Quand le Cheval Cabré troque son ADN mécanique contre le minimalisme de la Silicon Valley. Présentée en grande pompe à Rome ce lundi 25 mai 2026, la Ferrari Luce toute première supercar 100 % électrique de l’histoire de Maranello suscite déjà une immense polémique au lendemain de sa révélation.
Facturé au tarif astronomique de 550 000 euros hors taxes, cet ovni à cinq portes et 1 050 chevaux a été cosigné par Sir Jony Ive et Marc Newson, les designers légendaires d’Apple. Si sa fiche technique promet des performances stratosphériques, sa silhouette de monovolume épuré bouscule 78 ans de tradition automobile. Un virage clivant qui donne l’impression tenace que Ferrari vient de commercialiser l’Apple Car que Cupertino n’a jamais osé sortir.
C’est un séisme culturel dont les répliques secouent déjà les forums de passionnés et le petit monde de l’automobile de luxe. En levant le voile sur la Luce, Ferrari ne se contente pas de passer à la fée Électricité ; elle redéfinit totalement son approche du design. Pour la première fois, une création de Maranello semble avoir été pensée comme un produit tech haut de gamme plutôt que comme une sculpture aérodynamique sculptée autour d’un bloc thermique. Un blasphème pour les tifosis, un coup de génie pour une nouvelle génération de clients fortunés.
Pourquoi Ferrari a choisi l’approche Apple pour sa première électrique
En 2019, Jony Ive quitte Apple après avoir façonné l’iMac, l’iPod, l’iPhone. Il fonde LoveFrom avec Marc Newson, designer australien dont la réputation dépasse largement l’automobile. Ensemble, ils apportent à Maranello une philosophie inédite chez Ferrari : concevoir une voiture comme un produit.

Cinq ans de développement confidentiel ont suivi. LoveFrom a travaillé en parallèle du Centro Stile Ferrari, sous la direction de Flavio Manzoni un dialogue entre tradition sportive italienne et minimalisme californien.
La méthode LoveFrom est radicale. Marc Newson l’a dit lui-même : il a dessiné la Luce autour de l’habitacle, pas autour de la mécanique. L’expérience du passager prime sur la silhouette. C’est exactement ainsi qu’Apple a conçu l’iPhone l’écran d’abord, le reste ensuite.
Jony Ive a refusé le tout-tactile à bord, qu’il qualifie de « mauvaise technologie » pour conduire. Lui qui avait imposé l’écran tactile au monde entier chez Apple fait ici le chemin inverse signe que LoveFrom a réfléchi à l’usage réel, pas à l’effet de démonstration.
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Le design qui divise : quand une Ferrari ressemble à un objet Apple
Sur les forums de passionnés, le verdict est tombé en trois mots : « Ce n’est pas une Ferrari. » La Luce a déclenché la réaction que son design appelait.

Le volant est usiné à 100 % en aluminium recyclé, avec des éléments en verre. Pas de cuir piqué main. Pas de carbone apparent. Un objet qui évoque davantage un accessoire Apple qu’un volant de Maranello.
Les jantes arrière mesurent 24 pouces du jamais-vu en série chez Ferrari. Elles changent radicalement les proportions visuelles de la voiture et signalent immédiatement que la Luce ne joue pas dans la même catégorie que la 296 GTB ou la SF90.
La Luce mesure 5,02 m de long pour 1,54 m de haut. Son coffre affiche 597 litres, le plus vaste de l’histoire de la marque. Une berline familiale aux dimensions généreuses à l’opposé des codes visuels de la supercar Ferrari traditionnelle.
Le son divise aussi. Ferrari a développé une sonorité moteur artificielle inspirée d’une guitare électrique, diffusée à l’intérieur comme à l’extérieur. Les puristes du rugissement V12 n’y verront qu’un simulacre. Les autres y entendront peut-être une nouvelle signature sonore.

Ferrari assume la rupture : « N’achetez pas la Luce » si vous êtes puriste
Ferrari n’a pas cherché à rassurer ses clients historiques. La marque leur a envoyé un message direct : « N’achetez surtout pas la Luce. » Une phrase qui n’appartient pas au vocabulaire habituel du marketing automobile de luxe. Ferrari l’assume.

La cible est ailleurs. Familles ultra-premium. Tech billionaires. Acheteurs qui n’ont jamais possédé de Ferrari mais qui ont grandi avec Apple. Des clients qui veulent cinq places, 597 litres de coffre et 1 050 chevaux sans compromis sur le confort ou la praticité.
Le prix d’entrée est fixé à 550 000 euros hors taxes en Europe, avec des premières livraisons attendues au quatrième trimestre 2026.
Les performances sont là pour que personne ne doute de l’identité Ferrari : zéro à 100 km/h en 2,5 secondes, vitesse de pointe à 310 km/h, autonomie WLTP supérieure à 530 km.
Sous la carrosserie, l’architecture est inédite. Quatre moteurs électriques, un par roue. Batterie de 122 kWh en architecture 800 V, co-développée avec SK On, rechargeable jusqu’à 350 kW. Structure entièrement en alliage d’aluminium, sans acier. Poids de 2 260 kg. Le centre de gravité est abaissé de 95 mm par rapport au Purosangue grâce au plancher-batterie.

Ferrari a consulté la NASA pour optimiser les accélérations et réduire l’inconfort physique des poussées brutales à haute puissance. Les portes arrière s’ouvrent en antagoniste, comme sur le Purosangue. L’absence d’arbre de transmission libère l’espace intérieur et permet d’accueillir cinq passagers une première dans l’histoire de Ferrari.
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Conclusion
La Ferrari Luce ne cherche pas à réconcilier les puristes avec l’électrique elle les invite à partir. En confiant ce projet à LoveFrom, Ferrari revendique un tournant net : elle cible désormais les acheteurs qui n’ont jamais possédé de Ferrari, pas ceux qui en ont toujours rêvé.
À 550 000 euros, la Luce s’adresse à ceux qui n’ont jamais eu besoin d’une Ferrari pour la vouloir. Êtes-vous de ceux-là ou de ceux à qui Maranello dit explicitement de passer leur chemin ?

