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Renault parie sur des silhouettes familieres pour vendre de l’electrique, et la R5 est la preuve la plus claire de cette strategie

Par Jacqueline NivelleMis à jour le 28 octobre 2026
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Renault mise sur des silhouettes déjà familières pour faire accepter l’électrique, et la R5 est la démonstration la plus nette que le design hérité sert ici de levier de confiance et de conquête intergénérationnelle.

Pourquoi la R5 ne revient-elle qu’en électrique, alors que Renault maîtrise déjà l’hybride dans sa gamme ? La réponse tient d’abord à une contrainte de design : avec un moteur thermique, la nouvelle R5 n’aurait pas pu conserver exactement le dessin qui fait aujourd’hui son identité.

Dans un entretien accordé au média allemand Edison, publié le 24 octobre 2026, Laurens van den Acker, directeur du design du groupe Renault, détaille un paradoxe que l’on perçoit peu de l’extérieur : c’est l’architecture électrique qui a dicté les proportions de la voiture, et donc sa ressemblance avec la Renault 5 historique.

Renault 5 E-Tech
@Renault : 5 E-Tech vue de profil

Un moteur essence aurait cassé les proportions de la R5

La R5 actuelle reprend les codes de sa devancière : silhouette compacte, roues repoussées vers les extrémités, porte-à-faux courts. Ces proportions sont au cœur de sa ressemblance avec le modèle des années 1970.

Elles auraient pourtant été difficiles à reproduire avec une mécanique traditionnelle, selon Laurens van den Acker. Un moteur à combustion aurait imposé un porte-à-faux avant nettement plus long, pour loger le bloc et son refroidissement. L’électrique a permis de conserver un moteur compact, un empattement relativement long et des roues de grand diamètre.

Le paradoxe est simple : une technologie récente a permis à Renault de retrouver les proportions de ses voitures d’il y a quarante ou cinquante ans. À l’époque, les contraintes de conception et de sécurité laissaient dessiner des petites voitures aux extrémités très courtes. Aujourd’hui, les zones de déformation et l’encombrement mécanique compliquent cet exercice, et la plateforme électrique offre davantage de liberté pour répartir les composants.

Le patrimoine, arme de différenciation face aux constructeurs chinois

Ce retour de la R5 s’inscrit dans une stratégie plus large. Renault a commencé à travailler sur ses modèles historiques au moment où il préparait sa transition vers des plateformes électriques spécifiques. La question posée par Laurens van den Acker : comment distinguer des automobiles dont les technologies deviennent de plus en plus comparables ?

La réponse a été de s’appuyer sur l’histoire de la marque. R5, Renault 4, Twingo : ces noms donnent des électriques dont le style évoque immédiatement l’héritage de Renault. Pour le directeur du design, ces silhouettes familières rassurent les acheteurs confrontés à une motorisation nouvelle, et elles attirent des générations qui n’ont jamais connu les modèles d’origine. Le levier est double : la confiance pour les hésitants, la conquête pour les plus jeunes.

Renault 5 design intérieur
@Renault : 5 design intérieur

Le design devient aussi un moyen de se distinguer des constructeurs chinois, très compétitifs sur la technologie, les prix et la rapidité de développement. La logique se prolonge dans toute la gamme : la Scenic, autre nom historique ressuscité, revendique jusqu’à 642 km d’autonomie selon le cycle WLTP, d’après Renault.

Une R5 moderne sous un dessin rétro

Le modèle actuel ne reproduit pas la voiture d’origine à l’identique. Il mesure 3,92 mètres de long et repose sur une plateforme dédiée à l’électrique. Cinq portes, des roues de 18 pouces, un coffre de 326 litres : la voiture répond aux exigences actuelles de sécurité, d’habitabilité et de prestations.

Van den Acker reconnaît que la R5 contemporaine est plus haute que son ancêtre. Les grandes roues préservent toutefois l’équilibre visuel de la silhouette, qu’il compare à une ancienne Renault 5 agrandie d’environ 10 %.

Renault 5 vue arrière
@Renault : 5 vue arrière

La gamme reste 100 % électrique en France : une batterie de 40 kWh associée à un moteur de 120 ch, et une batterie de 52 kWh avec 150 ch. Cette dernière configuration atteint 430 km d’autonomie selon le cycle WLTP dans la version Évolution Autonomie Confort, avec une recharge de 15 à 80 % en environ 30 minutes sur borne rapide adaptée. Le 0 à 100 km/h est annoncé en 8 secondes et la recharge en courant continu accepte jusqu’à 100 kW.

En dernier ressort, l’absence de R5 hybride en dit plus sur la stratégie que sur la technique. Renault a dessiné sa citadine autour de l’électrique pour préserver un visage reconnaissable, et ce visage est devenu un argument commercial. Le design hérité fonctionne comme un levier de confiance face à une motorisation nouvelle et comme un outil de conquête auprès des générations qui n’ont jamais connu la R5 d’origine.

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Auteur

Jacqueline Nivelle

Rédactrice à iTransports, Jacqueline suit les lancements et l'actualité des constructeurs automobiles. Elle recoupe les sources officielles avant publication pour livrer une information claire et vérifiée.

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