L’industrie automobile traverse une période de turbulences, et Renault n’échappe pas à la tendance. L’usine de Sandouville, spécialisée dans la production de véhicules utilitaires, est frappée de plein fouet par une baisse d’activité qui entraîne des suppressions de postes massives. En 2025, la cadence de production ralentit, passant de 137 000 à 120 000 fourgons, ce qui conduit à la suppression de 323 contrats d’intérim. Une annonce qui suscite l’indignation des syndicats, dénonçant une gestion brutale des effectifs et des justifications discutables avancées par la direction.
Une baisse de production aux lourdes conséquences
Après une année 2024 marquée par une production record de 137 000 fourgons Renault Trafic, l’usine de Sandouville prévoit une réduction significative en 2025. L’objectif est fixé à 120 000 véhicules, soit une baisse de plus de 12 %.

Cette décision affecte directement les intérimaires : sur 600 actuellement en poste, 323 ne seront pas reconduits dès le 17 mars. Pour adapter ce nouveau rythme, l’usine passera d’un fonctionnement en deux équipes complètes à une équipe et demie. Retrouvez notre article sur Volkswagen : 35 000 emplois supprimés pour une transformation. radicale.
Une annonce qui met le feu aux poudres
Les syndicats réagissent vivement à cette décision. Lors d’un CSE extraordinaire du 11 mars, la CGT a choisi de boycotter les discussions, contestant les justifications avancées par la direction. « Les raisons invoquées ne tiennent pas la route», affirme Nicolas Guermonprez, secrétaire général de la CGT Renault Sandouville. De son côté, Renault évoque une baisse de 9,2 % des ventes d’utilitaires en Europe et l’impact des nouvelles normes sur les émissions de CO2, qui obligent le groupe à revoir sa stratégie. Retrouvez également notre article sur la Porsche supprime 1900 postes, la marque allemande dans la tourmente sous fond de conflit électrique.
Les normes environnementales au centre du débat
Depuis janvier 2025, l’Union européenne impose des seuils d’émissions plus stricts, assortis de lourdes pénalités. Renault justifie la réduction d’effectifs par la nécessité d’absorber ces coûts, une explication que la CGT rejette en pointant le lissage de ces amendes sur trois ans. Le syndicat dénonce surtout un recours abusif aux intérimaires, utilisés comme variable d’ajustement. Il prévoit d’exiger la requalification en CDI des intérimaires restants et attend avec impatience la décision du tribunal du Havre le 10 avril sur ce dossier.

L’avenir de Sandouville reste incertain, alors que le secteur automobile est confronté à des mutations profondes. Cette situation illustre les tensions entre impératifs économiques et préoccupations sociales, avec des salariés en première ligne des ajustements industriels. Pour aller plus loin, découvrez notre article sur en pleine tourmente, Ford annonce à son tour des milliers de licenciements.

