Citroën C1, Peugeot 108 : Stellantis veut faire renaître les mini-citadines, mais pourquoi ?

Citroën C1, Peugeot 108 : Stellantis veut faire renaître les mini-citadines

Le segment des petites voitures pourrait faire son grand retour en Europe. Disparu sous la pression réglementaire et financière, il est pourtant au cœur des discussions stratégiques de Stellantis. Jean-Philippe Imparato, directeur Europe du groupe, veut remettre au goût du jour les citadines accessibles, à condition d’une révision des normes européennes. En ligne de mire : un prix inférieur à 15 000 € et un positionnement stratégique face à l’invasion des véhicules chinois.

Une proposition forte pour recréer le segment A

Citroën C1
@fr.wikipedia.org : Citroën C1

Les Peugeot 108, Citroën C1 ou Opel Karl ont été sacrifiées ces dernières années au nom de la rentabilité. Mais selon Jean-Philippe Imparato, il est temps de ressusciter le segment A, qui pesait encore 7 % du marché européen en 2021. Aujourd’hui, seule la Dacia Sandero survit sous les 15 000 €. Pour Stellantis, relancer les petites voitures est une nécessité économique et écologique, à condition que Bruxelles allège certaines normes de sécurité et de connectivité.

Un appel à la Commission européenne

Le patron Europe de Stellantis conditionne ce retour à des assouplissements réglementaires. Objectif : des normes spécifiques pour les petites voitures, à l’image des Kei cars japonais, qui cartonnent au Japon grâce à leur légèreté fiscale. Imparato propose aussi de brider ces véhicules à 110 km/h, ce qui rendrait caduc un grand nombre de technologies embarquées imposées par l’Europe, comme le Lane Assist ou le système anti-survitesse, coûteux et peu utiles pour des usages urbains.

Les normes pèsent sur les prix

Avec l’entrée en vigueur du règlement GSR2 en 2024, les voitures neuves ont vu leurs tarifs bondir. Une Dacia a pris 500 € en quelques mois à cause des nouvelles aides à la conduite. D’ici 2030, ce sont plus de 100 nouvelles exigences réglementaires qui attendent les constructeurs. Pour Stellantis, impossible de proposer des mini-voitures à bas coût sans un cadre réglementaire plus réaliste, adapté à leur usage. C’est le cœur du bras de fer engagé avec Bruxelles.

Une stratégie européenne… et souveraine

Jean-Philippe Imparato ne veut pas d’un retour du segment A via des importations chinoises à bas coût. Il exige un contenu local minimum pour tout nouveau modèle, afin de protéger l’industrie européenne. Dans ce contexte, Stellantis serait prêt à financer lui-même des primes à la casse, sans aides publiques, pour inciter au renouvellement du parc. Un véhicule neuf remplaçant une voiture de 2010 réduirait selon lui les émissions de CO₂ de plus de 70 g/km, un argument choc.

Un intérêt partagé avec Renault et Volkswagen

Renault - Renault Clio
@Renault – Renault Clio

Stellantis n’est pas seul sur cette ligne. Renault, par la voix de Luca de Meo, a défendu dès 2023 un allègement des normes pour les petits véhicules. Il estimait alors que le prix des citadines avait plus que doublé en 20 ans à cause des contraintes techniques. Volkswagen, Skoda et Seat pourraient aussi rejoindre cette démarche. Une réunion entre constructeurs européens est prévue cette semaine à Bruxelles pour présenter une position commune à Ursula von der Leyen.

Conclusion

La balle est désormais dans le camp de la Commission européenne. Acceptera-t-elle de créer un cadre réglementaire spécifique pour les petites voitures ? Enjeu : rendre l’électrique (ou l’hybride léger) enfin accessible, tout en revitalisant un marché en berne. Pour Stellantis, ce choix pourrait relancer l’emploi, lutter contre le vieillissement du parc, et réconcilier Europe et industrie. Sans décision rapide, les mini-voitures resteront une espèce en voie de disparition.

Jacqueline