Une simple case à cocher, et cette appli tente de retrouver chaque recharge cachée dans la consommation du foyer
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MySelectra veut répondre à une question très simple que la facture d’électricité ne détaille jamais : combien la voiture électrique consomme vraiment à la maison.
La nouveauté tient en apparence à peu de chose. Dans l’application, une case « Borne de recharge de voiture électrique » peut être activée dans les détails du logement. Une fois cochée, MySelectra tente de repérer les recharges cachées dans la courbe de consommation du foyer.
L’idée est séduisante, surtout pour les conducteurs qui rechargent à domicile. Entre le chauffage, l’eau chaude, l’électroménager et la voiture, la facture finale mélange tout. La voiture électrique devient alors une grosse ligne invisible.

Mais le point important est là : l’application ne transforme pas la borne en compteur certifié. Elle cherche une signature électrique dans les données du compteur communicant, puis estime ce qui revient à la voiture.
Une case à cocher pour isoler la recharge de la voiture
Le fonctionnement présenté par Selectra commence dans les paramètres de l’application MySelectra. L’utilisateur déclare la présence d’une borne de recharge électrique, sans indiquer de marque, de modèle ou de puissance précise.
Une carte dédiée apparaît ensuite dans le suivi de consommation. Elle affiche la puissance détectée, puis ouvre une fiche avec l’analyse des recharges sur le dernier mois disponible.
Sur le profil de démonstration cité, l’application estime la borne à 3,7 kW et la consommation moyenne de la voiture à 131 kWh par mois. Pour la période du 12 juillet au 9 août, MySelectra affiche 128,8 kWh chargés en 13 sessions, soit trois recharges par semaine, avec une durée moyenne de 2 h 54. Retrouvez notre article sur sous la canicule, une voiture électrique peut perdre en autonomie et recharger moins vite à ces horaires précises : le double piège des grands départs.
Ces chiffres ne doivent pas être lus comme une promesse universelle. Ils décrivent un compte de démonstration. Leur intérêt est surtout de montrer ce que l’application veut rendre visible : une énergie chargée, un rythme de branchement et des habitudes horaires.
Ce que l’application détecte vraiment dans la courbe Linky
MySelectra s’appuie sur la courbe de consommation du logement, récupérée auprès d’Enedis, avec des relevés toutes les 30 minutes. Une recharge de voiture électrique laisse normalement une trace assez différente d’un usage domestique classique.
Le signal recherché ressemble à un palier stable, long et régulier. Un four, un lave-linge ou un réfrigérateur produisent des variations plus courtes ou plus irrégulières. La borne, elle, peut tirer une puissance proche de 3,7 kW, 7,4 kW ou 11 kW selon l’installation.

L’application tente alors de séparer, demi-heure par demi-heure, la part attribuée à la voiture et celle attribuée au reste du foyer. C’est cette séparation qui permet d’afficher des sessions datées, avec une heure de début, une durée et une quantité d’énergie estimée.
Le cas pratique est parlant. Si un conducteur branche surtout le vendredi et le dimanche vers 21 h, l’application peut faire apparaître cette routine. Il peut alors regarder si son contrat actuel colle vraiment à ses usages, ou si une offre heures creuses, week-end ou Tempo mérite d’être comparée sur sa consommation réelle.
Utile pour le budget, mais pas à prendre comme un compteur de borne
Le premier intérêt est budgétaire. Beaucoup d’automobilistes savent combien ils paient d’électricité au total, mais pas combien leur voiture ajoute réellement à la facture. Une estimation séparée change la discussion : on ne parle plus seulement d’un prix au kWh, mais d’un usage mensuel identifiable.
Le deuxième intérêt concerne la borne elle-même. Si la puissance détectée ne correspond pas à ce qui était attendu, le conducteur peut se poser les bonnes questions : installation bridée, réglage différent, limite côté véhicule ou simple estimation à confirmer.
Le troisième intérêt touche aux habitudes. Une voiture branchée tard le soir, toujours les mêmes jours, ne se pilote pas comme une voiture branchée à n’importe quel moment. Pour choisir une offre d’électricité, ce détail peut compter davantage qu’une simulation théorique.
La limite reste nette. MySelectra ne mesure pas directement l’énergie à la borne. Aucun boîtier supplémentaire n’est installé sur le circuit de recharge. L’application produit une détection à partir des données du compteur, avec environ un jour de décalage sur les relevés Enedis. Retrouvez aussi notre article sur la recharge pendant la canicule : ces 5 réflexes peuvent préserver l’autonomie de votre voiture électrique cet été.
Quatre conditions sont aussi nécessaires : disposer d’un compteur communicant, autoriser la collecte de la consommation, déclarer la borne dans l’application et attendre assez d’historique pour que les recharges ressortent. Selectra précise en outre que la fonctionnalité est en cours de déploiement et peut encore comporter des erreurs.
La promesse reste intéressante, justement parce qu’elle ne demande rien de plus qu’une donnée déjà disponible. Pour un conducteur électrique, voir la recharge sortir enfin du brouillard domestique peut suffire à mieux comprendre son budget, sa borne et son rythme réel d’utilisation.
