Une voiture électrique chinoise réussit le looping que Mercedes avait simulé, et ce détail change toute la démonstration
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Le Voyah Passion S a réussi ce que la Mercedes SLS AMG n’avait montré qu’en images de synthèse : un looping complet dans un tunnel, mais les images brutes racontent une histoire moins parfaite que la vidéo finale.
La scène parle immédiatement aux passionnés d’automobile. En 2010, Mercedes frappait très fort avec une publicité devenue culte : Michael Schumacher semblait défier la gravité au volant d’une SLS AMG, lancée dans un looping à l’intérieur d’un tunnel.
Le film avait marqué les esprits, mais la cascade n’était pas réelle. Seize ans plus tard, Voyah, la marque haut de gamme du groupe chinois Dongfeng, reprend presque le même scénario avec son Passion S électrique. Cette fois, la démonstration est présentée comme authentique. Et c’est précisément là que le détail devient intéressant.
Voyah reprend une publicité culte de Mercedes, mais avec une voiture électrique chinoise
Le principe est simple à comprendre, mais très difficile à exécuter : entrer dans un tunnel, monter sur la paroi, rouler essentiellement au plafond, puis redescendre sur la rampe de sortie sans perdre le contrôle. Mercedes l’avait mis en scène avec la SLS AMG. Voyah affirme l’avoir fait réellement avec le Passion S.

Le choix du modèle n’est pas anodin. Le Passion S est présenté comme un SUV coupé électrique, donc un véhicule bien plus lourd et moins naturellement associé à ce type de cascade qu’une sportive basse et spectaculaire comme la SLS AMG. Même sans chiffre officiel confirmé dans la source principale, l’idée de faire tourner un grand véhicule électrique dans un tunnel donne immédiatement une dimension plus technique au défi.
Voyah assure avoir utilisé une version proche de la série et sans artifice numérique pour valider l’exploit. Sur le papier, le message est clair : les constructeurs chinois ne veulent plus seulement suivre les marques européennes, ils veulent aussi reprendre leurs symboles et les pousser plus loin.
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Le détail qui change tout : le looping n’a pas été aussi propre que dans le film final
Le film promotionnel montre une cascade impressionnante. Mais les coulisses diffusées donnent ensuite une lecture plus nuancée. Une séquence montre d’abord un prototype camouflé notant la manœuvre et chuter violemment lors d’un essai. La réussite finale n’arrive donc pas comme un tour de magie parfaitement maîtrisé du premier coup.

Plus important encore, les images brutes de la tentative réussie ne ressemblent pas totalement à la version polie de la vidéo officielle. Le véhicule semble perdre le contact avec le plafond avant de retomber sur la rampe de sortie. Le choc aurait également laissé des marques visibles sur le bouclier.
Ce point change la démonstration. Si le looping est bien réel, il ne raconte pas exactement la même chose qu’une publicité parfaitement lisse. Il montre une performance physique, risquée, avec de la marge d’erreur, de la casse possible et une vraie violence mécanique. En clair : c’est plus crédible, mais aussi moins parfait.
Voyah aurait ensuite publié des images brutes pour répondre aux doutes. Mais l’écart entre les dommages visibles sur ces images et leur absence apparente dans le film alimente définitivement une autre question : le constructeur at-il simplement nettoyé visuellement la scène en post-production, ou utilisé des plans tournés avec une autre voiture ? À ce stade, la source principale ne permet pas de trancher.
Une preuve de puissance, pas une preuve directe de qualité au quotidien
Ce type de cascade sert d’abord à produire un choc marketing. Elle ne dit pas qu’un SUV électrique est plus confortable, plus fiable ou plus sûr sur route ouverte. Elle montre surtout qu’un constructeur maîtrise assez son véhicule, sa trajectoire et sa communication pour oser une démonstration extrême.
Cas concret : pour un conducteur qui hésite entre plusieurs voitures électriques familiales, ce bouclage ne remplace évidemment pas un essai routier, une mesure d’autonomie ou un test de freinage. En revanche, il peut modifier la perception d’une marque encore peu connue en Europe. Voyah cherche à passer du statut de nom exotique à celui d’acteur capable de rivaliser sur l’image, la technique et le spectacle.
Le contexte compte aussi. Plusieurs constructeurs chinois utilisent désormais les démonstrations fortes pour prouver qu’ils ne sont plus seulement performants sur les prix. BYD l’a fait avec sa branche Yangwang sur le terrain de la performance. Voyah choisit ici un autre registre : reprendre une icône publicitaire européenne et la rendre physiquement tangible.
La réussite est donc réelle, mais elle n’est pas neutre. Elle montre autant la montée en puissance de l’industrie chinoise que les limites du spectacle automobile moderne : une cascade peut être vraie, tout en étant montée, sélectionnée et nettoyée pour raconter une version plus flatteuse de l’événement.
Pourquoi cette cascade peut compter pour l’image des voitures chinoises
Le looping du Voyah Passion S ne changera pas à lui seul le marché européen. Il ne prouve pas non plus qu’un modèle sera fiable, abordable ou adapté aux usages français. Mais il installe une idée simple : les marques chinoises veulent désormais attaquer les constructeurs historiques sur leur terrain émotionnel, pas seulement sur les fiches techniques.
C’est ce qui rend cette vidéo plus intéressante qu’une simple cascade virale. Mercedes avait créé un mythe avec une scène impossible à l’époque sans effets spéciaux. Voyah reprend ce mythe et le transforme en démonstration réelle, même imparfaite. Et cette imperfection, avec les dégâts et la perte de contact apparente, donne paradoxalement plus de poids à l’exploit.
Le vrai message n’est donc pas que la Passion S peut rouler au plafond dans la vraie vie. Le message, c’est que l’automobile chinoise veut désormais produire des images que l’Europe regardait autrefois comme ses propres signatures.
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Conclusion
Le looping du Voyah Passion S ne prouve évidemment pas que ce SUV sera plus confortable ou plus pratique au quotidien sur nos routes. En revanche, il symbolise avec éclat l’audace et la démesure des moyens déployés par l’industrie automobile chinoise pour captiver l’imaginaire collectif. Pensez-vous que ce genre de cascade spectaculaire et réelle puisse concrètement changer votre perception d’une jeune marque chinoise face aux constructeurs historiques européens ?
