La Mini “ultra-compacte” bientôt de retour ? Ce projet relance la guerre des micro-citadines

La Mini “ultra-compacte” bientôt de retour ? Ce projet relance la guerre des micro-citadines

Ce n’est pas la première fois que Mini regarde vers le bas de la gamme. En 2011, la marque avait présenté le concept Rocketman : une micro-citadine de segment A, compacte, urbaine, fidèle à l’ADN originel de la marque. Le projet avait été abandonné. Faute de rentabilité. Faute de partenaire industriel.

Quinze ans plus tard, l’ambition revient. Holger Hampf, patron du design chez Mini, a confirmé à Auto Express le 25 mai 2026 que la marque étudie activement le retour d’une micro-citadine de segment A à l’horizon 2030. Le mot « étudie » compte : ce n’est pas une annonce de lancement, mais une déclaration officielle d’un dirigeant clé.

Mini Cooper SE design extérieur
@Mini : Cooper SE design extérieur

La trajectoire récente de Mini rend ce retour d’autant plus frappant. Depuis le lancement de la nouvelle génération sous pavillon BMW en 2001, la marque s’est progressivement éloignée de ses racines ultra-compactes. La Cooper a grossi. Le Countryman est devenu un SUV compact. L’Aceman occupe le segment B. La gamme actuelle n’a plus rien d’une micro-citadine.

Revenir au segment A serait à la fois un retour aux sources et une rupture stratégique. Et cette fois, Mini cherche explicitement un partenaire industriel pour co-développer le véhicule, condition sine qua non pour que le projet ne connaisse pas le même sort que le Rocketman.

La guerre des micro-citadines électriques : Mini face à Smart, Renault et Volkswagen

« Mini cherche un partenaire industriel pour co-développer ce véhicule ultra-compact », déclarait Holger Hampf à Auto Express. Cette recherche révèle que Mini a pris conscience d’une guerre déjà engagée par ses concurrents, et qu’elle ne peut pas se permettre d’arriver sans munitions.

Smart est la plus avancée. La marque, désormais détenue par Geely et Mercedes-Benz, a annoncé le retour de sa micro-citadine deux places sous le nom Smart #2, successeur de la ForTwo. Longueur estimée à 2,8 mètres, architecture propriétaire dédiée aux ultra-compactes, design assuré par Mercedes-Benz. Commercialisation annoncée pour fin 2026, une échéance qui reste à confirmer. Production en Chine. La ForTwo originale avait cessé d’être produite en 2019 ; son successeur revient avec des ambitions mondiales.

Mini Cooper SE design intérieur
@Mini : Cooper SE design intérieur

Renault joue la carte européenne. La Twingo E-Tech électrique est relancée, produite en Europe, avec une cible tarifaire serrée pensée pour capter les acheteurs urbains sensibles au prix. Volkswagen, de son côté, a présenté le concept ID.1, micro-citadine électrique positionnée en entrée de gamme du groupe. Kia travaillerait sur un modèle d’entrée de gamme électrique pour le segment A, attendu sous le nom EV1 selon plusieurs médias spécialisés.

Les objectifs CO₂ durcis et les discussions autour de véhicules électriques abordables poussent les constructeurs à descendre en gamme. Ce n’est plus une option commerciale. C’est une réponse à une pression normative croissante.

Mini observe cette guerre se former, sans y avoir encore engagé un seul modèle.

Le défi de BMW/Mini : trouver un partenaire pour rester compétitif

La Mini originale de 1959 était une micro-citadine conçue pour rendre la mobilité urbaine accessible au plus grand nombre. Alec Issigonis l’avait dessinée pour répondre à une crise. Aujourd’hui, Mini voudrait y revenir, mais dans un contexte industriel radicalement différent.

Le problème central est économique. BMW ne dispose pas de la même mutualisation des coûts que ses concurrents multimarques. Stellantis peut amortir le développement d’une plateforme de segment A sur la Citroën ë-C3, la Fiat Grande Panda, et demain la future 2CV électrique. Volkswagen Group peut faire de même sur l’ID.1 et ses déclinaisons de marque. BMW/Mini n’a pas ce levier.

Une cible tarifaire autour de 15 000 € est évoquée pour les micro-citadines électriques du segment A, un plancher que le marché commence à accepter. Pour Mini, marque premium, la question n’est pas d’atteindre ce prix, mais de rester crédible face à des concurrents capables de le proposer.

Mini Cooper SE vue arrière
@Mini : Cooper SE vue arrière

Un partenariat industriel permettrait de partager la plateforme, les coûts de développement, et les volumes de production nécessaires à la rentabilité. Sans cela, le projet risque de reproduire exactement le scénario de 2011 : une belle ambition, sans suite industrielle.

Mini a l’ADN. Mini a le désir. Ce qui lui manque encore, c’est l’allié capable de transformer ce projet en voiture réelle d’ici 2030.

Mini n’a pas le choix : revenir au segment ultra-compact est devenu une nécessité stratégique, pas une option. Mais contrairement à ses concurrents, elle ne peut pas le faire seule, et c’est précisément ce qui rend ce projet à la fois ambitieux et fragile.

Si Mini trouve le bon partenaire d’ici 2030, une micro-citadine premium électrique signée Mini pourrait redéfinir le segment A. La question n’est pas de savoir si le marché en veut, mais si BMW est prêt à en payer le prix industriel.

Jacqueline