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Une voiture électrique assemblée aux États-Unis peut quand même être bloquée, Polestar vient d’en faire les frais

Par JacquelineMis à jour le 25 août 2026
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Le cas Polestar rappelle une règle brutale pour les voitures électriques modernes : être assemblée aux États-Unis ne suffit plus si Washington estime que le contrôle, les logiciels ou les données restent trop liés à la Chine.

Polestar se retrouve dans une position difficile sur le marché américain. Le constructeur suédois, contrôlé par le groupe chinois Geely Holding Group, conteste une interdiction de vente aux États-Unis visant ses véhicules de l’année-modèle 2027 et suivantes.

Le point le plus sensible tient à la comparaison avec Volvo. Les deux marques partagent le même actionnaire majoritaire chinois, mais Volvo a obtenu une autorisation américaine en mai 2026, quand Polestar a vu ses demandes refusées le mois suivant. Polestar parle désormais de traitement disparate.

Polestar 4 vue de face
@Polestar : 4 vue de face

Le Polestar 3 est américain à l’assemblage, mais pas forcément aux yeux de Washington

L’affaire serait déjà lourde si Polestar importait simplement ses voitures de Chine. Elle l’est encore plus parce que le Polestar 3 est assemblé en Caroline du Sud, dans la même usine que le Volvo EX90.

C’est précisément ce qui rend le dossier explosif. Pour un automobiliste, une voiture produite aux États-Unis peut sembler répondre à une partie des attentes politiques locales. Pour l’administration américaine, la question se déplace ailleurs : qui contrôle l’entreprise, d’où viennent certains systèmes, qui accède aux données et quels liens existent avec des acteurs considérés comme sensibles.

Polestar avait déposé une première demande d’autorisation en mai 2025 auprès du Bureau of Industry and Security, rattaché au département américain du Commerce. Pendant les mois suivants, l’agence a examiné le dossier et posé des questions détaillées au constructeur.

Polestar affirme avoir proposé plusieurs garde-fous : audits, contrôles de cybersécurité et retrait de toute implication liée à la Chine dans la gestion des données. D’après Automotive News, des responsables auraient même indiqué en janvier 2026 que le dossier contenait assez d’éléments pour recommander une approbation.

Volvo obtient le feu vert, Polestar reçoit un refus

La bascule se joue ensuite au printemps. En avril 2026, un responsable du département du Commerce aurait laissé entendre qu’il serait raisonnable pour Polestar d’attendre une approbation si Volvo était autorisé avec la même structure d’actionnariat et des systèmes matériels et logiciels comparables.

Volvo a ensuite reçu son autorisation en mai. Polestar, lui, a été refusé en juin. Ce décalage alimente la critique du constructeur, qui accuse l’administration fédérale américaine de traitement disparate.

Polestar 4 design intérieur
@Polestar : 4 design intérieur

La règle américaine sur les véhicules connectés vise des risques de sécurité nationale. Elle cible notamment la possibilité que des adversaires étrangers collectent des données sensibles ou manipulent à distance certains systèmes via des logiciels et du matériel embarqués.

Le message envoyé au secteur est donc clair : l’usine ne raconte plus toute l’histoire d’une voiture. Dans l’électrique connecté, la chaîne de décision, les logiciels, les données et les liens capitalistiques deviennent aussi importants que le lieu d’assemblage.

Un dossier qui peut peser bien au-delà de Polestar

Polestar assure vouloir continuer à discuter avec les autorités afin de reprendre, à terme, la vente de véhicules neufs aux États-Unis. Le constructeur promet aussi de maintenir l’assistance à ses clients, avec garanties, service et réparations.

Mais la pression monte déjà ailleurs. Un groupe de concessionnaires du New Jersey poursuit Polestar en justice et réclame au moins 25 millions de dollars. Il accuse le constructeur d’avoir préparé son retrait américain environ deux ans plus tôt et d’utiliser l’interdiction comme justification extérieure.

CBT News, en reprenant des éléments attribués au Wall Street Journal, rapporte aussi que près de trois douzaines de concessionnaires américains seraient confrontés à l’incertitude créée par cette décision. Le même média présente Polestar comme le premier constructeur effectivement bloqué du marché américain dans le cadre de cette règle sur les véhicules connectés.

Polestar 3 vue arrière
@Polestar : 3 vue arrière

Le cas Polestar donne donc un avertissement à tous les constructeurs hybrides dans leur identité industrielle : marque européenne, capitaux chinois, logiciels américains, usines réparties sur plusieurs continents. Dans cette nouvelle lecture américaine, une voiture peut sortir d’une usine locale et rester politiquement suspecte. Découvrez notre article sur le Polestar 4 devient moins radical, et cette version SUV montre pourquoi les constructeurs doivent parfois revenir en arrière.

Pour Polestar, l’enjeu immédiat est de comprendre pourquoi Volvo passe là où lui échoue. Pour le marché automobile, la question est plus large : si l’assemblage américain ne suffit plus, chaque constructeur lié de près ou de loin à un groupe chinois devra prouver que sa voiture connectée est aussi maîtrisée dans ses données, son logiciel et sa gouvernance.

Auteur

Jacqueline

Passionnée par l'automobile et les innovations technologiques, je décrypte l'actualité des voitures, avec une expertise particulière dans les véhicules électriques. Grâce à une veille constante et une connaissance approfondie du secteur, je partage des analyses, des comparatifs et des informations clés pour aider mes lectrices et lecteurs à mieux comprendre les tendances et les évolutions du monde automobile

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