Continent.

Le contexte concurrentiel va dans le même sens. D’autres groupes ont déjà ajusté leurs pools CO2, avec des mouvements autour de Tesla, Stellantis, Toyota ou Leapmotor. Porsche n’est donc pas un cas isolé, mais son choix frappe davantage parce qu’il concerne une marque premium longtemps portée par sa rentabilité et son image d’ingénierie allemande.

Le Taycan, symbole électrique devenu point faible

Le paradoxe est là : Porsche se rapproche de XPeng pour réduire son bilan CO2, alors que son propre porte-drapeau électrique traverse une période difficile. Le Taycan avait installé Porsche dans l’électrique haut de gamme dès 2019. Quelques années plus tard, sa dynamique commerciale semble nettement moins favorable.

Les ventes auraient atteint près de 41 000 exemplaires en 2023, avant de tomber autour de 16 000 unités en 2025. Au premier semestre 2026, elles seraient descendues à un peu plus de 6 000 véhicules. Pour un modèle censé incarner l’avenir électrique de la marque, la trajectoire est brutale.

D’après le magazine économique allemand WirtschaftsWoche, Porsche envisagerait une fin progressive de la production du Taycan d’ici à 2030. Un accord aurait été trouvé avec le comité d’entreprise, mais il ne serait pas encore formalisé par écrit. Porsche, sollicité par l’AFP, n’a pas confirmé cette information.

Porsche Taycan Turbo GT
@Porsche : Taycan Turbo GT

Cette prudence est importante. Il ne s’agit pas d’un arrêt officiellement annoncé. Plusieurs scénarios auraient été étudiés, dont un transfert de production de Stuttgart vers Leipzig, puis l’hypothèse d’un arrêt plus rapide. La piste retenue serait désormais une extinction progressive, avec un maintien à Stuttgart jusqu’à la fin de la décennie.

Le signal stratégique reste fort. Porsche a déjà ralenti certaines ambitions électriques depuis 2025, en prolongeant la vie de modèles thermiques et hybrides face à une adoption de l’électrique plus lente que prévu en Europe et aux États-Unis.

La vraie lecture, ce n’est donc pas seulement un accord CO2. C’est le portrait d’un constructeur obligé de défendre sa rentabilité, de préserver ses modèles historiques et de composer avec une transition électrique moins linéaire que prévu. Le Taycan devait prouver que Porsche pouvait électrifier la performance sans perdre son identité. Aujourd’hui, c’est peut-être le modèle lui-même qui montre les limites du pari.

En toile de fond, les liens entre Volkswagen et XPeng renforcent cette logique. Volkswagen a pris 5 % du capital de XPeng en 2023 pour accéder à son architecture électronique, à ses logiciels et à ses compétences en intelligence artificielle. Les deux groupes travaillent déjà sur des modèles destinés au marché chinois. Découvrez notre article sur Xpeng lance un modèle capable de récupérer 70 % de batterie en seulement 12 minutes.

Pour Porsche, l’accord CO2 avec XPeng ressemble donc à une solution de conformité, mais aussi à un révélateur. La marque a besoin de crédits électriques pendant que son propre modèle électrique le plus emblématique perd du volume. Dans l’automobile européenne de 2026, même Porsche ne peut plus séparer image, réglementation et rentabilité.

Auteur

Jacqueline

Passionnée par l'automobile et les innovations technologiques, je décrypte l'actualité des voitures, avec une expertise particulière dans les véhicules électriques. Grâce à une veille constante et une connaissance approfondie du secteur, je partage des analyses, des comparatifs et des informations clés pour aider mes lectrices et lecteurs à mieux comprendre les tendances et les évolutions du monde automobile

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