Stellantis prépare une voiture électrique à moins de 15 000 € et cela pourrait tout changer sur le marché

Stellantis prépare une voiture électrique à moins de 15 000 € et cela pourrait tout changer sur le marché

Mi-mai 2026, Stellantis a officialisé le projet E-Car. Le prix de départ annoncé : autour de 15 000 €. C’est le seuil psychologique que personne en Europe n’avait encore franchi.

Le nom n’est pas un hasard. Antonio Filosa, PDG de Stellantis, a lui-même défini l’acronyme : « E-Car signifie European, Emotional, Electric, Environmental friendliness. » Quatre mots pour une ambition claire : reconquérir le marché de masse avec une voiture qui parle aux Européens.

Stellantis a officialisé le projet E-Car
@Stellantis : a officialisé le projet E-Car

La production est prévue à l’usine de Pomigliano d’Arco, en Italie, à partir de 2028. Ce choix industriel est un signal politique autant qu’économique. Pomigliano est un site historique de Fiat, aujourd’hui sous-utilisé. Le faire revivre avec un modèle électrique, c’est une déclaration d’intention.

Techniquement, le projet s’appuie sur le partenariat avec Leapmotor, constructeur électrique chinois dans lequel Stellantis détient 21 % du capital. C’est cette alliance qui rend le prix possible. Leapmotor maîtrise les plateformes électriques bas coût. Stellantis y accède sans repartir de zéro.

Les spécifications restent des estimations à ce stade. La batterie serait comprise entre 25 et 35 kWh. L’autonomie en cycle WLTP se situerait entre 200 et 300 km. La puissance moteur oscillerait entre 70 et 100 ch (estimations Stellantis, 2026). Ce sont des chiffres cohérents avec un usage urbain et périurbain quotidien.

En France, le bonus écologique pourrait ramener le prix net entre 12 000 et 13 000 € (estimation, 2026). À ce tarif, l’E-Car entre dans une catégorie que l’électrique européen n’a jamais réellement occupée. Découvrez notre article sur Stellantis se lance dans la course aux petites voitures électriques à bas prix : ce qui pourrait changer en Europe.

La guerre des prix : pourquoi Stellantis doit frapper vite et fort

Derrière la formule d’Antonio Filosa, il y a une urgence réelle. Le segment ultra-abordable est déjà en train de se jouer, et les places sont comptées.

La Dacia Spring est aujourd’hui à environ 17 000 €. C’est la référence du marché. Dacia travaillerait également sur un modèle d’entrée de gamme sous les 15 000 €, selon des informations de presse non confirmées officiellement (Les Numériques, octobre 2025). Renault a lancé sa Twingo électrique à 17 990 €. Les constructeurs européens bougent. Mais pas assez vite.

Stellantis a officialisé le projet E-Car
@Stellantis : a officialisé le projet E-Car

BYD s’est imposé parmi les premiers vendeurs de voitures électriques au Royaume-Uni depuis début 2026, selon Stella Li, vice-présidente du constructeur. Ce n’est pas une anecdote. C’est un signal de bascule. Le constructeur chinois fabrique lui-même ses batteries lithium-fer-phosphate et contrôle toute sa chaîne d’approvisionnement. Cet avantage structurel lui permet de casser les prix sans saigner ses marges.

La pression se lit dans les chiffres. Les véhicules électriques affichent des réductions moyennes de 18,4 % en Europe, bien au-dessus des hybrides et des thermiques. Ce n’est pas de la promotion commerciale. C’est une guerre des prix déclarée.

Pourtant, le marché répond. Les ventes de véhicules électriques ont bondi de 51 % en mars 2026 en Europe, atteignant 17 % du marché contre 13 % un an plus tôt. La demande est là. La question est de savoir qui va la capter.

Un enjeu stratégique pour l’Europe : emplois, valeur ajoutée et crédibilité retrouvée

Derrière le prix affiché, il y a une équation industrielle bien plus lourde. Jusqu’à 350 000 emplois sont menacés en Europe d’ici 2030, et 23 % de la valeur ajoutée européenne du secteur automobile est à risque. Ces chiffres donnent une autre dimension au projet E-Car.

Stellantis arrive dans ce débat avec un bilan difficile. Le groupe a publié une perte nette de 6 milliards d’euros pour 2024, aggravée par des dépréciations massives d’actifs industriels. Cette hémorragie financière a fragilisé sa crédibilité sur la transition électrique. Antonio Filosa a pris la tête du groupe début 2025 avec une mission de redressement. Le projet E-Car est sa première annonce offensive.

Stellantis a officialisé le projet E-Car
@Stellantis : a officialisé le projet E-Car

Produire à Pomigliano, c’est aussi répondre à une pression politique italienne et européenne. Les usines Stellantis sous-utilisées sont dans le viseur. BYD discuterait même d’un éventuel rachat de certains de ces sites, selon des déclarations de Stella Li, vice-présidente du constructeur chinois (2026). Si cette information se confirme, l’urgence pour Stellantis de réactiver ses capacités industrielles devient encore plus pressante.

Le projet E-Car est avant tout un argument industriel : démontrer que l’Europe peut produire un véhicule électrique compétitif sur son sol, sans délocaliser.

Si Stellantis tient ses promesses de prix et de qualité en 2028, le projet E-Car pourrait devenir la référence qui manquait à l’électrique européen sur le segment d’entrée de gamme. Deux ans d’attente pour un électrique européen à 15 000 € : le calcul est simple face aux modèles chinois déjà disponibles.

Jacqueline