Citroën ressuscite la 2CV : électrique, européenne et à moins de 15 000 €

2CV E-Car

Citroën ressuscite son icône des années 1950 en version 100 % électrique : la nouvelle 2CV sera fabriquée en Italie à partir de 2028 et affichera un prix inférieur à 15 000 euros, positionnant la marque française face à la vague des petites électriques chinoises.

Xavier Chardon, patron de Citroën, a annoncé le 21 mai 2026 lors du Stellantis Investor Day à Auburn Hills, Michigan, que la légendaire 2CV ferait son retour en version 100 % électrique.

La 2CV électrique : 78 ans après, Citroën relance son mythe populaire

Le 7 octobre 1948, au Salon de l’automobile de Paris, Citroën présentait une voiture pensée pour motoriser la France rurale. Sobre, légère, accessible. Cinq millions d’exemplaires vendus en 42 ans. Le dernier exemplaire est sorti de l’usine de Mangualde, au Portugal, le 27 juillet 1990. Trente-six ans de silence.

Citroën 2CV électrique
@Stellantis : Citroën 2CV électrique

Xavier Chardon a choisi de briser ce silence avec une formule directe : « En 1948, la 2CV avait donné la liberté de mobilité à des millions de personnes. 80 ans plus tard, la nouvelle 2CV va démocratiser la mobilité électrique » (Stellantis Investor Day, 21 mai 2026).

Ce n’est pas de la nostalgie pour la nostalgie. C’est un positionnement commercial précis. La nouvelle 2CV sera 100 % électrique, construite sur la plateforme STLA City, équipée de batteries LFP, avec une puissance attendue jusqu’à 68 ch. Prix cible annoncé : moins de 15 000 euros.

Citroën joue ici un coup double : récupérer le capital émotionnel de l’une des voitures les plus aimées de l’histoire automobile française, et le convertir en argument commercial sur le segment le plus disputé du marché électrique européen.

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Fabriquée en Italie, partagée avec Fiat : la vraie recette du prix bas

Moins de 15 000 euros pour une électrique européenne en 2028 : l’ambition est claire, et la mécanique industrielle qui la rend possible aussi.

La nouvelle 2CV sera produite à Pomigliano d’Arco, dans la banlieue de Naples, sur le même site que la future Fiat Panda électrique (Citroën / Stellantis, 21 mai 2026). Même usine, même plateforme STLA City, même logique de mutualisation des coûts. C’est précisément ce partage qui permet d’envisager ce prix plancher.

Le choix des batteries LFP  lithium fer phosphate  n’est pas anodin. Cette chimie est moins dense énergétiquement que les NCA ou NCM des modèles premium, mais nettement moins chère à produire. Pour une citadine à vocation populaire, c’est le bon arbitrage.

Xavier Chardon a résumé l’ambition en une phrase : « Un véritable véhicule populaire conçu pour la vie réelle » (Le Tribunal du Net, 21 mai 2026).

Le design définitif reste à découvrir. La silhouette entrevue s’inspire du concept ELO de Citroën. Le dévoilement complet est prévu au Mondial de l’Auto de Paris, du 12 au 18 octobre 2026. La commercialisation interviendra vers 2028, après environ 24 mois de développement supplémentaire. La puissance moteur attendue jusqu’à 68 ch reste, à ce stade, une estimation non officiellement confirmée par la marque.

Face à la concurrence chinoise et française : pourquoi maintenant ?

L’annonce du 21 mai 2026 répond à une urgence concurrentielle précise.

La Twingo électrique de Renault est lancée depuis avril 2026 à 14 000 euros. La Renault 5 E-Tech a dépassé les 100 000 commandes en Europe. Et le BYD Dolphin Mini est annoncé en France à partir de juin 2026 autour de 10 000 euros, selon la presse spécialisée  un prix non encore confirmé officiellement par BYD France. Sur ce segment, chaque mois d’absence est une part de marché perdue.

Renault R5 E-Tech
@Renault : R5 E-Tech

Citroën n’est pas en position de force pour répondre seule à cette pression. Dans le plan FaSTLane 2030 de Stellantis  60 milliards d’euros d’investissements sur cinq ans, après 20 milliards de pertes en 2025  la marque aux chevrons est repositionnée comme marque régionale, concentrée sur l’Europe. Jeep, Ram, Fiat et Peugeot captent 70 % des investissements produits du groupe (Gocar, 23 mai 2026). Citroën travaille avec ce qui reste.

La plateforme partagée avec Fiat et l’usine de Pomigliano d’Arco ne sont pas un compromis honteux : ce sont les conditions réelles dans lesquelles Citroën peut livrer une voiture compétitive.

La 2CV électrique est donc à la fois un signal de relance commerciale et un acte de repositionnement symbolique pour une marque qui cherche à retrouver sa légitimité populaire. Chardon l’a dit en anglais, pour l’audience internationale des investisseurs : « Products alone do not create icons. Icons create emotion. Yes, the Deux Chevaux is back » (Stellantis Investor Day, 21 mai 2026).

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Conclusion

La 2CV électrique est un coup marketing et une réponse stratégique : Citroën joue sa crédibilité sur la capacité à livrer une vraie petite électrique abordable en 2028. Si Stellantis tient ses promesses industrielles et tarifaires, cette voiture pourrait redéfinir l’accès à la mobilité électrique en Europe. Si elle échoue  sur le prix, sur le calendrier, sur les spécifications ce sera un revers symbolique majeur pour une marque qui a misé son retour sur un mythe.

Attendrez-vous 2028 pour une électrique à moins de 15 000 euros, ou la Twingo ou le BYD Dolphin Mini vous auront-ils convaincu d’ici là ?