1 008 km d’autonomie annoncés, 764 ch et un LiDAR sur le toit : BYD veut prouver que le luxe électrique ne vient plus seulement d’Allemagne
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Avec la Da Han, BYD ne cherche plus seulement à vendre une grande berline électrique : le constructeur chinois veut montrer qu’il peut attaquer Mercedes, BMW et Audi sur leur propre terrain.
La fiche technique annoncée a tout d’une démonstration de force. Jusqu’à 1 008 km d’autonomie selon le cycle chinois CLTC, une version intégrale de 764 ch, un capteur LiDAR posé sur le toit et même une déclinaison hybride rechargeable : la BYD Da Han coche presque toutes les cases du haut de gamme électrique moderne.
Mais cette promesse doit être lue avec prudence. Les chiffres sont exprimés en cycle CLTC, nettement plus favorable que le WLTP utilisé en Europe, et aucune arrivée en France n’est confirmée pour l’instant. Sur le papier, le message reste clair : le luxe automobile électrique ne veut plus être une affaire uniquement allemande.

Une grande berline chinoise pensée pour viser la Classe S
La BYD Da Han, également connue sous le nom de Great Han, serait positionnée au sommet de la gamme Dynasty. Elle ne vient donc pas remplacer une berline familiale classique : elle joue le rôle de porte-étendard, celui que les constructeurs utilisent pour montrer leur niveau technologique.
Ses dimensions vont dans ce sens. La berline est annoncée avec 5,25 m de long, 1,99 m de large et 1,51 m de haut. Son empattement atteindrait 3,13 m, une valeur qui la place dans l’univers des limousines, avec une attention évidente portée à l’espace arrière.

Ce positionnement explique la comparaison avec la Mercedes Classe S. BYD ne se contente pas d’ajouter une grosse batterie dans une berline existante. La marque semble vouloir construire une vitrine complète : gabarit statutaire, forte puissance, conduite assistée avancée et présence technologique visible.
Le détail le plus parlant reste sans doute le LiDAR installé à l’avant du toit. Il n’est pas là pour le style. Il servirait au système DiPilot 5.0, la suite d’aides à la conduite de BYD. Sur une voiture de luxe électrique, ce genre d’équipement devient presque un marqueur de rang, au même titre que la puissance ou le confort intérieur.
1 008 km CLTC, 764 ch : des chiffres impressionnants, mais à relativiser
La version électrique propulsion serait déjà annoncée à 496 ch. Elle embarquerait une batterie LFP Blade de 102,32 kWh, dont le poids serait de 726 kg. C’est cette configuration qui revendique jusqu’à 1 008 km d’autonomie selon le cycle CLTC.
Au-dessus, BYD prévoirait une version à transmission intégrale de 764 ch. L’autonomie annoncée descendrait alors à 880 km, toujours selon le même cycle. La logique est classique : plus de puissance, plus de motricité, mais un rayon d’action théorique en recul.
Pour un lecteur européen, le point central est là. Le CLTC donne souvent des valeurs plus flatteuses que le WLTP. Il ne faut donc pas lire ces 1 008 km comme une promesse d’autonomie réelle sur autoroute française. Le chiffre dit surtout que BYD veut afficher une capacité batterie et une efficience suffisamment fortes pour entrer dans la discussion premium.

Cas concret : un conducteur qui ferait régulièrement Paris-Marseille ne devrait pas raisonner uniquement avec les 1 008 km annoncés. Il lui faudrait connaître l’autonomie WLTP, la consommation à 130 km/h, la puissance de recharge maximale et le temps réel pour passer de 10 à 80 %. Ces données ne sont pas encore disponibles dans les informations rapportées.
La version hybride rechargeable DM-i ajoute une autre piste. Elle associerait un moteur essence 1,5 litre turbo de 145 ch à un moteur électrique de 268 ch, pour 422 ch cumulés. Sa batterie de 54,48 kWh permettrait jusqu’à 470 km en électrique selon les chiffres annoncés. Si cette valeur se confirmait dans des conditions comparables, elle dépasserait très largement les standards actuels des hybrides rechargeables.
Le vrai test sera européen, pas seulement chinois
La Da Han raconte quelque chose de plus large que sa seule fiche technique. BYD ne veut plus être perçu uniquement comme un constructeur rationnel, fort sur les batteries et les modèles électriques abordables. Avec ce type de berline, la marque vise aussi l’image, le prestige et la capacité à concurrencer les références historiques.
C’est un déplacement important. Les constructeurs allemands ont longtemps gardé une avance symbolique sur les grandes berlines de luxe. Mercedes avec la Classe S, BMW avec la Série 7, Audi avec l’A8 : ces modèles ne vendent pas seulement des performances, ils vendent un statut. BYD cherche désormais à entrer dans cette conversation avec ses propres armes.
La difficulté sera de transformer une fiche technique chinoise en crédibilité européenne. Pour y parvenir, il faudra plus que des chiffres CLTC. Il faudra une homologation, un prix cohérent, un réseau solide, une vraie qualité perçue et des temps de recharge compétitifs. Sans ces éléments, la Da Han restera une vitrine impressionnante mais lointaine.

Pour l’instant, aucune disponibilité en France n’est communiquée. C’est le principal frein à l’emballement. La voiture peut annoncer 764 ch, un LiDAR et plus de 1 000 km sur cycle chinois ; tant qu’elle n’est pas confirmée pour l’Europe, elle reste surtout un signal envoyé aux marques premium.
Ce signal est malgré tout difficile à ignorer. BYD montre que les constructeurs chinois ne veulent plus seulement concurrencer les électriques compactes ou les SUV familiaux. Ils regardent désormais le sommet du marché. Et si la Da Han arrive un jour en Europe avec des chiffres WLTP solides, les grandes berlines allemandes auront une rivale de plus à surveiller.
