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La sportive française que les puristes admiraient disparaît, l’Alpine A110 ferme une parenthèse rare à Dieppe

Par GillesMis à jour le 9 juillet 2026
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Avec la fin de l’Alpine A110 thermique à Dieppe, la France perd l’une de ses rares sportives modernes capables de parler autant aux puristes qu’aux conducteurs du dimanche.

La page se tourne pour l’Alpine A110 de seconde génération. D’après les informations disponibles, le dernier exemplaire serait sorti de l’usine de Dieppe le 17 juin 2026, après une carrière commencée en 2017 et un total annoncé de 28 701 voitures disparues.

Ce chiffre ne raconte pas tout. L’A110 n’a jamais été une voiture de masse, ni une simple vitrine nostalgique. Elle a surtout réussi un pari devenu presque impossible en Europe : vendre une vraie sportive légère, utilisable, rentable pour son constructeur, et crédible face à des références allemandes bien installées.

Sa disparition thermique change donc plus qu’un catalogue. Elle ferme une parenthèse où Alpine avait retrouvé une place à part, entre passion française, plaisir mécanique et refus de l’escalade au poids.

Une sportive française qui avait réussi là où beaucoup avaient renoncé

Quand Renault relance Alpine au début des années 2010, le projet aurait pu rester un exercice de style de plus. Le nom A110 portait déjà une forte charge historique, avec la berlinette originale commercialisée entre 1961 et 1977 et associée aux grandes heures du rallye.

Alpine A110 vue de profil
@Alpine : A110 vue de profil

La seconde génération, lancée en 2017, a pourtant évité le piège du simple hommage. Son architecture à moteur central arrière, son poids contenu et son comportement très vivant lui ont donné une vraie légitimité dès les premiers essais.

Face à une Porsche 718 Cayman, l’A110 n’opposait pas la puissance brute. Elle jouait une autre carte : celle de la légèreté, de la précision et du plaisir immédiat. Dans un marché où les sportifs devenaient plus lourds, plus puissants et plus chers à exploiter, cette philosophie a touché juste.

Alpine A110 intérieur
@Alpine : A110 intérieur

Les critiques sur certains éléments empruntés à Renault dans l’habitacle n’ont pas empêché la voiture de s’installer dans les rassemblements, les sorties circuit et les discussions entre amateurs. Pour beaucoup de conducteurs, l’essentiel était ailleurs : une auto à deux places, agile, relativement sobre, et capable de donner des sensations sans réclamer un budget de supercar.

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La rareté de l’A110 R Ultime montre les limites du rêve

La carrière de l’A110 s’est également construite par déclinaisons successives. La version de base de 252 chevaux a gardé l’esprit original, tandis que les A110 S, R et R Ultime ont poussé le curseur vers plus de performance et d’exclusivité.

Alpine A110  vue arrière
@Alpine : A110 vue arrière

Le cas de l’A110 R Ultime est révélateur. Alpine prévoyait jusqu’à 110 exemplaires pour cette version extrême, mais seulement 58 auraient finalement trouvé preneur. Le positionnement était radical : 345 chevaux avec un carburant spécial, une boîte spécifique, un châssis retravaillé, et un prix de base annoncé à 265 000 €.

À ce niveau, l’A110 entra sur un terrain très particulier. Le prix moyen dépassait souvent 300 000 €, selon la source, ce qui la plaçait au-dessus d’une Porsche 911 GT3 RS. Même avec un châssis affûté et des performances solides sur circuit, le symbole devenait presque plus fort que le marché réel.

Exemple concret : un passionné qui cherchait une sportive française pour rouler le week-end, faire quelques sorties circuit et garder des coûts d’usage raisonnables avait probablement plus d’intérêt à viser une A110 de 252 chevaux ou une version S qu’une R Ultime. C’est justement là que l’A110 a marqué les esprits : pas seulement dans ses séries les plus chères, mais dans sa capacité à rendre le plaisir accessible à une échelle encore rationnelle.

Dieppe prépare l’après, mais le défi électrique sera brutal

L’arrêt de l’A110 thermique ne signe pas la fin du nom. Alpine prépare une troisième génération, annoncée en 100 % électrique, sur la plateforme APP, pour Alpine Performance Platform. Elle arriverait dans une période où Porsche doit également électrifier son Cayman, ce qui rendra la comparaison inévitable.

Alpine A110 vue de profil
@Alpine : A110 vue de profil

Le problème est simple : l’A110 moderne a bâti sa réputation sur ce que l’électrique rend difficile à reproduire. Le poids, la finesse des réactions, le rapport entre le conducteur et la mécanique, tout cela dépendait d’un équilibre très précis.

Une sportive électrique peut être rapide, même très rapide. Mais les puristes attendront autre chose qu’une fiche technique. Ils voudront retrouver cette sensation de voiture légère, instinctive, presque évidente, qui faisait de l’A110 une alternative crédible aux modèles plus puissants mais moins délicats.

Le corpus disponible ajoute un élément de contexte utile : la Manufacture Alpine Jean Rédélé de Dieppe est également présentée comme engagée dans sa transformation pour accueillir cette nouvelle phase électrique. Ce point mérite une vérification officielle, mais il confirme l’enjeu industriel derrière l’émotion mécanique. 

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Conclusion

Alpine disposerait également d’une marge de sécurité théorique : la possibilité d’installer un moteur thermique si les conditions de marché évoluent. La formule reste prudente et ne doit pas être lu comme une promesse de retour. Elle montre surtout que le constructeur sait à quel point l’identité de l’A110 reste liée à son poids, à son toucher de route et à son moteur.

La vraie question n’est donc pas seulement de savoir si la future A110 électrique sera performante. Elle devra prouver qu’elle peut rester une Alpine avant d’être une électrique de plus. C’est ce qui rend la fin de cette génération si particulière : l’A110 thermique disparaît au moment même où son équilibre semble presque impossible à remplacer.

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Gilles

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