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Utilitaires légers : l’Europe admet que la transition coûte cher, et c’est le vrai moteur de cet assouplissement

Par Gilles MarchettiMis à jour le 28 octobre 2026
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Trois groupes du Parlement européen assouplissent la fin du thermique en 2035, et le motif est d’abord économique : la transition coûte cher, surtout sur les utilitaires légers.

Depuis 2018, les flottes professionnelles européennes sont tenues par des objectifs d’électrification. Le paquet Mobilité propre présenté par la Commission européenne visait à éliminer les véhicules thermiques des parcs d’entreprises d’ici 2035, avec une étape intermédiaire en 2030.

Les conservateurs du PPE, les sociaux-démocrates de S&D et les libéraux de Renew viennent de s’entendre sur un compromis : les États membres ne seraient plus obligés d’imposer des quotas de véhicules électriques aux sociétés.

Un compromis qui ramène l’objectif à 87,5 %

Le texte, qui doit encore être soumis à un vote en séance plénière, ramènerait l’objectif de réduction des émissions de CO₂ à 87,5 % par rapport à 2021. Cette marge permettrait de conserver quelques modèles thermiques ou hybrides au sein de parcs majoritairement électriques.

Les contraintes seraient transformées en objectifs volontaires, et les sanctions financières liées aux quotas seraient annulées.

Jens Gieseke, député européen allemand du PPE, 42 ans, a grandi à Lathen, en Allemagne. Il préside la commission des transports et du tourisme du Parlement. Il a commenté l’accord auprès d’Automobilwoche : « Nous avons trouvé un bon compromis avec les autres groupes concernant les flottes d’entreprises, ce qui protège les gestionnaires de flottes contre des contraintes excessives. »

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Les utilitaires légers, vrai moteur de l’assouplissement

L’assouplissement tombe au bon moment pour les utilitaires légers. Leur transition vers l’électrique progresse nettement moins vite que celle des voitures particulières. Les prix élevés et l’autonomie encore limitée freinent les professionnels.

Le baromètre Arval d’avril 2026 le chiffre : seulement 26 % des entreprises avaient engagé la transition ou se disaient prêtes à le faire, soit moitié moins que pour les voitures particulières.

En France, plus d’un tiers des voitures d’entreprise sont déjà électriques, mais l’hybride reste la motorisation la plus répandue devant les thermiques classiques. Jusqu’ici, les sociétés de plus de 100 véhicules devaient respecter des quotas d’électrifiés : 20 % en 2024, 40 % au 1er janvier 2027, puis 70 % en 2030, sous peine de surtaxes.

Un vote en novembre, sur fond de transition déjà engagée

L’accord doit encore être approuvé lors d’un vote prévu en novembre. S’il est adopté, les sanctions seraient supprimées, alors même que l’électrification des flottes semble déjà lancée.

Ces objectifs découlent des lois d’orientation et de mobilité, de finances pour 2025 et Climat et résilience. Leur non-respect exposait les entreprises à des sanctions, mais aussi la France vis-à-vis de l’Union européenne.

L’assouplissement ne signifierait pas un retour en arrière total : les entreprises ne pourraient pas revenir librement sur leur stratégie d’électrification, ni choisir sans limite la part de thermiques dans leur parc.

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Conclusion

En actant la baisse de l’objectif de réduction des émissions à 87,5 % et en écartant le spectre des sanctions financières, le Parlement européen adresse un signal de pragmatisme aux acteurs de la gestion de flotte. Ce compromis permet de maintenir le cap de la décarbonation à un rythme soutenable sans fragiliser l’économie des entreprises utilisatrices d’utilitaires. Pensez-vous que la suppression des sanctions financières risque de ralentir la transition écologique des parcs automobiles professionnels ?

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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