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28 % des voitures vendues sont désormais électriques : la transition s’accélère partout… sauf ici

Par GillesMis à jour le 21 juin 2026
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Alors que 28 % des voitures neuves vendues dans le monde sont désormais électriques en 2026, portées par la Chine et l’Europe, la France reste prisonnière d’un paradoxe : ses ventes neuves s’accélèrent enfin, mais son parc roulant reste à 91 % thermique.

Les chiffres mondiaux de l’électrification automobile donnent l’impression d’une transition en marche forcée : 28 % des ventes neuves en 2026, selon l’Agence Internationale de l’Énergie. Mais si vous habitez en France, surtout en dehors des grandes métropoles, cette accélération peut sembler très lointaine.

Chine à 60 %, Europe à 33 % : la transition électrique s’accélère partout dans le monde

Le chiffre est net : 28 % des voitures neuves vendues dans le monde sont électriques en 2026 , selon le Global EV Outlook 2026 de l’AIE. C’est la cinquième année consécutive de progression.

La Chine en est le moteur principal. Elle atteint 60 % de part de marché sur les véhicules électriques neufs en 2026 (AIE – Global EV Outlook 2026). Les constructeurs chinois dominent la production mondiale : BYD seul représente près d’un véhicule électrique sur cinq vendus dans le monde. Cette domination transforme la géopolitique automobile mondiale  et pèse directement sur les marchés européens.

L’Europe suit, à son rythme. Un tiers des voitures neuves vendues sur le continent sont désormais électriques en 2026 (AIE – Global EV Outlook 2026). La Norvège, cas d’école depuis une décennie, dépasse les 90 % de pénétration. L’Asie hors Chine progresse également : l’AIE projette une hausse de 50 % des ventes de véhicules électriques dans la région en 2026.

La transition s’accélère donc sur tous les continents. Sauf que ces chiffres de ventes neuves cachent une réalité bien plus lente : les véhicules électriques ne représentent encore que 5 % du parc automobile mondial total (AIE – Global EV Outlook 2026). Le stock de voitures thermiques en circulation est colossal. Le renouvellement prendra des décennies.

Mais cette accélération mondiale cache une réalité bien différente aux États-Unis et en France, où la transition stagne ou progresse bien plus lentement.

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La France et les États-Unis : deux régions où la transition électrique patine

Aux États-Unis, les ventes de véhicules électriques neufs ne dépassent pas 10 % de part de marché en 2026 (AIE – Global EV Outlook 2026). Ce qui aggrave le tableau : c’est la deuxième année consécutive de recul. Le marché américain résiste à l’électrification, sous l’effet conjugué de politiques fédérales hostiles aux aides à l’achat et d’une géographie qui favorisent les grands véhicules thermiques.

La France présente un profil différent, mais tout aussi problématique. Au 30 juin 2025, seuls 3,1 % des quelque 40 millions de voitures en circulation sont 100 % électriques (Roole Data / Autosphere). En plus les hybrides rechargeables, on franchise péniblement la barre des 5 % du parc total (Autosphère). Le diesel, lui, représente encore 48 % du parc roulant français (Roole Data, 30 juin 2025).

Ces chiffres de parc contrastent avec des signaux de ventes neuves encourageants. Selon Roole Data, les immatriculations de voitures électriques neuves auraient dépassé celles des voitures essence en France en septembre 2025  un basculement inédit si les données se confirment. Les ventes de véhicules électriques d’occasion ont progressé de 34 % en octobre 2025 (Données AAA). BYD enregistre une progression supérieure à 90 % de ses immatriculations en France sur les premiers mois de 2026 (Données AAA).

Mais voilà le piège. Des ventes neuves dynamiques ne transforment pas un parc roulant du jour au lendemain. Les véhicules électriques ne représentent que 5 % du parc automobile mondial total, malgré 28 % des ventes neuves (AIE – Global EV Outlook 2026). Ce décalage entre flux et stock est la clé pour comprendre pourquoi la transition semble si lente lorsque vous regardez les voitures garées dans votre rue.

Comme le formule Roole Data : « La concentration plus forte de véhicules électriques dans les zones urbaines (Île-de-France, PACA) ou insulaires (Corse) met en évidence le rôle déterminant des infrastructures et des politiques locales dans la dynamique de transition énergétique. »

Corse à 5,3 %, Centre-Val de Loire à 2,4 % : les régions françaises divisées par l’électrification

La France est une mosaïque de transitions à vitesses radicalement différentes.

La Corse affiche le taux d’électrification le plus élevé du pays : 5,3 % de véhicules électriques dans son parc (Fiches-auto.fr, juillet 2025). L’Île-de-France convient à 4,3 %, PACA à 3,7 % (Fiches-auto.fr, juillet 2025). À l’opposé, le Centre-Val de Loire plafonne à 2,4 %, la Bretagne et la Nouvelle-Aquitaine à 2,6 %, les Pays de la Loire à 2,7 % (Fiches-auto.fr, juillet 2025).

L’écart entre la Corse (5,3 %) et le Centre-Val de Loire (2,4 %) peut paraître modeste. Il révèle des dynamiques structurelles opposées.

L’infrastructure de recharge publique joue un rôle majeur. L’Île-de-France dispose de 31 849 points de charge publics (Roole Data, 30 septembre 2025). C’est un maillage qui rassure les acheteurs potentiels et lève le principal frein psychologique à l’achat.

Le cas corse est plus subtil. L’île ne comptait que 1 130 points de charge publics au 30 septembre 2025 (Roole Data), soit un réseau public très limité. Pourtant, elle affiche le meilleur taux d’électrification national. L’explication tient à la structure de l’habitat : la forte proportion de résidences individuelles permet la recharge à domicile, rendant les bornes publiques moins déterminantes.

Dans les régions rurales et périurbaines  Centre-Val de Loire, Bretagne, Pays de la Loire , l’équation est différente : les revenus disponibles pour un VE neuf, plus cher à l’achat, sont plus contraintes, et les distances plus longues amplifient l’anxiété d’autonomie .

Un autre facteur ralentit mécaniquement la transition : l’âge moyen du parc. Une voiture française en moyenne 11,5 ans en 2025 (Roole Data). Un parc aussi vieux se renouvelle lentement. Même si toutes les ventes neuves étaient électriques demain  ce qui est loin d’être le cas , il devrait plus d’une décennie pour que cela se reflète significativement dans le parc total.

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Conclusion

La transition électrique s’accélère là où les infrastructures existantes et où les politiques locales la soutiennent. Elle stagne dans les régions rurales et périurbaines. En France, cela signifie que le changement de masse du parc roulant se fera encore 15 à 20 ans au rythme actuel  bien plus que ne le fera les chiffres optimistes des ventes neuves. L’AIE projette 90 % de VE dans les ventes neuves en Chine et en Europe d’ici 2035, dans son scénario de référence (Global EV Outlook 2026). Les flottes de l’État français doivent passer au 100 % électrique à partir de 2027 (Actu Environnement). Ces jalons accéléreront le mouvement. Mais pour des millions de Français qui roulent dans un diesel de 2014 acheté d’occasion, la transition reste une réalité abstraite.

Et vous : votre prochaine voiture sera-t-elle électrique ?

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Auteur

Gilles

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