Un moteur « disparu » en Europe renaît dans le nouveau Duster… mais uniquement à l’autre bout du monde.
Lancée au printemps 2024, la troisième génération du Dacia Duster s’exporte loin de l’Europe, notamment en Australie. Là-bas, outre le logo Renault, on note le retour d’un moteur que la version européenne ne propose plus.
L’analyse de cette différence révèle les arbitrages techniques, économiques et réglementaires qui façonnent les gammes selon les marchés.
Un logo Renault… et une motorisation absente en Europe
Sur le marché australien, Dacia ne propose qu’une poignée de modèles : la Mégane E‑Tech, l’Arkana, le Koleos, et désormais le Duster. Le SUV roumain, ici, n’est plus estampillé Dacia mais porte fièrement le losange sur son hayon — tout comme en Turquie.
Pourtant, la plus grande surprise réside dans la motorisation : Renault continue d’y proposer le 1,3 TCe, moteur quatre‑cylindres abandonné en Europe lors du renouvellement.
En France, ce moteur n’est plus proposé, notamment pour des raisons liées aux émissions CO₂ et au malus écologique. Le maintien de ce bloc en Australie souligne à quel point les contraintes européennes pèsent dans les choix des motorisations.
Le 1,3 TCe australien : performance vs coût
Ce moteur développe 154 ch pour 270 Nm de couple, et s’associe à une boîte double embrayage EDC7. Il permet au Duster un 0 à 100 km/h en 9,2 s, et une vitesse maximale de 200 km/h (contre 180 km/h limités en Europe).
Historiquement, le 1,3 TCe avait bonne réputation pour son agrément de conduite et sa robustesse. Mais ses émissions de 147 g/km lui valent un malus (2 544 € en France), et pèsent sur la moyenne du constructeur — ce qui justifie son retrait du marché européen.
L’option 1,2 MHEV 4×4 : plus modeste mais adaptée
En alternative, Renault propose le 1,2 MHEV de 130 ch, technologie hybride légère 48 V, nécessairement couplée à une transmission intégrale en Australie. Cette configuration reste plus sobre : 129 g CO₂/km.
Mais attention : ce bloc n’offre que 130 ch, soit 24 ch de moins que le 1,3 TCe. Le couple est également réduit d’environ 40 Nm. Le passage de 0 à 100 s’effectue en 11 s, avec un poids accru (1 422 kg contre 1 309 kg).
Côté tarif, cette version coûte approximativement entre 40 307 et 22 604 €, bien que toujours inférieure aux prix publics français. Néanmoins, la comparaison entre pays éloignés doit être nuancée.
Enjeux et perspectives du choix moteur par marché
Ce choix de motorisation illustre la complexité d’adaptation d’un modèle à différents marchés : contraintes réglementaires, coût des émissions, attentes des clients, infrastructures, et homologations locales.
Le retour du 1,3 TCe en Australie montre que ce moteur n’est pas dénué de mérites — simplement incompatible avec les normes et contraintes du marché européen actuel.
Pour l’avenir, on peut se demander si Renault / Dacia pourrait jouer sur la modularité des groupes motopropulseurs : dans certaines régions, garder des blocs plus puissants tant que les normes locales le permettent, tout en déployant des versions plus “propres” dans les zones à forte pression environnementale. Cette double stratégie pourrait offrir une flexibilité face à l’hétérogénéité des réglementations mondiales.
Conclusion
Le Duster australien réintroduit un moteur aujourd’hui banni d’Europe, révélant le rôle central des normes CO₂ dans les stratégies industrielles.

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