Le constructeur automobile français Renault a conclu un accord stratégique avec le groupe chinois Geely pour produire des véhicules électriques au Brésil.

Cette alliance, officialisée début novembre 2025, marque un tournant dans la stratégie industrielle de Renault en Amérique latine, et s’inscrit dans un contexte global où les partenariats sino-européens se multiplient.
Une prise de participation significative de Geely
Geely devient actionnaire à hauteur de 26,4 % de Renault do Brasil, filiale brésilienne du groupe français.
Il ne s’agit donc pas d’un simple partenariat commercial, mais bien d’une alliance industrielle de long terme, avec une implication directe dans la production locale.
L’usine Renault de Curitiba (Paraná) sera au cœur de ce partenariat : elle produira des modèles Geely destinés au marché sud-américain, à commencer par le SUV électrique EX5.
Ces véhicules seront commercialisés via un réseau spécifique, mais opéré par Renault.
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Une réponse aux tensions commerciales internationales
Ce projet illustre une stratégie croissante des constructeurs chinois : contourner les barrières douanières européennes en implantant leur production hors de Chine.
Geely fait face à une taxe de 18 % sur ses exportations vers l’Union européenne, et cherche à diversifier ses sites de production. Après la Corée du Sud, le Brésil devient un nouveau point d’ancrage stratégique pour le groupe.
Pour Renault, l’enjeu est différent : il s’agit avant tout de pérenniser l’activité de ses usines et de renforcer son offre sur un marché en croissance.
En ouvrant ses lignes de production à Geely, le groupe français sécurise son outil industriel et s’offre un accès technologique.
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Un échange technologique à double sens
En contrepartie de cette implantation industrielle, Renault bénéficiera de la plateforme électrique GEA développée par Geely. Ce socle technologique permet de concevoir des véhicules électriques et hybrides à moindres coûts.
Renault pourra ainsi enrichir rapidement sa gamme sans engager de lourds investissements en R&D.
Par ailleurs, la coopération s’étend à la co-entreprise Horse, spécialisée dans les motorisations thermiques.
Cette mutualisation des ressources vise à accélérer l’innovation tout en maîtrisant les coûts dans un marché de plus en plus compétitif.
Une tendance qui questionne en Europe
Renault n’est pas le seul constructeur européen à s’ouvrir aux groupes chinois. Stellantis a récemment signé un partenariat avec Leapmotor, tandis que Volkswagen explore des pistes de coopération avec Xpeng.
Si ces alliances permettent d’optimiser les capacités industrielles européennes, elles suscitent des inquiétudes croissantes en matière de souveraineté technologique.
Les autorités européennes redoutent notamment des transferts de technologies sensibles ou des risques de dépendance accrue vis-à-vis de la Chine, dans un contexte géopolitique tendu.
En résumé, l’accord Renault-Geely au Brésil illustre une nouvelle phase d’internationalisation stratégique pour les deux groupes : production délocalisée, technologies partagées, et complémentarité industrielle.
Mais cette alliance, comme d’autres en cours, soulève aussi des débats de fond sur l’autonomie industrielle de l’Europe face à la montée en puissance des acteurs chinois.

