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Cette Porsche 356 n’est pas vraiment une Porsche classique, et c’est justement ce qui la rend si étrange à vendre

Par GillesMis à jour le 11 juillet 2026
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À première vue, elle ressemble à une Porsche 356 Pré-A de 1951 ; en réalité, cette voiture brouille les repères entre réplique, œuvre d’art roulante et objet de collection.

Le prix affiché, 67 900 €, pourrait faire penser à une belle opportunité pour entrer dans l’univers des Porsche anciennes. Mais ce serait lire l’annonce trop vite. Cette 356 n’est pas présentée comme une Porsche classique au sens habituel du marché.

Elle est décrite comme une pièce « One of One », liée au sculpteur français Étienne Bossut, moulée sur une vraie Porsche de 1951, puis montée sur une base Volkswagen modifiée. Voilà pourquoi elle devient si difficile à classer : trop artistique pour être une simple réplique, trop transformée pour être une 356 de collection traditionnelle.

Une Porsche 356 qui joue volontairement avec le faux-semblant

L’intérêt de cette voiture tient d’abord à son ambiguïté. L’annonce parle d’une Porsche 356 Pré-A de 1951, mais précise aussi qu’il s’agit d’une réplique moulée sur une véritable Porsche de cette année-là, à l’intérieur comme à l’extérieur.

PORSCHE 356 PRE A 1951 - 1 of 1 - 1951 vue intérieure
@ICONIC RIDE : PORSCHE 356 PRE A 1951 – 1 of 1 – 1951 vue intérieure

Ce détail change tout. Sur le marché des anciennes, l’authenticité d’un modèle, son châssis, son moteur, ses numéros et son historique pèsent énormément dans la valeur. Ici, la promesse n’est pas celle d’une Porsche 356 conservée dans sa configuration d’origine. C’est plutôt celle d’un objet qui reprend les formes d’une icône pour en faire autre chose.

Le vendeur rattache cette auto au travail d’Étienne Bossut, artiste français connu pour ses moulages et ses jeux autour des objets. La voiture aurait demandé plus de 30 ans de travail et aurait été exposée pendant six mois au FRAC lors de l’exposition « REMAKE », avec une intégration au catalogue des œuvres de l’artiste.

PORSCHE 356 PRE A 1951 - 1 of 1 - 1951 vue de profil
@ICONIC RIDE : PORSCHE 356 PRE A 1951 – 1 of 1 – 1951 vue de profil

Ce positionnement est rare dans une annonce automobile. On n’achète pas seulement une ligne de 356, ni seulement une mécanique de loisir. On achète une histoire, une démarche artistique, et une voiture qui assume de ne pas rentrer proprement dans les cases.

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Une base Volkswagen, un moteur 2 litres et une vraie fiche de voiture roulante

L’autre partie de l’annonce ramène l’objet sur la route. Cette 356 repose sur un châssis Volkswagen d’époque raccourci et modifié. Le tunnel aurait été retravaillé pour se rapprocher de la section rectangulaire d’une 356 Pré-A, plutôt que de conserver une forme arrondie.

PORSCHE 356 PRE A 1951 - 1 of 1 - 1951 vue arrière
@ICONIC RIDE : PORSCHE 356 PRE A 1951 – 1 of 1 – 1951 vue arrière

La mécanique est annoncée comme un 2 litres sur base Volkswagen, assemblé autour d’un bloc AS41 avec plusieurs pièces performance : carburateurs Empi HPMX en 44, arbre à cames 110, culasses CB044, volant moteur allégé, embrayage renforcé en 200 mm, full flow, carter d’huile supplémentaire et échappement inox central CSP Products.

La puissance exige toutefois une vérification. L’annonce évoque 120HP dans l’intitulé, puis environ 130 chevaux plus longe, pour un poids annoncé à un peu plus de 800 kg. Dans les deux cas, le rapport poids-puissance promet une voiture légère, vive, plus proche d’un jouet mécanique affûté que d’une ancienne figée sous housse.

Le freinage et la tenue de route ont également été modernisés. Quatre amortisseurs Bilstein sont mentionnés, tout comme quatre freins à disque dissimulés derrière des jantes moulées dans l’esprit des premières 356. L’intérieur reçoit deux baquets de speedster en cuir rouge, réalisés et adaptés par Jean-Philippe Duval, présentés comme une référence européenne de la sellerie Porsche 356.

PORSCHE 356 PRE A 1951 - 1 of 1 - 1951 vue de face
@ICONIC RIDE : PORSCHE 356 PRE A 1951 – 1 of 1 – 1951 vue de face

Pourquoi sa vente est plus étrange qu’une simple annonce de collection

Le cas concret est simple : un acheteur qui cherche une vraie Porsche 356 Pré-A pour enrichir une collection classique risque de bloquer. Il voudrait savoir ce qui est Porsche, ce qui est Volkswagen, ce qui relève de l’œuvre, et ce qui relève de la reconstruction. Il regardera la carte grise, l’origine du châssis, les factures et la cohérence historique avant de parler de valeur.

PORSCHE 356 PRE A 1951 - 1 of 1 - 1951 vue du volant
@ICONIC RIDE : PORSCHE 356 PRE A 1951 – 1 of 1 – 1951 vue du volant

À l’inverse, un collectionneur sensible à l’art automobile peut lire l’annonce autrement. Pour lui, le fait que cette voiture ne soit pas une 356 « pure » n’est pas forcément un défaut. C’est même le cœur du sujet : une sculpture fonctionnelle, construite autour d’une silhouette mythique, avec assez de mécanique pour rouler réellement.

C’est là que cette auto devient difficile à vendre. Son prix ne se compare pas directement à celui d’une Porsche 356 authentique, ni à celui d’une réplique plus classique, ni à celui d’une œuvre statique. Elle se situe entre plusieurs marchés qui ne parlent pas toujours la même langue.

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Conclusion

Le détail de la carte grise ajoute encore une couche. L’annonce précise que le type et la marque ont été modifiés, et que le document serait toujours au nom d’Étienne Bossut, avec l’accord de l’artiste. Pour un futur acheteur, ce point devra être vérifié avec soin, car il conditionne l’usage, l’assurance, la revente et la tranquillité administrative.

Au fond, cette Porsche 356 Pré-A réplique n’est pas étrange parce qu’elle serait ratée. Elle est étrange parce qu’elle oblige à choisir son regard. Voiture de plaisir, sculpture roulante, hommage technique, pièce unique ou curiosité de collection : tout dépend de ce que l’acheteur cherche vraiment.

Source photos et vendeur : @ICONIC RIDE 

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Gilles

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