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Le bonus des voitures électriques ne vient plus du budget de l’État mais des CEE, et peu de conducteurs le savent encore à la pompe

Par Jacqueline NivelleMis à jour le 10 octobre 2026
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Depuis juillet 2025, le bonus à l’achat d’une voiture électrique n’est plus payé par le budget de l’État mais par les certificats d’économies d’énergie (CEE), un mécanisme que la plupart des conducteurs ne relient pas encore au prix affiché à la pompe.

À l’approche de la présidentielle, plusieurs candidats promettent de faire baisser le prix du carburant en supprimant ou en suspendant les CEE. Bruno Retailleau (LR), Fabien Roussel (PCF) et Sarah Knafo (Reconquête) portent cette piste, chiffrée à environ 15 centimes de surcoût par litre à la pompe, selon BFM TV.

Le raisonnement tient en une phrase : couper les CEE allégerait le plein. Sauf que ces mêmes certificats financent depuis juillet 2025 l’aide qui rend l’électrique accessible. La mesure présenterait donc un coût caché que le débat public effleure à peine.

Voiture électrique
Voiture électrique

Un bonus passé sous financement CEE en juillet 2025

Le principe des CEE est simple. Les fournisseurs d’énergie, EDF ou TotalEnergies en tête, sont légalement tenus de financer des actions de réduction de la consommation énergétique. Ce coût est en partie répercuté sur les clients, notamment à la pompe.

Depuis le basculement de juillet 2025, une partie de ces fonds finance les aides à l’achat de véhicules électriques, en remplacement de l’ancien bonus écologique prélevé sur le budget de l’État. Le montant varie selon les revenus du foyer, dans une fourchette de 3 600 à 6 200 euros.

Pour mesurer ce que cela représente, il faut regarder le cours du marché. En avril 2025, le CEE classique s’échangeait autour de 8 €/MWh Cumac et le CEE précarité autour de 9,27 €/MWh Cumac, selon les données publiées par Hellio. C’est ce cours qui détermine en partie la charge finale répercutée sur le consommateur. Découvrez notre article sur la voiture électrique ne suffit pas à expliquer le trou fiscal annoncé, c’est tout le modèle automobile français qui s’érode.

Ce que la suppression des CEE changerait à la pompe

Le gazole frôle 2,40 euros le litre en moyenne nationale, le SP95-E10 dépasse 2,15 euros. Retirer les CEE allégerait la facture d’environ 15 centimes par litre, une promesse qui parle à tous les automobilistes.

Mais l’économie immédiate se paierait ailleurs. Pour de nombreux ménages, la prime CEE représente la différence entre un achat électrique accessible ou hors de portée. Une Citroën ë-C3 Aircross ou une Peugeot E-208 coûtent moins cher qu’avant, mais la marche reste haute pour les budgets serrés.

Un « choc majeur » redouté par la filière

Le 30 septembre 2026, cinq organisations de la filière ont publié un communiqué commun. L’Avere-France, la Plateforme automobile (PFA), Mobilians, Sesam LLD et la CSIAM estiment qu’une suppression brutale du dispositif « provoquerait un choc majeur pour le secteur automobile en France ».

Les chiffres donnent du poids à l’alerte. Plus de 50 000 emplois ont été supprimés dans l’industrie automobile française depuis 2020, et les ventes de voitures neuves ont reculé de plus d’un quart sur la même période. Pourtant, l’électrique progresse : 38,2 % des immatriculations en août 2026, puis 42 % en septembre 2026.

Voiture électrique
Voiture électrique

Le risque ne s’arrête pas aux acheteurs. Sans les CEE, le financement de l’aide reviendrait au budget général, ce qui suppose un vote parlementaire et des délais incompatibles avec une transition rapide. Stellantis et Renault, qui ont massivement misé sur l’électrique, seraient les premiers exposés.

La filière ne réclame pas le statu quo. Elle demande qu’aucune suppression n’intervienne sans solution de remplacement définie au préalable. Couper les CEE sans filet découragerait des achats qui réduisent justement la dépendance aux carburants fossiles. Retrouvez aussi notre article sur les carburants hors de prix vident les routes, et cet effet inattendu pourrait expliquer une partie des vies épargnées.

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Auteur

Jacqueline Nivelle

Rédactrice à iTransports, Jacqueline suit les lancements et l'actualité des constructeurs automobiles. Elle recoupe les sources officielles avant publication pour livrer une information claire et vérifiée.

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