50 GWh de batteries LFP moins chères pour les électriques abordables : ce que l’usine Stellantis-CATL de Saragosse promet vraiment
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50 GWh de batteries LFP moins chères pour les électriques abordables : l’usine Stellantis-CATL de Saragosse tient cette promesse, mais par des étapes bien plus prudentes que les annonces initiales.
Dans un communiqué, Contemporary Star Energy (CSE), la coentreprise détenue à parts égales par Stellantis et CATL, confirme une étape concrète : ses premiers salariés espagnols se forment dans les usines de CATL à Xiamen, en Chine. Des équipes de production et de maintenance, recrutées localement en Espagne.
Le signe est clair. L’Europe veut produire ses propres batteries pour voitures électriques, mais elle manque encore des compétences. Pour apprendre le métier des cellules lithium-fer-phosphate (LFP), les futurs ouvriers et techniciens passent d’abord par la Chine.
50 GWh et 4,1 milliards d’euros : ce que promet l’usine
Le projet est de taille. L’usine s’élève à Figueruelas, près de Saragosse, à côté de l’usine automobile de Stellantis. Elle représente un investissement de 4,1 milliards d’euros, dont environ 10 % de fonds publics.

À pleine capacité, le site vise jusqu’à 50 GWh par an, soit un million de batteries à l’année. La chimie retenue, le LFP, est moins coûteuse que le nickel-manganèse-cobalt (NMC) et se recharge plus vite : une technologie pensée pour les électriques abordables, sur les segments B et C.
Deux garde-fous à retenir. D’abord, les 50 GWh restent conditionnés : dans leur communiqué conjoint, les deux groupes précisaient que ce chiffre « dépendra de l’évolution du marché européen des véhicules électriques et du soutien des autorités espagnoles et européennes ». Ensuite, l’usine vise la neutralité carbone, avec un parc de 34 800 panneaux solaires prévu pour générer plus de 14 000 MWh par an.
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Des salariés formés en Chine avant le démarrage
Le programme de formation avait été annoncé le 3 septembre. Après une phase de découverte des installations, les salariés espagnols sont passés aux travaux pratiques, directement sur les lignes de fabrication de cellules et de modules, aux côtés des équipes de CATL.
Ce voyage d’études n’a rien d’une formalité. Ces compétences ne sont aujourd’hui disponibles ni en Espagne, ni chez Stellantis en Europe. À leur retour, les salariés formés deviendront formateurs et transmettront le savoir aux recrues suivantes, toutes embauchées localement.
Le plan de recrutement a démarré le 9 juillet 2025, à la création de la coentreprise. À pleine production, l’usine doit employer près de 4 000 personnes. En attendant, le chantier tourne surtout avec des équipes venues de Chine : fin juillet, Jorge Azcón, président de la région d’Aragon, évoquait jusqu’à 1 700 salariés chinois sur le site pendant la construction.
Un calendrier qui glisse : modules d’abord, cellules en 2028
Le calendrier a été revu. La production, d’abord prévue fin 2026, doit désormais commencer dans les premiers mois de 2027. Première étape : assembler des modules à partir de cellules importées de Chine.
La fabrication des cellules sur place ne débuterait qu’en juin 2028. La pleine cadence, avec le million de batteries par an, est attendue au printemps 2029.
Sur le même site de Figueruelas, l’influence chinoise ne s’arrête pas aux batteries. Le 16 octobre, Stellantis a lancé la production du Leapmotor B10 dans son usine de Saragosse, sur les mêmes lignes que les Peugeot 208, Opel Corsa et Lancia Ypsilon. La Leapmotor B05, plus petite, doit suivre au premier trimestre 2027.
Saragosse devient la vitrine européenne de l’alliance entre Stellantis et l’industrie chinoise. La promesse des 50 GWh est réelle, mais elle se construit par étapes : les premiers modules au début de 2027, les cellules produites sur place en juin 2028, et la pleine cadence seulement au printemps 2029.
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Conclusion
En structurant le projet de Saragosse autour d’un transfert progressif de compétences et d’un calendrier étalé jusqu’en 2029, Stellantis et CATL démontrent le niveau d’exigence requis pour installer une filière de batteries souveraine en Europe. Si les étapes de montée en puissance demandent du temps, la concrétisation de cette gigafactory de 50 GWh demeure une condition clé pour produire des voitures électriques populaires abordables sur le continent. Pensez-vous que l’apprentissage du savoir-faire asiatique soit la stratégie la plus efficace pour bâtir rapidement une industrie européenne de la batterie ?
