News

Renault passe de 45 à moins de 30 modules pour concevoir une voiture, et le futur Rafale doit prouver qu’on peut aller plus vite sans se tromper

Par Jacqueline NivelleMis à jour le 4 novembre 2026
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
Partager :FacebookXWhatsApp

Concevoir une voiture en deux ans, c’est le pari que Renault engage en simplifiant la découpe de ses projets, de 45 modules à moins de 30. Le futur Rafale 100 % électrique sera le premier à valider la méthode.

Le Rafale est le SUV coupé de la gamme Renault. Dans les bureaux d’études du Technocentre, son successeur se prépare déjà. Prévu pour fin 2028, il passera au 100 % électrique et inaugurera une nouvelle façon de concevoir un véhicule chez le constructeur.

L’enjeu dépasse le simple passage à la motorisation zéro émission. Renault veut développer un modèle complet en deux ans, pour moins cher, sans sacrifier la qualité. Les projets qui entrent en développement à partir de novembre 2026 partent dans cette nouvelle configuration.

Renault Rafale design extérieur
@Renault : Rafale design extérieur

Moins de 30 modules au lieu de 45 : la mécanique de la simplification

Au cœur de la transformation, Renault simplifie la façon dont un projet est découpé. Un futur modèle ne comptera plus que moins de 30 modules, contre 45 jusqu’ici. Moins d’interlocuteurs, des décisions plus rapides, des délais raccourcis.

Le dirigeant Philippe Brunet résume la bascule sans détour. « Tout n’est pas encore en place à 100 %, mais suffisamment pour qu’on puisse démarrer », a-t-il confié à Reuters. « Auparavant il y avait 45 modules, c’était le fruit d’une organisation qui appartient au passé. Je pense que 30, c’est très bien. Si on considère que les Chinois sont parmi les plus efficaces, c’est à peu près ce qu’on a vu là-bas. »

Ces méthodes, Renault les a observées en Chine pendant le développement de la Twingo électrique. Le constructeur veut maintenant les transposer à l’ensemble de ses projets.

Le futur Rafale électrique, banc d’essai de la méthode

Le successeur du Rafale sera le premier modèle né de cette ingénierie modulaire. Une rupture technique, bien au-delà d’un simple changement de moteur.

Le SUV inaugurera une plateforme électrique modulaire baptisée en interne RGEV Medium 2.0, en architecture 800 V. Il sera pensé comme un Software Defined Vehicle : un calculateur central, des mises à jour à distance et une batterie intégrée à la structure. Cette approche permettrait environ 20 % de pièces en moins. Renault évoque une baisse de l’ordre de 40 % du coût de production des versions électriques.

Renault Rafale design intérieur
@Renault : Rafale design intérieur

L’autonomie visée approche 750 km en 100 % électrique, avec un passage de 10 à 80 % de charge en environ quinze minutes. Une version à prolongateur d’autonomie irait jusqu’à 1 400 km. Pour mesurer la progression, le Rafale actuel, en full hybrid E-Tech de 200 ch, annonce déjà jusqu’à 1 100 km d’autonomie WLTP selon Renault.

Sous le capot, un nouveau moteur électrique EESM de troisième génération, sans terres rares, offrirait de 275 à près de 500 ch, avec propulsion arrière en configuration standard. Des versions à deux moteurs apporteraient une transmission intégrale sur les variantes les plus performantes. Une déclinaison à prolongateur d’autonomie est aussi prévue, avec un petit 1,5 l essence C15 signé Horse Powertrain, utilisé uniquement comme générateur. Le gabarit resterait proche de 4,75 m, pour un poids sous les deux tonnes. Le Rafale actuel mesure 4 710 mm.

Gagner deux ans sans se tromper : la ligne de Philippe Brunet

Aller plus vite, oui. Se tromper, non. Face aux démonstrations spectaculaires de certains rivaux, Philippe Brunet fixe la limite : « On ne fera pas de voiture qui fait des loopings. On essaie de faire des innovations technologiques qui servent, qui ne sont pas que de l’image. »

L’objectif chiffré est un développement en deux ans pour le successeur du Rafale, avec des coûts mieux maîtrisés. En parallèle, jusqu’à 20 % des effectifs d’ingénierie pourraient disparaître d’ici fin 2027. Un plan de formation doit les orienter vers l’électrification et les métiers du logiciel.

Renault Rafale vue arrière
@Renault : Rafale vue arrière

Pour illustrer la trajectoire, le dirigeant cite la citadine électrique : « Une Renault 5 est une voiture qui a une image technologique auprès des clients, elle se vend. On a fait un premier pas, le deuxième pas, on est en train de le faire pour la génération 2028. »

L’industrialisation du successeur du Rafale est envisagée en Europe, dans l’usine de Palencia, en Espagne. Renault veut aussi sélectionner au moins une entreprise chinoise dans chaque panier de fournisseurs, module par module, et continuera de travailler avec son entité chinoise ACDC sur les véhicules et l’intelligence embarquée.

En passant de 45 à moins de 30 modules, Renault se donne le moyen de concevoir plus vite et moins cher, sans perdre en fiabilité. Le Rafale de 2028 sera le premier modèle à en apporter la preuve.

(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});
Sujets liés :Renault Rafale
Auteur

Jacqueline Nivelle

Rédactrice à iTransports, Jacqueline suit les lancements et l'actualité des constructeurs automobiles. Elle recoupe les sources officielles avant publication pour livrer une information claire et vérifiée.

Voir ses articles