Le retard de Hyundai cache un pari massif, transformer des millions de voitures en avantage logiciel
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
Hyundai accepterait deux années de retard sur son logiciel de conduite pour préparer un levier plus difficile à rattraper : les données produites par des millions de véhicules.
Le calendrier envisagé ferait glisser le lancement de sa technologie maison de fin 2027 à fin 2029. Entre-temps, le groupe coréen s’appuierait sur Nvidia pour déployer des systèmes avancés d’assistance à la conduite dès 2028, puis utiliser les données collectées afin d’entraîner sa propre plateforme Atria.

Deux ans de retard pour éviter une course logicielle perdue d’avance
Hyundai aurait pu lancer plus tôt une première version interne de son système de niveau 2++. Le constructeur aurait pourtant choisi de ralentir ce programme pour concentrer ses ressources sur une architecture conçue pour progresser à plus grande échelle.
Le plan placerait Nvidia au cœur de la phase intermédiaire. Des véhicules équipés de la plateforme Hyperion 10 arriveraient à partir de 2028 avec des caméras, des capteurs ultrasoniques et un radar. Le conducteur resterait responsable de la conduite et devrait conserver une surveillance constante du système.
Cette coopération donnerait à Hyundai une technologie exploitable avant que son logiciel propriétaire soit prêt. Elle lui permettrait aussi d’accumuler des situations de conduite réelles, indispensables pour améliorer les fonctions automatisées. Découvrez notre article sur Hyundai prépare un frein moteur virtuel, ses sportives électriques pourraient se rapprocher encore des GTI thermiques.
Plus de 7 millions de ventes annuelles pour alimenter Atria
Le principal atout de Hyundai se trouve dans la taille de son parc. Avec Kia, le groupe dépasserait 7 millions de véhicules vendus chaque année. Même si seule une partie de ces voitures participait à la collecte, le volume potentiel serait considérable.
Les données issues des systèmes Nvidia serviraient à entraîner et affiner Atria. Hyundai viserait ainsi un avantage en volume de données de conduite à l’horizon 2033. Le retard initial deviendrait alors un investissement : accepter une dépendance temporaire pour construire une technologie propriétaire nourrie par une flotte mondiale.

La quantité ne suffira toutefois pas. Les données devront être collectées avec les autorisations nécessaires, correctement classées et transformées en améliorations mesurables. La valeur du parc Hyundai dépendra donc autant de la qualité du traitement logiciel que du nombre de véhicules en circulation.
Du géant industriel au constructeur piloté par les données
Hyundai dispose déjà d’une longue expérience du changement d’échelle industriel. Dans sa page consacrée à l’histoire de la marque, Hyundai rappelle ce jalon daté de 1968 : « Son usine d’assemblage Ulsan, elle, est achevée en 1968. » Le pari engagé aujourd’hui déplacerait cette logique de volume vers le logiciel.
Le groupe envisagerait aussi le lidar pour de futurs systèmes de niveau 3, afin d’ajouter de la redondance entre les capteurs. Aucun calendrier précis n’est toutefois disponible pour cette étape, qui autoriserait la délégation de certaines tâches de conduite dans des conditions limitées.

La stratégie dépasse enfin l’automobile. La coopération avec Nvidia concernerait également des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle et les robots humanoïdes de Boston Dynamics. Hyundai chercherait ainsi à partager une même infrastructure de calcul entre véhicules, usines et robotique. Son retard logiciel ne deviendra un avantage que si Atria récupère réellement les enseignements de cette immense flotte à partir de 2028. Pour aller plus loin, retrouvez notre article sur les petites GTI ont presque disparu, Hyundai pourrait profiter de l’hybridation pour ramener l’i20 N en Europe.
