Auto

Les phares sont plus efficaces que jamais, et pourtant les conducteurs n’ont jamais autant pesté, le paradoxe de la nuit au volant

Par Gilles MarchettiMis à jour le 25 octobre 2026
Retrouvez iTransports sur GoogleAjoutez notre source pour suivre nos actualités auto plus facilement
Partager :FacebookXWhatsApp

 

Des phares jamais aussi efficaces et des conducteurs jamais autant éblouis : l’enquête de Start Rescue chiffre ce paradoxe nocturne, et l’explication ne tient pas qu’à la technologie.

Le passage à l’heure d’hiver, ce week-end, rallonge mécaniquement les trajets de nuit. C’est aussi le moment où revient la plainte la plus universelle des automobilistes : l’éblouissement par les feux des autres véhicules. L’entreprise anglaise d’assistance et de dépannage Start Rescue a mis des chiffres dessus.

86 % des répondants disent être régulièrement éblouis la nuit par des phares trop puissants en sens inverse, et près de 90 % le sont au moins de temps en temps. Un tiers l’est même de jour, face à des optiques restées allumées. Le paradoxe est posé : l’éclairage n’a jamais été aussi bon, la gêne n’a jamais été aussi partagée.

La technologie n’explique pas tout

Il y a quelques années, l’halogène dominait et les plaintes étaient moins fréquentes. Le xénon est resté cher, donc peu répandu. Puis les LED ont tout changé : plus efficaces que les deux précédents, devenues abordables, elles équipent aujourd’hui même des voitures d’entrée de gamme.

À cela s’ajoutent les SUV, dont les optiques sont placées plus haut, à hauteur du regard des conducteurs de berlines. La technologie Matrix LED, censée découper le faisceau pour épargner les véhicules croisés, ne suffit pas à contenir le phénomène : 60 % des répondants estiment qu’il s’aggrave.

Mais l’étude pointe des causes moins visibles, sans lien avec la puissance des feux. Un réglage d’optique qui dérive avec le temps ou avec l’assiette du véhicule renvoie le faisceau droit dans les yeux des conducteurs d’en face. L’usage abusif des antibrouillards, pourtant réservés aux visibilités très réduites, éblouit lui aussi le reste du trafic.

À lire aussi : Prime à l’achat d’une voiture électrique : le nouvel éco-score change la liste des modèles éligibles au 24 novembre

Un paradoxe qui en dit long sur nos habitudes

L’allumage automatique des feux de croisement et la permutation automatique entre croisement et feux de route sont généralisés. Le paradoxe tient donc en grande partie à l’usage : un équipement mal réglé ou inadapté suffit à annuler le progrès des phares modernes.

Pendant ce temps, la course à l’éclairage ne ralentit pas. Audi a dévoilé sur son Q9 les premiers panneaux OLED numériques incurvés en 3D, 512 segments répartis sur six panneaux, avec un éclairage de communication pensé pour la sécurité routière. Le matériel continue de progresser, alors même que son usage devient un sujet de réglementation.

Vers une réglementation, et des réflexes simples

Face à l’accumulation de ces signalements, le Royaume-Uni envisage de légiférer contre les éclairages trop puissants. Le sujet dépasse la simple gêne : 20 % des répondants préfèrent éviter de conduire la nuit quand ils le peuvent, uniquement pour ne plus être éblouis.

En attendant, deux réflexes limitent l’inconfort : faire vérifier le réglage de ses optiques, surtout sur un véhicule ancien, et ne pas toucher aux antibrouillards quand la visibilité reste correcte. De quoi mieux profiter de ces phares qui, pour une fois, n’ont jamais aussi bien éclairé.

À lire aussi : Une entreprise sur deux prolonge ses véhicules thermiques, et ce réflexe retarde la bascule électrique française

Conclusion

Si les technologies d’éclairage actuelles offrent des performances de vision nocturne jamais atteintes, leur mauvaise maîtrise ou leur conformation sur des véhicules toujours plus hauts génèrent un sentiment d’insécurité croissant sur les routes. À l’heure où un conducteur sur cinq préfère renoncer à se déplacer de nuit par crainte d’être éblouis, l’optimisation des flux lumineux devient un enjeu de santé routière aussi crucial que la sobriété énergétique. Pensez-vous que les autorités devraient imposer des limites strictes sur la puissance et la hauteur des feux des véhicules neufs ?

 

(adsbygoogle = window.adsbygoogle || []).push({});
Auteur

Gilles Marchetti

Rédacteur à iTransports, Gilles couvre l'actualité automobile : nouveautés, constructeurs et mobilité. Il s'appuie sur les communiqués officiels et les données des constructeurs pour livrer des brèves fiables et sourcées.

Voir ses articles