Le SUV n’est que le début, McLaren prépare une rupture qui va bien au-delà de ses supercars
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McLaren confirme son arrivée sur le marché des SUV, mais son véritable projet consiste à transformer sa gamme, ses moteurs et son outil industriel pour ne plus dépendre uniquement des supercars à moteur central.
Le constructeur britannique va bénéficier d’un investissement de 500 millions de livres apporté par son propriétaire L’IMAD. Cette enveloppe financera de nouveaux modèles, une seconde installation d’assemblage au Royaume-Uni et le développement de moteurs en interne. Le SUV attendu avant 2030 sera la première manifestation visible de cette nouvelle stratégie.

Un SUV McLaren pour changer brutalement d’échelle
McLaren prépare un SUV performant dont le lancement doit intervenir avant 2030. Le modèle n’a encore ni nom officiel ni fiche technique définitive, mais son rôle est déjà clair : attirer davantage de clients et augmenter des volumes qui restent très faibles face aux autres marques de luxe.
L’usine de Woking a construit environ 2 000 voitures en 2025. Michael Straughan, directeur des opérations de McLaren, a rappelé lors d’un entretien avec Autocar que ce niveau représentait environ la moitié des ventes d’Aston Martin, données autour de 6 000 voitures par an.
Les Lamborghini Urus, Aston Martin DBX et Bentley Bentayga ont déjà montré le poids commercial que pouvait prendre un SUV dans la gamme d’un constructeur de prestige. McLaren est le dernier acteur majeur de cet univers à ne pas proposer de modèle haut sur roues.
Le segment SUV couvre désormais des positionnements radicalement différents. Dans son comparatif 2026, CapCar résume ainsi l’une des propositions accessibles du marché : « Le Dacia Bigster est la nouveauté à surveiller : le meilleur rapport prix/prestations du segment, dès 25 000 euros en neuf. » Le futur McLaren évoluera à l’autre extrémité du marché, avec une priorité donnée aux performances, à l’exclusivité et à la technologie.
La marque étudie notamment une monocoque en carbone, une solution qu’aucun SUV comparable n’utiliserait actuellement selon Michael Straughan. Ce choix préserverait une partie de l’ADN technique de McLaren, mais il pose encore des questions de coût, de confort et de réparabilité. La structure définitive n’est donc pas arrêtée.
Une seconde usine et deux moteurs développés en interne
Le changement le plus profond se trouve du côté industriel. Les 500 millions de livres investis par L’IMAD doivent financer une seconde installation d’assemblage britannique, distincte du McLaren Production Centre de Woking. Sa localisation n’a pas encore été communiquée.
McLaren refuse de confier ses futures voitures à une ligne appartenant à un autre constructeur. La marque veut une usine dédiée, mieux adaptée à ses faibles volumes et aux particularités de ses modèles. Le site principal de Woking et l’installation consacrée à la fibre de carbone à Sheffield doivent également être agrandis.
Cette capacité supplémentaire devient nécessaire parce que les futures McLaren ne partageront plus toutes la même implantation mécanique. Michael Straughan a confirmé l’arrivée de voitures à moteur avant, avec une transmission intégrale ou une propulsion selon les modèles. Une seule ligne serait difficilement capable d’assembler efficacement ces véhicules aux côtés des supercars actuelles à moteur central.

McLaren va aussi développer et produire ses moteurs en interne pour la première fois. Depuis la relance de la marque avec la MP4-12C en 2011, ses principaux moteurs étaient fournis par la société d’ingénierie Ricardo. Deux nouveaux blocs thermiques accompagnés de leurs boîtes de vitesses sont désormais programmés. Le constructeur ne détaille pas encore leur architecture, leur cylindrée ou leur puissance, mais confirme qu’ils soutiendront sa stratégie hybride.
La transformation doit créer au moins 1 000 emplois chez McLaren et dans les activités situées autour du constructeur. Environ 3 000 postes supplémentaires sont annoncés dans la chaîne d’approvisionnement. Le total potentiel atteint ainsi 4 000 emplois, avec un recrutement qui doit aussi passer par l’apprentissage, les stages et les programmes destinés aux jeunes diplômés.
Le moteur avant ouvre une nouvelle ère pour McLaren
Le SUV sert de première brique à une architecture beaucoup plus polyvalente. Une fois le moteur installé à l’avant, McLaren pourra techniquement envisager des modèles qui ne correspondent plus au schéma de ses supercars actuelles.
Michael Straughan a reconnu que cette implantation créait de nouvelles possibilités, tout en précisant qu’aucun programme supplémentaire n’était encore fermement décidé. Une grande routière capable de rivaliser avec la Bentley Continental GT, l’Aston Martin DB12 ou la Ferrari Amalfi apparaît comme une piste logique. Elle pourrait aussi remplacer, à terme, la GT lancée en 2019 avec une conception dérivée des supercars à moteur central.
Cette possibilité doit rester distincte du plan déjà validé. À ce stade, seul le SUV est officiellement confirmé. Les autres modèles à moteur avant dépendent encore des décisions techniques, du succès commercial de cette première nouveauté et du déploiement de la nouvelle capacité industrielle.
McLaren ne prévoit pas pour autant d’arrêter ses supercars pendant cette transition. La gamme actuelle continuera d’être produite à Woking pendant l’arrivée progressive des nouveaux véhicules. Le constructeur veut élargir son terrain de jeu sans abandonner les voitures qui ont construit son identité.
Le SUV attire naturellement l’attention, mais la rupture se situe ailleurs : McLaren prépare ses propres moteurs, une seconde usine et une famille d’architectures capable de porter plusieurs catégories de voitures. Le modèle attendu avant 2030 ouvrira donc une transformation industrielle appelée à redéfinir bien plus que la silhouette de la gamme.
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