Une Citroën rarissime à 5 600 $ au milieu des supercars millionnaires, Monterey rappelle que la cote automobile n’obéit pas toujours à la rareté
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À Monterey, une Citroën GS Birotor de 1973 aurait été adjugée 5 600 dollars au milieu de ventes à plusieurs dizaines de millions, un écart qui résume parfaitement une règle souvent oubliée : une voiture rare n’est pas toujours une voiture chère.
La Monterey Car Week 2026 avait tout du décor habituel pour collectionneurs très fortunés. Les chiffres relayés par Jalopnik donnent le vertige : 762 millions de dollars de ventes cumulées, un prix moyen annoncé à 887 399 dollars, plus de 140 voitures au-dessus du million et 11 lots au-delà des 10 millions.
Dans ce paysage, la Citroën GS Birotor fait presque figure d’anomalie. Pas parce qu’elle est banale. Au contraire. Elle concentre rareté, histoire technique et exotisme français. Mais son prix marteau, lui, reste celui d’une voiture d’occasion moderne très ordinaire.

Une GS Birotor à 5 600 dollars dans une semaine à 762 millions
La voiture repérée par Jalopnik est une Citroën GS Birotor de 1973, vendue 5 600 dollars lors de Monterey. Elle provient du Mullin Automotive Museum et n’affiche que 1 740 km, soit un peu plus de 1 080 miles.
Le détail le plus important reste sous le capot. La GS Birotor n’est pas une simple GS ancienne : elle utilise un moteur rotatif Wankel, une technologie audacieuse pour Citroën au début des années 1970. Jalopnik rappelle que moins de 900 exemplaires auraient été produits.
Sur le papier, la recette semble parfaite pour faire monter les enchères : faible production, mécanique atypique, provenance muséale, kilométrage très bas. Pourtant, le marteau serait tombé à 5 600 dollars. C’est précisément ce décalage qui rend l’histoire plus intéressante qu’une vente record de plus. Découvrez notre article sur ce buggy de Mad Max est authentique, mais son vrai mystère tient à ce qu’on ne voit presque jamais à l’écran.
Pourquoi une voiture rare peut rester abordable
La rareté ne suffit pas à créer une cote. Une voiture peut être peu produite, techniquement fascinante et historiquement importante sans déclencher une bataille entre acheteurs. Le marché regarde aussi la désirabilité, l’image, la facilité d’usage, le coût d’entretien et la profondeur du public intéressé.
La GS Birotor coche la case de la curiosité, mais elle ne joue pas dans la même catégorie émotionnelle qu’une Ferrari de compétition, une Shelby mythique ou une McLaren F1 GTR. À Monterey 2026, une Shelby Cobra Daytona Coupe de 1964 aurait atteint 42,905 millions de dollars, une Ferrari Luce 2026 Tailor Made caritative 40 millions, et une McLaren F1 GTR de 1996 34,655 millions.

La Citroën raconte une autre histoire. Elle parle d’un constructeur français capable de tenter des solutions techniques ambitieuses, parfois trop ambitieuses pour le marché. D’après Citroën FR, la marque vendait encore 710 000 véhicules dans plus de 90 pays en 2020. Cette dimension populaire contraste fortement avec l’objet très marginal qu’est devenue la GS Birotor.
Monterey montre aussi l’envers du décor des enchères
La Monterey Car Week attire naturellement la lumière sur les records. Les ventes à huit chiffres font les gros titres, les carrosseries uniques occupent les pelouses, et les grands noms de l’automobile ancienne deviennent des actifs de collection mondialisés.
Mais les petits lots racontent parfois mieux le marché. Une Mercedes SL500 de 1998 aurait été vendue 9 350 dollars, une Jaguar XJS V12 Convertible de 1990 7 700 dollars, une Ford Thunderbird Convertible de 2005 6 600 dollars. Ces voitures ne sont pas sans intérêt, mais elles portent avec elles une réalité moins glamour : l’entretien, l’assurance, les pièces, les frais de remise en route.

La GS Birotor pousse cette logique encore plus loin. À 5 600 dollars, elle paraît presque donnée au regard de sa production limitée. Mais le prix d’achat n’est qu’une porte d’entrée. Une mécanique rare, une documentation spécifique et un réseau de spécialistes réduit peuvent vite rappeler que le vrai coût d’une collection ne se limite jamais au chèque signé le jour de la vente. Retrouvez aussi notre article sur cette Citroën de légende cachait un cœur de Maserati sous son capot.
Monterey ne dit donc pas seulement que certaines voitures restent accessibles. Cette vente rappelle surtout que la cote automobile obéit à une alchimie plus dure que la rareté brute : il faut aussi un désir collectif, une image forte et des acheteurs prêts à assumer tout ce qui vient après l’enchère.
