Ce moteur thermique Audi ne propulserait pas la voiture : il chaufferait l’habitacle et la batterie, une astuce pour sauver l’autonomie en hiver
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Audi a déposé deux brevets autour d’un prolongateur d’autonomie où le moteur thermique ne propulse pas la voiture : sa chaleur chaufferait l’habitacle et la batterie, une piste pour sauver l’autonomie en hiver.
Audi prend le contre-pied de l’industrie. Là où la plupart des constructeurs retirent les moteurs thermiques de leurs gammes, le constructeur allemand cherche à en réintégrer dans des plateformes pensées pour l’électrique. Objectif : des hybrides à prolongateur d’autonomie, aussi appelés EREV.
Fondé par August Horch en 1909, le constructeur d’Ingolstadt explore une technologie encore confidentielle en Europe, mais plébiscitée en Chine. Deux brevets viennent d’être déposés, l’un en Allemagne et l’autre aux États-Unis.
L’EREV, une mécanique de secours greffée sur l’électrique
Un EREV roule comme une voiture électrique. Ses roues sont entraînées par un moteur électrique, tandis qu’un moteur thermique sert uniquement à recharger la batterie pour prolonger l’autonomie. Audi veut adapter ce principe aux modèles électriques déjà présents dans sa gamme, dont les plateformes n’ont jamais été conçues pour accueillir une telle mécanique.
Le premier brevet, déposé auprès de l’Office allemand, décrit l’intégration d’un moteur thermique dans un espace restreint. L’idée : le placer au-dessus du bloc électrique, à l’avant, en le fixant sur les têtes d’amortisseur à la manière d’une barre anti-rapprochement plutôt que sur le berceau avant. De quoi limiter les modifications structurelles et les coûts.
Ce montage en hauteur ajoute toutefois du poids sur le train avant et remonterait le centre de gravité. Un troisième point de fixation est prévu pour limiter les mouvements du balancier. Le brevet ne précise pas encore quel type de moteur serait utilisé, ni quel modèle ou quelle plateforme serait concernée.
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Un moteur thermique qui chauffe plus qu’il ne propulse
Le deuxième brevet change la logique. Le moteur thermique n’est pas pensé pour tourner en permanence, mais pour recharger la batterie quand la recharge n’est pas possible. Et il ferait bien plus : sa chaleur serait récupérée pour chauffer l’habitacle, à la place d’un chauffage électrique énergivore, et pour maintenir la batterie à sa température idéale.

En hiver, chauffer l’habitacle figure parmi les premiers postes de consommation d’une voiture électrique. Utiliser la chaleur déjà produite par le moteur thermique afin de préserver l’autonomie et les capacités de recharge. C’est ce point qui rend cette approche intéressante pour les régions froides.
Le système ira encore plus loin. Couplé au rapprocher de trajet, il optimiserait le déclenchement du moteur thermique en fonction du dénivelé, de la température prévue et du prix des bornes. Il pourrait ne se lancer que pour atteindre une charge moins chère, si l’économie réalisée est jugée suffisante.
Une piste d’ingénierie encore loin de la série
Rien n’indique que ces brevets déboucheront sur un modèle de série. Les EREV restent peu populaires en Europe, et la question économique demeure : brûler de l’essence pour économiser quelques centimes par kilowattheure peut sembler discutable.
La pression est pourtant réelle pour Audi. Ses ventes ont reculé de 12 % à 1,67 millions d’unités en 2024, et la marque visait entre 1,7 et 1,8 millions de ventes en 2025, selon La Voix du Sud. Outre-Atlantique, elle est par contrainte d’étendre ses activités sous la pression de l’administration Trump.
L’influence du marché chinois, malgré ses difficultés actuelles, pourrait favoriser la mise en production. Mais à ce stade, ces deux brevets concernent surtout une direction de recherche, pas un modèle annoncé.
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Conclusion
En imaginant un prolongateur d’autonomie capable d’exploiter la chaleur thermique d’un moteur d’appoint pour préserver la batterie en hiver, Audi livre une réflexion d’ingénierie novatrice pour contourner les limites physiques du 100 % électrique par grand froid. Alors que la technologie EREV séduit de plus en plus d’automobilistes à travers le monde, cette approche calorifique pourrait-elle redonner une seconde vie au moteur thermique au sein de nos futures voitures électriques ?
