Jusqu’ici, Waymo adaptait des véhicules existants. La Jaguar I-Pace, puis la Hyundai IONIQ 5 : des plateformes empruntées, modifiées, coûteuses à intégrer. L’Ojai rompt avec cette logique. C’est le premier robotaxi entièrement conçu par Waymo, fabriqué par le constructeur chinois Zeekr. Hardware et software naissent ensemble, pensés pour le même objectif.
Le résultat technique est net. La 6ᵉ génération Driver réduit le nombre de capteurs de 42 % : de 29 à 13 caméras, et de 5 à 4 lidars. Moins de capteurs, mais une architecture repensée : chaque composant couvre un périmètre plus large.

Cette intégration verticale a un effet direct sur les coûts. Le coût matériel cible est inférieur à 20 000 dollars par unité, contre des montants bien supérieurs pour les générations précédentes. C’est le seuil à partir duquel le déploiement à grande échelle devient économiquement viable.
La 6ᵉ génération Driver apporte également une capacité nouvelle : opérer de manière autonome dans des villes enneigées. Ce n’est pas un détail. Cela ouvre des marchés entiers, Chicago, Boston, Toronto, jusqu’ici inaccessibles aux robotaxis commerciaux.
500 000 trajets par semaine : Waymo passe à l’échelle commerciale
Ce qui distingue Waymo de dix ans de promesses : des chiffres d’exploitation vérifiables.
Waymo exploite aujourd’hui une flotte de plus de 3 000 véhicules et livre environ 500 000 trajets payants par semaine. La société a dépassé 20 millions de trajets entièrement autonomes dans 11 villes américaines. En 2025 seul, 15 millions de trajets ont été réalisés, soit trois fois plus qu’en 2024.
Ces volumes couvrent 1 400 miles carrés de zones de service : une opération commerciale à part entière, plus un pilote.

Le bilan sécurité renforce la crédibilité du modèle. Waymo affiche une réduction de 90 % des accidents graves par rapport aux conducteurs humains. La NHTSA a mené une enquête de 14 mois sur 22 incidents impliquant des robotaxis Waymo, dont 17 collisions. Elle l’a close sans sanction supplémentaire, une validation réglementaire que peu de concurrents peuvent revendiquer.
Les investisseurs ont tiré leurs propres conclusions. Waymo a levé 16 milliards de dollars début 2026, portant sa valorisation à 126 milliards de dollars, avec des fonds comme Dragoneer, DST Global et Sequoia Capital à son capital. Konstantine Buhler (Sequoia Capital) : « Waymo a su transformer ses années de recherche en une véritable excellence opérationnelle, tout en maintenant un haut niveau de satisfaction client ».
La course mondiale s’accélère : Waymo vise 20 villes nouvelles et l’international
Waymo ne s’arrête pas aux États-Unis. L’entreprise prévoit une expansion dans plus de 20 nouvelles villes en 2026, incluant des destinations internationales. Tokyo et Londres seraient les premières villes hors des États-Unis, selon des sources proches du dossier. Ce sont deux marchés urbains denses, réglementairement exigeants, et symboliquement décisifs.
La concurrence s’organise, mais part de loin. Tesla opère un service de robotaxis au Texas depuis 2025, avec un déploiement limité de Cybercabs non supervisés dans quelques villes de l’État en 2026. Zoox, filiale d’Amazon, a déployé un véhicule autonome 4 places sans chauffeur à Las Vegas (2025). Ces initiatives sont réelles. Elles restent marginales face aux 3 000 véhicules et 500 000 trajets hebdomadaires de Waymo.

L’intégration avec Uber ajoute une dimension supplémentaire. Vous pouvez déjà commander une course Waymo via l’application Uber à Atlanta, Phoenix et Austin. Ce canal de distribution accélère l’adoption sans que Waymo ait à construire sa propre base d’utilisateurs depuis zéro.
L’avance de Waymo n’est pas seulement technologique. Elle est opérationnelle, réglementaire et financière. Trois ans de données réelles, 127 millions de kilomètres autonomes, et 126 milliards de valorisation : un fossé que ni Tesla ni Amazon ne combleront rapidement.
Avec l’Ojai et sa 6ᵉ génération Driver, Waymo ne promet plus la révolution autonome : il la déploie à l’échelle et au prix où elle devient structurelle. Tesla et Amazon accélèrent certes mais Waymo conserve trois ans d’avance en volume réel, en sécurité prouvée et en rentabilité opérationnelle.
Waymo est déjà commandable via Uber à Atlanta, Phoenix et Austin. La vraie question : dans combien de villes ce sera le cas d’ici fin 2026 ?

