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Le retour de la 2CV passe par une alliance inattendue avec Leapmotor, et cette base inédite pourrait bien être la clé d’une citadine réellement abordable

Par Gilles MarchettiMis à jour le 20 octobre 2026
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Le retour de la Citroën 2CV passera par une base technique inédite, co-développée avec le constructeur chinois Leapmotor, que Stellantis présente comme la clé d’une citadine électrique enfin réellement abordable.

En mai 2026, Stellantis a lancé son programme E-Car, dédié aux citadines électriques vendues autour de 15 000 € en entrée de gamme. Les deux premières têtes d’affiche sont connues : la future Citroën 2CV, annoncée pour fin 2028 et préfigurée par un concept au Mondial de Paris 2026, et la remplaçante de l’actuelle Fiat Pandina.

Restait une inconnue : sur quelle plateforme ces modèles seraient-ils construits ? La réponse est tombée au Mondial de Paris, par la voix de Ned Curic, responsable du développement produit et technologie chez Stellantis.

Une base nouvelle, loin des architectures existantes

Deux pistes circulaient jusqu’ici : l’architecture STLA City de la Fiat 500e, ou la base technique de la Leapmotor T03, née du partenariat entre Stellantis et le constructeur chinois. La plateforme du projet E-Car ne reprendra aucune des deux. Il s’agira d’une base inédite, développée conjointement, avec le savoir-faire de Stellantis et la rapidité de Leapmotor.

« Notre plateforme-forme City existe depuis un moment, et c’est quelque chose que nous faisons bien. Mais nous apprenons de Leapmotor commenter aller plus vite. Nous avons appris comment concevoir une voiture en deux ans », a indiqué Ned Curic au Mondial de Paris 2026.

La collaboration dessine également le troisième modèle E-Car, visible en transparence sur une illustration de Stellantis : il serait badgé Leapmotor, probablement en remplacement de la T03.

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La vitesse chinoise, au service d’un projet conçu en Europe

« D’une certaine manière, ils travaillent comme une entreprise de technologie de la côte ouest », a détaillé le responsable, vantant la réactivité de Leapmotor face aux processus lourds des constructeurs historiques. L’échange est à double sens : « Nous apprenons beaucoup à Leapmotor, en matière de fabrication par exemple. »

Pour autant, le développement reste ancré en Europe, principalement depuis l’Italie. « C’est vraiment conçu en Europe, fabriqué en Europe », a insisté Ned Curic. « Nous utilisons les mêmes outils, les mêmes processus, les mêmes méthodes d’industrialisation. » Si le développement était mené en Chine, prévient-il, une partie du transfert de connaissances serait perdue.

Les voitures seront produites à Pomigliano d’Arco, là où l’actuelle Pandina, une hybride 1.0 BSG de 65 ch, est assemblée depuis 2024. Le modèle Fiat y remplacera la Pandina et pourrait se nommer Koala, un nom récemment déposé. Citroën a réfléchi aussi à une déclinaison utilitaire, à travers le concept 2 CV Fourgonnette.

Le prix, le véritable défi de cette 2CV électrique

Au-delà de la rapidité, c’est bien la maîtrise des coûts qui intéresse Stellantis chez Leapmotor. « C’est très difficile de faire une voiture de segment A et gagner de l’argent », reconnaît Ned Curic, passé par Toyota et Amazon avant de rejoindre le groupe. Les impératifs réglementaires européens ont alourdi les coûts, au point que le segment des petites citadines a presque disparu.

Le partenaire chinois a déjà fait ses preuves : la Leapmotor T03, disponible à partir de 17 900 € avec le bonus écologique, a signé une victoire et un record d’efficacité à l’EcoBest 2025. Dans la gamme Citroën, la future 2CV se glisserait entre l’Ami, quadricycle limité à 45 km/h, et la C3 électrique, disponible à partir de 18 290 €.

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Conclusion

Un point d’incertitude demeure : la catégorie d’homologation M1E, censée encourager ces citadines via des allègements réglementaires, pourrait ne pas être entérinée avant le lancement. « Nous pensons avoir trouvé une formule pour la rendre rentable avec ou sans ce cadre réglementaire », avance Ned Curic.

Reste une ironie de taille : Stellantis sollicite Leapmotor, un constructeur chinois, pour un programme censé défendre l’industrie européenne face à la concurrence chinoise. C’est précisément ce paradoxe qui fait de cette alliance la clé du retour de la 2CV.

 

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Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

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